Discrimination intuitive
Oh ! Comme c'était intéressant.... 🙏 🧡 tant pour expliquer le fonctionnement de notre esprit, que l'importance décisive de la discrimination intuitive, que comment les trois premiers chatusthayas de la paix, de la force et de la connaissance peuvent s'articuler entre eux que la méthode directe de s'ouvrir à la Mère divine, la Conscience divine et de la laisser travailler en nous.
Extraits de la Tétrade de la Connaissance, le troisième chatusthaya du Journal du Yoga :
Drishti
Drishti est la faculté par laquelle les anciens Rishis ont vu la Vérité du Véda. C'est la vision directe de la vérité qui n'a nul besoin d'observer l'objet, nul besoin de preuve, d'imagination, de mémoire, de raisonnement ni d'aucune autre faculté de l'intellect – à l'instar d'un homme qui voit un objet et le reconnaît immédiatement, même s'il ne peut le nommer ; c'est la pratyakshadarsana (la vision directe) de satyam (1).
(1) Satyam : vérité ; vérité essentielle de l'être, un des trois termes qui expriment la nature de vijnana (satyam-ritam-brihat)
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Sruti
Sruti est la faculté par laquelle nous percevons instantanément la vérité cachée dans une forme de pensée ou dans un objet qui s'offre à notre connaissance , ou dans le mot par lequel la chose est révélée. C'est grâce à cette faculté que la signification du mantra (formule ou syllabe sacrée) apparaît dans le mental ou dans l'être du saddhaka alors qu'il n'en connaît pas le sens, il n'a pas besoin d'explication – comme un homme qui entend le nom d'une chose et, par ce nom et sans la voir, connaît sa nature.
Un pouvoir spécial de sruti est la révélation de la vérité par une vak (2) juste et parfaite dans la pensée.
(2) Vak : langage, parole, phrase, discours subtil entendu en shabdadrishti ; une parole intérieure exprimant jnana, la connaissance.
Shabdadrishti : la perception de sons inaudibles à l'oreille physique ordinaire ; (appelée aussi shravana) l'audition subtile.
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Smirti
Smirti est la faculté par laquelle la connaissance vraie dissimulée dans le mental se révèle au jugement. Elle est aussitôt reconnue comme vérité – comme chez quelqu'un qui a oublié un fait qu'il connaît, mais s'en souvient dès qu'on le lui rappelle.
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Intuition et vivéka (discernement)
L'intuition est le pouvoir qui reconnaît la vérité et suggère aussitôt les raisons exactes pour lesquelles il s'agit de la vérité.
Vivéka est le pouvoir qui établit immédiatement les limites et les distinctions nécessaires, il empêche les erreurs intellectuelles de s'immiscer ou de confondre une vérité imparfaite avec la véritable satyam.
Vivéka est de la plus haute importance au regard du progrès de l'homme dans son étape présente. Actuellement, même chez les hommes les plus avancés, les pouvoirs de vijnana n'agissent pas selon leurs pouvoirs, pleur places et leurs natures propres ; ils agissent dans l'intellect , comme assistants de l'intellect, parfois comme guides. Qu'une intuition ou une révélation se présentent, immédiatement l’intellect, la mémoire, l'imagination et la logique s'en emparent et commencent à les travestir dans un mélange de vérité e d'erreur ; ils font descendre la vérité au niveau de la nature, des sanskaras (1) et des préférences, alors qu'ils devraient purifier et soulever cette nature et son jugement sur les hauteurs de la vérité.
(1) sanskara : impression, formation mentale, réaction habituelle formée par le passé
Sans vivéka, ces pouvoirs sont aussi dangereux qu'utiles. Leurs lumières brillent plus que la lumière de l'intellect, mais l'ombre projetée par ce dernier sur ces pouvoirs est souvent plus épaisse que le brouillard d'ignorance qui entoure la connaissance mentale ordinaire. Ainsi l'homme ignorant qui utilise ces facultés trébuche bien plus souvent que celui qui marche à la lumière claire, même limitée, de l'intellect.
Lorsqu'en nous ces pouvoirs commencent à opérer, nous devons être dhira (1) et sthira (2), ne pas nous laisser emporter par l'enthousiasme ; il faut laisser à vivéka le temps de saisir nos pensées et intuitions, d'y mettre bon ordre, de séparer les parties mentales des parties vijnamaya, de corriger les développements faux, les fausses limitations, les usages impropres, le temps de leur assigner leur juste emploi, leur développement correct, leur limite vraie – de procéder, comme dans l'image de l'Upanishad, au vyhua, c'est-à-dire rassembler les rayons du soleil de la connaissance, suryasya rashmayah (3)
(1) Dhira : ferme, calme, patient ; l'esprit calme et sage, « le penseur qui regarde la vie sans ciller et ne se permet pas d'être troublé et aveuglé par ses sensations et émotions ».
(2) Sthira : constant, ferme, stable, immobile, inébranlable.
(3) Suryasya rashmayah : les rayons de Surya, rais de la « substance lumineuse et rayonnante de la conscience de l'éternelle Existence », dont « chaque rayon est une vérité ».
La connaissance n'est pas pour l'esprit pressé, mais pour le dhira, l'homme capable de s'asseoir longuement, d'assimiler et d'organiser ce qu'il reçoit, sans se précipiter sur chaque fragment de vérité comme le corbeau qui s'envole immédiatement après s'être emparé de la première miette.
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Quelques remarques
1. Voilà qui est à méditer... surtout si nous sommes encore sous l'influence de la culture du zapping qui nous incite à passer d'une vidéo à une autre, d'un livre à un autre... sans même prendre le temps d'intégrer. S'il nous faut quelques heures pour assimiler nos nourritures terrestres, les digérer, combien nous en faut-il pour les nourritures spirituelles ? Si nous voulons avancer plus vite, peut-être devons-nous commencer par ralentir le rythme et nous accorder davantage de moments de pause pour intégrer.
Et puis, prendre son temps pour faire les choses se heurte aussi à l'influence capitaliste matérialiste dans laquelle nous baignons et ou la plupart du temps tout ce mesure en termes de chiffres, de rentabilité, de productivité...
2. Dans la pensée ordinaire, nous entendons souvent qu'il n'y a pas de vérité, que chacun a sa vérité, que chaque vérité est relative, etc., et ces idées ont une influence dans la société et la conscience collective. Quitte à se laisser influencer, nous pouvons choisir plutôt de nous laisser influencer par le Véda atteste que les anciens Rishis ont vu et entendu la Vérité, et aspirer à découvrir cette Vérité – et y aspirer avec plus de constance et d'intensité...
3. Sraddhalu nous conseille de lire Le Yoga et ses objets. Je n'ai pas trouvé de traduction en français de ce texte d'une vingtaine de pages, mais j'ai trouvé le PDF en anglais. Faute de mieux, je vais utiliser ma méthode habituelle avec une traduction automatique et vous le partager... la semaine prochaine.