Divinités védiques de la Nature
La dernière vidéo entre Shraddhalu et Marc Auburn sur le Véda m'a invité à faire partager quelques informations sur quelques divinités védiques en lien avec la Nature. L'idée est de rappeler, lorsque nous marchons dans la Nature, que nous pouvons nous relier et nous identifier aux paysages et aux éléments. Une parole de la Mère m'a beaucoup marqué, même si je n'ai pas réussi à la retrouver – je la cite donc de mémoire :
tant que nous ne comprenons pas que derrière les forces il y a des êtres et que derrière les êtres il y a des forces, nous ne pouvons rien comprendre.
Les citations ci-dessous viennent toutes du Secret du Véda de Sri Aurobindo.
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Usha (उषस्) – l’Aurore
Usha est l’Aurore divine, car le Soleil qui se lève à sa venue est le Soleil de la Vérité superconsciente ; le jour qu’il amène est celui de la vie vraie dans la connaissance vraie, la nuit qu’il dissipe, la nuit de l’ignorance qui cependant cache l’aurore en son sein. Usha est elle-même cette Vérité, sunrta, et la mère des vérité. (ch. 23 – p. 286)
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Vāyu (वायु) – le Vent
Vayu est le seigneur de la Vie. Les Mystiques considéraient jadis la vie comme une grande force traversant toute l’existence matérielle et conditionnant toutes ses activités. C’est cette idée que formulera plus tard le concept du Prana, le souffle de vie universel. Tout le fonctionnement vital et nerveux de l’être humain répond à la définition du Prana et est du ressort de Vayu.» (ch. 12 – p. 357)
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Agni (अग्नि) – le Feu
Agni est constamment décrit comme le dieu dans les êtres humains, l’Immortel dans les mortels, l’Hôte divin. (Ch. 6 – p. 85)
Agni est le Déva, le Tout-Voyant, manifesté en tant que Force consciente ou, comme on dirait actuellement, en tant que Volonté divine ou cosmique, d’abord secrète et bâtissant les mondes éternels, puis révélée, « née », construisant en l’homme la Vérité et l’Immortalité. » (Ch. 11 – p. 141)
Agni est la flamme, le pouvoir et le prêtre du sacrifice. (Ch. 14 – p. 170)
Agni, ce Seigneur de la flamme éclatante. (…) Agni est autant Lumière que Force. (…) Agni est avant tout l’« Immortel dans les mortels ». (…) De tous les dieux étincelants, Agni est le seul à brûler avec un tel éclat, le seul à posséder une vision totale, dans l’ombre de la nuit comme dans les splendeurs du jour. (Ch. 27 – p. 323)
Agni est le pouvoir de l’Être conscient, ce que nous appelons « volonté », qui agit secrètement derrière les opérations du mental et du corps. Agni est le dieu puissant au-dedans (maryah, le fort, le viril), qui lance sa force contre tous les pouvoirs hostiles, proscrit l’inertie, repousse toute défaillance du cœur et de la force, rejette avec mépris tout manque de virilité. » (Ch. 27 – p. 326)
Agni est le commencement et la fin. Cette Volonté qui est Connaissance initie l’effort ascendant du mortel vers l’Immortalité ; cette Conscience divine, une avec le Pouvoir divin, à laquelle nous parvenons est le fondement de l’existence immortelle. (Ch. 28 – p. 331)
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Indra (इन्द्र) – le Ciel / la Pluie
Le principe que représente Indra est le Pouvoir du Mental, affranchi des limites et de l’obscurantisme de la conscience nerveuse. C’est cette Intelligence éclairée qui élabore des formes de pensée ou d’action justes ou parfaites, non dénaturées par les impulsions nerveuses, ni pénalisées par l’action mensongère des sens. » (Ch. 26 – p. 313)
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Sūrya (सूर्य) – le Soleil
Surya est le seigneur de la Vision suprême, la Vaste Lumière, brihad jyotih (V‑2‑9) ou, comme on l’appelle parfois, la Vraie Lumière, ritam jyotih. (Ch. 9 – p. 118)
