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Entretien du 2 mars 1955

Mère, un effort intérieur est souvent gâté par des dispersions dans les activités extérieures.

Quand on est actif extérieurement, de garder une concentration?... Oh, ça ne devrait pas être très difficile. Vraiment ça ne devrait pas être très difficile. Moi, ce qui me paraît difficile, c’est de ne pas garder l’espèce d’intensité de conscience intérieure, se séparer d’elle; ça paraît une chose impossible. Une fois qu’on attrape ça au-dedans de soi, comment est-ce qu’on peut s’en séparer, si on l’a eu une fois, si c’est devenu une réalité pour vous, cette conscience et cette union intérieure avec le psychique, et cette conscience et cette intensité d’aspiration, et cette flamme qui est toujours allumée? Mais quoi que ce soit que l’on fasse, ça ne peut pas s’éteindre, c’est toujours là.

Il me semble que pour se séparer de ça, une fois que c’est là, il faut fermer une porte, il faut volontairement fermer la porte, comme ça, là-dessus, et dire : « Je ne m’occupe plus de ça. » Mais si on a vraiment la volonté que le contact reste, cela ne me paraît pas très difficile. Il me semble qu’il faut avoir vraiment une volonté de tourner le dos à ça, pour que ça s’en aille; autrement c’est là, derrière tout, toutes choses, constamment. Et si au contraire on a pris l’habitude, quand on a quelque chose à dire, quand on a un mouvement, simplement un mouvement, ou n’importe quoi à faire, de toujours s’en référer là, à ça, de ne pas se sentir capable de faire quelque chose sans que ça soit derrière, là, pour vous dire : « Oui, comme ça, pas comme ça. Ça. Non, pas ça : ça. » C’est difficile de vivre sans ça.

Il y a des gens qui volontairement, parce que ça les gêne, parce que ça fait un contrôle sur leurs impulsions et qu’ils veulent se sentir tout à fait libres et indépendants (ce qu’ils appellent indépendants), alors c’est comme s’ils... bang the door, comme ça, ils envoient la porte à toute volée pour fermer ça. Alors naturellement, une fois que c’est fait, c’est fait; alors on devient quelque chose de si superficiel, si faible, si mesquin, si ignorant, si stupide! Comment est-ce qu’on peut supporter d’être ça ! Il me semble qu’immédiatement l’instinct c’est de faire un pas en arrière, d’ouvrir précipitamment la porte et de se remettre en contact, en disant : « Non, non, non, pas de cet état, pas de cet état affreux d’ignorance » où vous ne savez même pas ce qu’il faut dire ni ce qu’il ne faut pas dire, ni ce qu’il faut faire ni ce qu’il ne faut pas faire, ni où il faut aller ni où il ne faut pas aller, rien, rien, on est dans une immensité obscure et incohérente. C’est un état effroyable. Mais quand la porte est ouverte et que ça, c’est derrière, c’est tout à fait confortable à chaque minute, comme si on s’appuyait le dos sur une grande lumière, une grande conscience, comme ça... « Ah! maintenant, voilà, ça c’est ce qu’il faut faire, ça c’est ce qu’il faut dire, ça c’est le mouvement qu’il faut faire », etc. Alors, là, on est confortable, tranquille, sans angoisse, sans problème, sans inquiétude. On fait ce que l’on veut faire; que les gens le prennent plus ou moins bien, ça c’est leur affaire, mais pour soi c’est comme ça.

Et notez que je vous dis ça parce que je prends le plus grand soin d’ouvrir votre porte au-dedans de vous tous et que si vous avez seulement un petit... un petit mouvement de concentration au-dedans de vous, vous n’avez pas à faire ces longs stages devant une porte fermée qui ne bouge pas, dont vous n’avez pas la clef, et que vous ne savez pas comment ouvrir — quelquefois il faut rester le nez sur la porte pendant des heures, ou pendant des jours, ou pendant des mois, ou quelquefois pendant des années, et puis vous ne savez pas comment faire.

Ce n’est pas comme ça pour vous, mes enfants.

La porte est ouverte, seulement il faut regarder de ce côté-là.

Il ne faut pas lui tourner le dos.

Avec une patience inlassable, elle travaille à la perfection de l'être.

Entretien du 16 novembre 1955

Dans chaque être il y a une soif pour quelque chose.

Que la soif pour quelque chose, c’est le Divin? Non, mon petit. Ça peut être tout simplement un désir. Comment est-ce que la soif pour quelque chose peut être le Divin?

Je vois bien ce que tu essayes de dire obscurément, mais vraiment tu ne le dis pas : c’est-à-dire que cette flamme d’aspiration intérieure, c’est ça que tu appelles le Divin; cette flamme d’aspiration intérieure qui ne s’éteint jamais, qui brûle toujours, qui brûle de plus en plus; ce que dans l’Inde on appelle Agni, n’est-ce pas, la volonté de progrès, le pouvoir d’aspiration, c’est ça que tu appelles le Divin. C’est un aspect du Divin, ça c’est vrai, mais ce n’est pas le Divin. C’est seulement un aspect, c’est-à-dire une manière d’être divine.

La soif d'apprendre

La soif de comprendre

Soif de perfection

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Entretien du 14 décembre 1955

Douce Mère, comment peut-on sentir la Présence divine constamment ?

Pourquoi pas ?

Mais comment peut-on le faire ?

