Ni émotionnel, ni sensoriel et le résultat de l'aspiration
Ni émotionnel – ni sensoriel
Pendant des années nous pouvons être traversés par l'impression de n'arriver à rien, qu'il ne se passe rien...
Et tout à l'heure pendant une intériorisation, je me suis aperçu de quelque chose.
J'ai le souvenir que Mère a dit quelque part que pendant longtemps, le travail de transformation pouvait se dérouler en nous sans même que nous nous en apercevions. Une rapide recherche ne m'a pas permis de retrouver la citation exacte mais m'a permis de découvrir que le simple fait de s'apercevoir est un élément important du processus de transformation : plusieurs passages de l'Agenda parle de cela.
En méditation ce qui nous donne souvent le plus fortement la certitude qu'il se passe quelque chose, c'est souvent l'émotion et la sensation, nous aspirons à la paix, à la joie, à l'harmonie, à l'amour ou d'une façon plus général nous souhaitons ressentir aussi concrètement que possible, que le Divin travail en nous, avec sa Lumière, sa Force...
Même dans la vie de tous les jours, c'est souvent par l'émotion et la sensation que nous appréhendons les choses, c'est quand nous sommes traversés par une émotion forte, une sensation forte... que nous prenons conscience qu'il se passe quelque chose, quelque chose d'important, qui sort de l'ordinaire. Sinon, nous pouvons avoir ces impressions qu'il ne se passe rien. Ce n'est pas qu'il ne se passe rien, c'est que tout se passe à l'arrière plan.
Les visions peuvent aussi avoir un effet très saisissant sur nous... mais je laisse cet aspect de côté car on ne peut parler que de ce dont on a l'expérience et pour ma part, je vois rarement des choses, ou ce que je vois ne fait pas grand sens. De même, je laisse de côté les pensées qui peuvent nous traverser car elles m'apparaissent plus insaisissables que les émotions et les sensations, sans doute une question de vitesse.
Pour coller à mon expérience, tout à l'heure, pendant quelques instants, je me suis aperçu de quelque chose, et cela n'était ni sur le plan émotionnel, ni sur le plan sensoriel, et en ce sens, je ne ressentais rien, je n'avais aucune émotion ou sensation particulière... et pourtant je m'en suis aperçu et je savais qu'il se passait quelque chose de l'ordre d'une rencontre, une collaboration entre l'humain et le Divin. Lorsque cette idée de collaboration entre l'humain et le Divin m'a traversé, ou émergé, à l'arrière plan, il y avait une sensation de quelque chose au centre de la poitrine qui s'élevait et se reliait à quelque chose au-dessus de la tête.
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Toujours prête à aider et sachant le faire.
Alors j'ai compris que, la plupart du temps, lorsque le Divin travail en nous, ce n'est pas pour nous donner les "excitations" émotionnelles et sensorielles que nous espérons secrètement. Il travaille dans une telle paix et un tel silence que, si nous ne sommes pas nous mêmes dans l'attitude correcte, nous ne nous en apercevons pas.
Dans la sadhana de ce yoga il doit y avoir une éducation à la perception, une façon d'ouvrir et de développer les portes de la perception, un autre mode de perception que nos émotions et nos sensations. L'un des moyens – peut-être le plus simple et le plus direct – est de se tourner et de s'ouvrir à la Mère divine ou à la Conscience divine (c'est la même chose) et aspirer à être rempli. L'une des prières du deuxième japa de la conscience des cellules évoque l'aspiration à la plénitude de la conscience. Plus nous sommes remplis de conscience – monsieur de la Palisse n'aurait pas dit mieux – plus nous avons la capacité de nous apercevoir des choses.
Idem avec la Lumière.... tant que nous serons dans la nuit – à moins de devenir nyctalope (c'est une idée 😊) – c'est difficile de s'apercevoir des choses.
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Une perception qui ne déforme pas la Vérité.
Le résultat de l'aspiration
Une parole de Mère sur l'aspiration et le résultat de l'aspiration m'est revenu en mémoire. Alors je me suis aperçu d'autre chose. Lorsque je suis en état d'aspiration, je m'en rend compte parce que c'est un état souvent un plus intense que l'état ordinaire. Mais au bout d'un moment, l'aspiration cesse parce que, pendant l'aspiration, la chose à laquelle j'aspire n'arrive pas, il y a une déception, ou ce fameux sentiment qu'il ne passe rien, que je n'arrive à rien.
Et puis quelques heures plus tard, ou le lendemain... il y a une expérience qui arrive... Mais je n'avais jamais fait le lien que cette expérience était peut-être... le résultat de l'aspiration dont parle Mère.
Cela me donne la sensation d'un trou qui est commence, ou commence à se combler, et j'en ressens de la gratitude.
Pourquoi notre aspiration cesse ? Il y a sans doute bien d'autres raisons et il doit y avoir un moyen d'entrer dans une aspiration, peut-être moins intense mais plus continue, et même de vivre en état d'aspiration constante... Notre aspiration a toujours un résultat, un effet, ça c'est une certitude, cela ne se discute même pas. Mais entre notre aspiration et le résultat de notre aspiration, il peut se passer du temps... ce serait intéressant de prendre conscience de l'ensemble de la ligne.
J'ai recherché sans succès dans mes dernières lectures la citation exacte, mais j'ai trouvé mieux 😊... c'est dans l'Agenda du 15 juillet 1967 :
Il y a quelqu'un ici qui s'appelle S, qui est un homme de plus de quarante ans (oh ! oui, beaucoup plus, je crois qu'il approche de cinquante ans) et il a appris le français, mais d'une façon si énergique qu'il l'écrit vraiment d'une façon remarquable. Il me pose régulièrement des questions en français, et à cause du soin avec lequel il écrit, je réponds. Et l'autre jour, il m'a écrit (je ne me souviens plus de ses mots, mais c'était très bien), qu'il venait de s'apercevoir que l'aspiration au progrès et le résultat de l'aspiration étaient tous deux la Grâce divine, l'effet de la Grâce divine...
Alors je me suis dit : «Tiens, je vais voir s'il sait assez le français pour avoir le sens de l'humour.» Et je lui ai répondu ceci :
«On pourrait dire d'une façon humoristique que nous sommes tous divins, mais que nous ne le savons guère, et c'est ce qui, en nous, ne le sait pas, ou ne se sait pas divin, que nous appelons nous-mêmes !»
Je vais voir sa réaction.
Après, quelque chose est venu et je l'ai écrit sous sa forme définitive :
«Au regard de la Vérité, nous sommes tous divins, mais nous ne le savons guère et, en nous, c'est juste ce qui ne se sait pas divin que nous appelons nous-mêmes.»
En anglais, c'est mieux :
«For the Truth-vision all of us are divine, but we scarcely know it and in our being it is just what does not know it that we call ourselves.»
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En attendant de trouver l'aspiration énergique pour apprendre l'anglais et le sanskrit😊... je me suis aussi souvenu de cette saisissante parole de Mère dans l'Entretien du 13 juillet 1955 :
On se croit, n’est-ce pas, n’importe qui, un garçon, une fille, un homme, une femme, un chien, un cheval, n’importe quoi, une pierre, la mer, le soleil, on se pense tout cela au lieu de se penser l’Un divin.
Ce n'est que de la pensée, pourrait-on se dire, mais manifestement, se penser l’Un divin... devrait aussi avoir quelques résultats...