Surya est celui qui voit, qui révèle. Sa Vérité inclut dans son illumination tous les aspects, tous les phénomènes — objets ou expériences — qui constituent notre monde, toutes les figures de la Conscience universelle en nous et hors de nous. Elle révèle leur vérité intime, leur sens, leur intention, leur justification et leur mode d’emploi. Disposant correctement les énergies du sacrifice, elle crée ou produit le bien et en fait la loi de toute notre existence. (Ch. 28 – p. 335)
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Soma (सोम) – la Plante / le Pressoir
Ce vin de Soma est la douceur qui s’écoule des fleuves du monde supérieur occulte, c’est elle qui coule dans les sept eaux, elle qui imprègne le beurre clarifié, le ghrta du sacrifice mystique ; c’est la vague de miel qui jaillit de l’océan de la vie. Il n’y a qu’une interprétation possible à ces images : ce vin de Soma est le délice divin caché au cœur de toute existence qui, une fois manifesté, soutient toutes les activités sublimes de la vie, c’est la force qui, pour finir, immortalise le mortel, l’amritam, l’ambroisie des dieux. (Ch. 17 – p. 215)
Le Soma est le délice immortel de l’existence, caché dans les eaux et les plantes et qui, une fois extrait, devient le breuvage des dieux et des hommes. (Ch. 23 – p. 285)
Soma est le seigneur du vin du Délice, le vin de l’Immortalité. On le trouve, comme Agni, dans les plantes, dans ce qui pousse sur terre, et dans les eaux. Le vin de Soma utilisé dans le rituel du sacrifice symbolise ce vin de Délice. (Ch. 36 – p. 406)
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Les Aśvins (अश्विनौ) – les Cavaliers du Ciel
Les Ashvins sont à la fois hiranyavartani et rudravartani, parce qu’ils sont simultanément pouvoirs de la Lumière et de la Force nerveuse ; dans le premier cas leur mouvement est celui d’un or brillant, dans l’autre il est impétueux. (Ch. 8 – p. 102)
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Pṛthivī (पृथिवी) – la Terre
Subjectivement, l’homme contient en lui-même tous les mondes, en lesquels il est, objectivement, contenu. Préférant d’habitude dans leur langage le concret à l’abstrait, les Rishis parlent de la conscience physique comme du monde physique, la terre, Bhu, Prithivi. (Ch. 28 – p. 332)
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Il y a aussi :
Parvata (पर्) – les montagnes
Āpaḥ (आपः) – les Eaux
Parjanya (पर्जन्य) – le nuage de pluie
Vanā (वन) – les Forêts
Sindhu (सिन्धु) – les Fleuves (surtout l’Indus)
Samudra (समुद्र) – l’Océan
Aditi (अदिति) – l’Espace infini (mère des dieux)
Parvata (पर्) – les montagnes
Go (गो) – les vaches
Aśva (अश्व) – les chevaux
Sarama (सरमा) – le lévrier céleste (l’intuition)
J'en profite pour partager à nouveau les 4 vidéos entre Sraddhalu et Marc.
Dans la 4e vidéo, à 1 h 21 mn 02, il y a ce passage assez extraordinaire :
Question : Est-ce que ça pourrait pas être aussi cette perspective, une histoire de téléchargement comme décrit dans Ouragan ? Des humains qui ont reçu des informations pour les écrire pour une technologie future ?
Marc : Oui, je laisse réagir Sraddhalu par rapport à ça.
Sraddhalu :
Absolument. Alors, dans cette période en particulier, la connaissance la plus développée, c'était la connaissance qu'on reçoit de cette manière. Téléchargement on dit aujourd'hui mais le mot utilisé c'est le VAK et par l'intuition reçue directement, pour laquelle on doit se purifier, préparer la conscience mentale pour recevoir cette intuition.
Alors, l'entraînement dans l'éducation était pour développer l'intelligence, mais pour passer au-delà de l'intelligence à s'ouvrir à l'intuition. C'était ça l'entraînement de l'école, dans cette période-là. Et les méthodes existent encore mais ce n'est plus intéressant. Aujourd'hui, on vous donne des informations. Et là on développe l'intelligence et cette capacité d'intuition. Alors les plus grands, les plus sages sont ceux qui ont cette ouverture de l'intuition, et une fois qu'on a ça, on peut avoir n'importe quelle connaissance.
