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Parfois l'impression de radoter, de revenir encore et encore sur les mêmes sujets, ces aspects qui nous interpellent... mais c'est probablement pour les approfondir et les intégrer : cent fois remets-toi sur ton ouvrage !

Dans Le Labeur d'un dieu Sri Aurobindo a fait quelques confidences sur le travail qu'il a fait, ce ne fut vraiment pas facile :  

Forçant ma divinité je suis descendu
Ici sur cette terre sordide,
Ignorante, laborieuse, produit humain
Entre les portes de la mort et de la naissance.

J'ai creusé longtemps et profond
Dans une horreur de fange et de boue
Un lit pour la chanson de la rivière d'or,
Une demeure pour le feu qui ne meurt pas.

J'ai labouré et souffert dans la nuit de la Matière
Pour apporter le feu à l'homme ;
Mais la haine des enfers et la méchanceté humaine
Sont ma part depuis que le monde a commencé.

.../…

Mes plaies béantes sont mille et une
Et les rois titaniques assaillent,
Mais je ne peux pas me reposer tant que ma tâche n'est pas faite
Et la Volonté éternelle accomplie.

.../…

Comme ils se moquent et ricanent, diables et hommes !

.../...

« Voyons, tuons-le et finissons sa course !
Alors nos cœurs seront délivrés
Du fardeau et de l'appel de sa gloire et de sa force
Et de la domination de sa vaste paix blanche. »

…/…

Une voix a crié, « Va où nul n'est allé !
Creuse plus profond et encore plus profond
Jusqu'à ce que tu arrives à l'inexorable pierre de fond
Et frappe à la porte sans clef. »

J'ai vu qu'une fausseté était plantée profondément
À la racine même des choses
Là où le Sphinx gris garde dans le sommeil l'énigme de Dieu
Sur les ailes ouvertes du Dragon.

J'ai quitté les dieux de la surface du mental
Et les mers insatisfaites de la vie
Et plongé à travers les allées aveugles du corps
Jusqu'aux régions infernales des mystères d'en bas.

J'ai creusé à travers le terrible cœur muet de la Terre
Et entendu le bourdon de sa messe noire.
J'ai vu la source d'où partent ses agonies
Et la raison intérieure de l'enfer.

.../...

Sur une dernière marche désespérée mes pieds se sont posés
Armés d'une paix sans borne
Pour apporter les feux de la splendeur de Dieu
Dans l'abîme humain.

Dans les Lettres sur le Yoga, nous trouvons aussi une confirmation assez poignante de ce qu'il a dû affronter avec la Mère :

Quant à la Mère et à moi-même, nous avons dû essayer toutes les voies, suivre toutes les méthodes, surmonter des montagnes de difficultés, porter un fardeau beaucoup plus lourd que le vôtre ou celui de n'importe qui, dans l'Ashram ou ailleurs, subir des conditions beaucoup plus difficiles, livrer des batailles, endurer des blessures, frayer des routes à travers des marécages, des déserts et des forêts impénétrables, vaincre des masses d'hostilité ; labeur, j'en suis certain, tel que nul autre n'en avait accompli avant nous. Car le Pionnier, dans un travail comme le nôtre, ne doit pas seulement faire descendre le Divin et le représenter ou l'incarner, mais représenter aussi l'élément ascendant de l'humanité, porter tout entier le fardeau de l'humanité et éprouver, non pas dans le simple jeu de la Lîlâ, mais dans l'implacable réalité, toute l'obstruction, toute la difficulté, toute l'opposition qu'il est possible de rencontrer sur le sentier, dans un labeur semé d'embûches et d'entraves et dont la victoire ne peut être que tardive.

Mais ce qui m'a toujours étonné, c'est que... en tout cas dans le Labeur d'un dieu, pour affronter de tels dangers, traverser des épreuves si terribles, et conquérir... il n'est nulle part fait mention des extraordinaires pouvoirs yoguiques, de la Connaissance ou de la Force. Il est juste question d'une paix sans borne...

Mais de quelle paix parle-t-il ? Ce n'est sans doute pas la paix que nous expérimentons dans une ballade du dimanche dans un agréable sous bois...

Sans borne, cela veut dire sans limite : une paix sans limite. Cette paix sans borne doit être celle de l'Éternel lui-même, de l'Infini...

J'ignore pourquoi ce questionnement est revenu encore une fois se présenter dans la conscience...

J'ai commencé par me dire qu'il fallait intégrer la tétrade de la Paix avant d'e s'intéresser à l'étape suivante de la Tétrade de la Force. Mais c'est sans doute une erreur : je me suis dit que la Force pouvait elle-même aider à intégrer la Paix. Cette Paix, la paix que nous trouvons a besoin de Force pour être consolidée, enracinée, qu'elle devienne stable, solide, durable. Il n'y a pas d'un côté ce qui relève de la Paix et de l'autre ce qui relève de la Force : les deux doivent fusionner. La paix doit être une paix forte et la force doit être une force paisible.

En tout cas, c'est peut-être là où je voulais en venir, se tourner vers la paix, aspirer à la paix, etc... cela peut s'avérer beaucoup plus important que d'être à l'aise, peinard, confortable... Ou pour le dire autrement, ne nous contentons pas d'une pais superficielle, aspirons à cette  paix sans borne...

 

🔥

Cette raison intérieure de l'enfer... nous aimerions sans doute bien la connaître. J'ignore s'il en a parlé ailleurs. Mais c'est probablement une question du mental, une curiosité. Par contre, cette porte sans clef... suscite depuis longtemps une interrogation plus profonde. De quoi s'agit-il ? En tout cas, si la porte n'a pas de clef, cela pourrait signifier qu'elle ne peut s'ouvrir par aucun moyen matériel ou artificiel.

Nous sommes face à une sorte d'énigme policière, ou un koan...  

Je vous laisse découvrir la Tétrade de la Force du Journal du Yoga, que j'ai complété avec quelques définitions issues du Glossaire du Journal du Yoga.

Le lendemain de la publication

Il m'est venu, je ne sais ce que ça vaut, que la siddhi de la paix contenait en elle, toutes les autres siddhis, que sans elle, les autres réalisations, les autres pouvoirs ne pouvaient pas venir. 

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