Donc il y a tout un texte spirituel, on appelle on les appelle des Upanishads. Ils viennent après les Veda et dans cet Uuanishad-là, la personne qui écrit, c'est le père. Il est rishi, son fils est allé pour un entraînement de son éducation. Alors il revient et le fils qui est maintenant grand, qui a grandi, le père lui demande : qu'est-ce que tu as appris ? Il dit : "J'ai appris 64 formes des arts. J'ai appris 64 arts. Oui. j'ai appris la science d'administration, l'économie etc., mathématique, philosophie."
À la fin de cette liste, son père, le rishi lui dit : "Est-ce que tu as appris la chose en connaissant laquelle vous avez accès à toute la connaissance ?" Et lui il dit "Non, ça j'ai pas appris." Et donc le père commence à donner instruction à comment atteindre cette conscience.
Alors oui, l'objectif est connaître la chose par lesquelles on a accès à tout connaissance. Et c'est au-delà de l'intelligence mentale, n'est-ce pas ? Développer cela ou s'ouvrir à cela. Ça doit être notre éducation, n'est-ce pas ?
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Par rapport au système d'éducation actuelle, cela nous laisse une idée du chemin à parcourir...
J'ai alors demandé à Grok s'il pouvait me donner quelques indications supplémentaires. Voici sa réponse :
Ce récit provient spécifiquement du Chandogya Upanishad (un des Upanishads principaux, rattaché au Sama Veda). Plus précisément, il s'agit du chapitre 6 (Shatapatha Brahmana Chandogya Upanishad), sections 1 à 16, connu sous le nom de "l'enseignement d'Uddalaka à Shvetaketu".
Contexte rapide de ce passage :
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Le père : Uddalaka Aruni, un sage.
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Le fils : Shvetaketu, qui revient chez lui après 12 ans d'études védiques, fier de sa maîtrise des Écritures et des savoirs mondains, mais arrogant et incomplet.
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Le dialogue : Le père lui demande s'il a appris "cette connaissance par laquelle on entend l'inaudible, on perçoit l'imperceptible, et on connaît l'inconnaissable" (Chandogya 6.1.3). Shvetaketu avoue que non. Uddalaka l'initie alors à la réalité ultime (Brahman), en utilisant des analogies comme la graine de figuier (tout l'arbre est contenu en potentiel dans la graine) ou l'argile et les formes qu'elle prend (la diversité du monde n'est qu'apparence ; l'essence est une). Cela culmine dans le mahavakya (grande formule) "Tat Tvam Asi" ("Tu es Cela"), répété neuf fois, qui affirme l'identité entre l'Atman (le Soi individuel) et le Brahman (la Conscience universelle). Cette réalisation intuitive donne accès à "toute la connaissance", car elle dissout les illusions du mental et révèle l'unité de tout.
Ranade utilise ce récit pour illustrer comment les Upanishads préparent à une conscience intuitive, au-delà du raisonnement discursif, alignée sur les enseignements ultérieurs de la Bhagavad Gita (qu'il aborde juste après dans la vidéo). Ce n'est pas une généralisation sur tous les Upanishads, mais une référence précise à ce chapitre emblématique du Chandogya, qui est l'un des plus lus pour son approche pédagogique et ses métaphores accessibles.
Traductions en français
Il existe plusieurs traductions en français du Chandogya Upanishad, disponibles dans des éditions accessibles au public. Voici les plus notables :
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Traduction d'Émile Senart : Publiée de manière posthume en 1930, cette version complète est l'une des premières traductions savantes en français. Elle est accompagnée d'un appareil critique et est toujours référencée dans les études académiques. Tu peux la trouver dans des archives comme Persée ou des bibliothèques spécialisées.
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Traduction de Jean Varenne : Une édition moderne et fluide, incluse dans Les Upanishads (publiée chez Gallimard dans la collection "Connaissance de l'Orient", 1987). Varenne, un indianiste renommé, propose une traduction poétique et accessible, avec notes et introduction. C'est une excellente entrée en matière pour le chapitre 6 que nous avons évoqué.
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Autres options : Des compilations comme Les Douze Upanishads principales de Gaura Krishna (disponible en PDF gratuit en ligne) incluent une traduction partielle ou intégrale du Chandogya. Des éditions plus récentes, comme celle de Michel Hulin ou des collections chez Albin Michel, couvrent aussi cet Upanishad avec des commentaires contemporains.
Ces traductions sont généralement fidèles au sanskrit original et mettent en lumière les dialogues comme celui d'Uddalaka et Shvetaketu. Si tu cherches une version spécifique, je te recommande de commencer par Varenne pour sa lisibilité.
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Dans le PDF ci-dessous, le 6e chapitre commence page 81 :
Puisque Sraddhalu a évoqué le mot vak, qui renvoie au verbe créateur, voyons ce que nous pouvons trouver dans le glossaire du Journal du Yoga. Les mots entre guillemets sont de Sri Aurobindo, les autres viennent des traducteurs.
VAK
Vak : mot ou groupe de mots, généralement perçu intérieurement, mais également (dans « la vak indicatrice ») mots écrits servant à la « divination » ; langage ; parole ; discours subtil (sukshma) entendu en « shabdadrishti » ; une parole intérieure exprimant jnana – un verbe « dont la connaissance, la vision ou la pensée supérieures peuvent se revêtir en nous pour s’énoncer » ; surtout « le verbe révélatoire ou inspiré ou intuitif… porteur de l’intention infinie de l’esprit ou de la suggestion du supramental le plus haut. Il se manifeste intérieurement avec une lumière, un pouvoir, un rythme de pensée et un rythme de sons intérieurs, pour former le corps vivant et naturel de la pensée et de la vision suprarmentales ; ce verbe révélatoire infuse aussi dans le langage, pourtant le même que le discours mental, un autre sens que le sens intellectuel, émotif et sensoriel limité ». Sri Aurobindo identifie cinq degrés fondamentaux de son pouvoir d’expression : adéquat, efficace, illuminatif, inspiré, indiscutable ou infaillible :
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La vak adéquate a les qualités du niveau de style le plus bas. Elle « a la pouvoir de non seulement concevoir les choses de façon adéquate, mais de voir l’objet ou l’idée avec une sobre lucidité » ; elle se combine le plus souvent avec une vak d’un niveau supérieur, comme dans le style adéquat-efficace ou dans la forme indiscutable de la vak adéquate.
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La vak efficace a les qualités du second niveau du style, plus dynamique et puissant que le style adéquat, et se caractérise par « une phrase juste et belle, riche et haute en couleurs » ;
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La vak illuminative possède les qualités d’un troisième niveau de style et donne « le langage pur, originel, de la vision intuitive » qui porte vers les hauteurs, vers une « plus grande illumination où le mental intérieur voit et sent l’objet, l’émotion, l’idée, non seulement de façon claire, riche, distincte et puissante, mais, dans un éclat ou un jaillissement de lumière transformatrice qui embrase la pensée et l’image ; alors celles-ci nous dévoilent de nouvelles significations d’une nature beaucoup plus intime, et une vision, une émotion, une réponse spirituelle plus foncièrement révélatrices » ;
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La vak inspirée possède les qualités du quatrième niveau de style. Elle « nous apporte non seulement le pure lumière et la pure beauté, une profondeur sans borne, mais l’extase plus puissante encore, plus émouvante d’une pensée, d’une vision et d’une expression suprêmement haute et vaste » ;
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La vak indiscutable ou infaillible possède les qualités du cinquième niveau de style le plus élevé. Elle apporte « le mot absolu, révélateur », soit sous la forme indiscutable pure, soit comme une « transformation magique » d’un style inférieur « qu’elle hausse au degré d’infaillibilité sur son propre plan ». La vak pure et indiscutable possède la qualité du style indiscutable dans sa forme la plus absolue, « c’est un langage impérieusement évident, pur et vrai, l’essence même d’une expression parfaite et convaincante ».
Dans « la Poésie Future », on trouve, dans l’avant-propos, une lettre de Sri Aurobindo : « J’ai essayé d’expliquer dans [ce livre]… qu’il existe en poésie différents degrés de perfection adéquat, efficace, illuminé, inspiré, et enfin indiscutable ou infaillible. Ce sont là des choses qu’il faut apprendre à sentir, on ne les apprend pas par des règles. »
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La Poésie future - French translation of The Future Poetry
Read online - French translation of 'The Future Poetry': Sri Aurobindo's principal work of literary criticism where he outlines the history of English poetry and explores the possibility of a ...
https://motherandsriaurobindo.in/Sri-Aurobindo/books/sabcl/french/the-future-poetry/