Mais je demande pourquoi on ne la sentirait pas. Au lieu de poser la question : « Comment la sentir? », moi je pose la question : « Comment fait-on pour ne pas la sentir? » Il n’y a pas de raison pour ne pas sentir la Présence divine. Du moment que tu l’as sentie une fois, tu devrais être capable de la sentir toujours puisqu’elle est là. C’est un fait. C’est seulement notre ignorance qui fait que nous en sommes inconscients. Mais si nous devenons conscients, alors pourquoi est-ce que nous ne serions pas toujours conscients? Pourquoi oublier une chose qu’on a apprise? Quand on a eu l’expérience, pourquoi l’oublier? C’est simplement une mauvaise habitude, c’est tout.

N’est-ce pas, il y a quelque chose qui est un fait, c’est-à- dire que cela est. Mais nous en sommes ignorants et nous ne le savons pas. Mais de la minute où nous devenons conscients et où nous le savons, pourquoi est-ce que nous l’oublierions encore? Quel sens cela a-t-il? C’est tout simplement parce que nous ne sommes pas convaincus qu’une fois qu’on a rencontré le Divin on ne peut plus l’oublier. Nous sommes au contraire pleins d’idées stupides, qui consistent à dire : « Oh! oui, c’est très bien une fois comme ça, mais le reste du temps ce sera comme d’habitude. » Alors il n’y a pas de raison pour que ça ne recommence pas.

Mais si nous savons que... Nous ne connaissions pas quelque chose, nous étions ignorants; puis de la minute où nous avons la connaissance, moi je demande sincèrement comment est-ce qu’on fait pour l’oublier. On pouvait ne pas savoir quelque chose, ça c’est un fait; il y a une quantité innombrable de choses qu’on ne sait pas. Mais de la minute où on les sait, de l’instant où on a l’expérience, comment s’arrange-t-on pour l’oublier? Au-dedans de vous, vous avez la Présence divine, vous n’en savez rien — pour toutes sortes de raisons, mais enfin la raison principale c’est que vous êtes dans un état d’ignorance. Mais tout d’un coup, par un concours de circonstances, vous devenez conscient de cette Présence divine, c’est-à-dire que vous êtes en présence d’un fait — ce n’est pas une imagination, c’est un fait, c’est une chose qui est. Alors comment vous arrangez-vous pour l’oublier une fois que vous l’avez su?

Mais cet état d’ignorance est encore en nous.

Ah! Et pourquoi? Parce que vous êtes persuadé que c’est un état normal et qu’on ne peut pas faire autrement. Mais de la minute où vous savez que c’est un état absolument anormal, contraire à la Vérité, comment se fait-il que cela puisse se reproduire? C’est simplement parce que vous n’êtes pas convaincu. C’est parce que quand vous avez l’expérience de la Présence divine, cela vous paraît être une chose fabuleuse, miraculeuse et extraordinaire, et presque anormale. Et alors : « Cet état sublime, comment est-ce que je peux le garder? C’est tout à fait contraire à mon existence propre. » Mais c’est ça qui est une imbécillité. Parce que c’est cet état sublime qui est l’état naturel ; et c’est ce que vous êtes constamment qui n’est pas naturel, qui est une falsification, une déformation, n’est-ce pas, un état qui n’est pas normal. Tandis que d’avoir la connaissance et de vivre dans la Vérité, c’est ça qui est l’état normal. Alors, comment se fait-il qu’une fois que vous l’avez eu...? C’est fini, l’état anormal disparaît, vous devenez normal et vous vivez dans la Vérité. Une fois qu’on est dans la Vérité, comment est-ce qu’on s’arrange pour en sortir?

C’est tout simplement que vous n’êtes pas entré totalement dans la Vérité, et qu’il n’y a qu’une partie de vous-même qui a eu l’expérience, et que les autres ne l’ont pas encore; et qu’alors vous ne restez pas dans cette partie de vous-même qui a eu l’expérience et vous commencez à vivre dans d’autres parties qui ne l’ont pas encore; et qu’il faut que toutes ces parties aient cette expérience l’une après l’autre.

C’est ça la réponse à ma question. C’est ça qu’il aurait fallu me dire : mais c’est parce que nous ne sommes pas faits d’un seul morceau, et que le morceau qui a fait l’expérience n’est pas unique en nous et n’est pas toujours là, qu’il est remplacé par toutes sortes d’autres morceaux qui n’ont pas encore fait l’expérience et qui doivent la faire. C’est pour ça.

Mais, à dire vrai, ce n’est pas inévitable. Parce que même si la partie qui a fait l’expérience et qui sait, n’est plus tout à fait en avant et maîtresse de la conscience, si elle est remplacée par une autre partie qui est encore dans l’ignorance, ce n’est pas une raison pour oublier l’autre, puisque cette autre partie est vous aussi, et elle reste vous, et elle est là. Pourquoi l’oublier ? Pourquoi, quand la partie obscure, inconsciente et ignorante arrive, pourquoi ne pas la mettre immédiatement en présence de l’autre, comme ça, pour que l’autre puisse lui montrer qu’elle est dans l’ignorance ? Ça, tout le monde peut le faire. C’est seulement une question de le vouloir. Nous ne sommes pas obligés de retomber dans l’erreur, nous ne sommes pas obligés de retomber dans l’obscurité, l’ignorance et la stupidité. C’est parce que quelque chose en nous, par veulerie ou par défaitisme, accepte ça. Si on ne l’acceptait pas, cela ne se produirait pas.

Même quand tout semble s’obscurcir tout d’un coup, la Flamme et la Lumière sont toujours là. Et si on ne les oublie pas, on n’a qu’à mettre en face d’elles la partie qui est obscure ; il y aura peut-être une bataille, il y aura peut-être une petite difficulté, mais ce sera une chose tout à fait passagère; jamais on ne perdra pied.

C’est pour cela qu’on dit — et c’est une chose vraie — que de pécher par ignorance, cela peut avoir des conséquences funestes, parce que quand on fait des fautes, eh bien, ces fautes ont des conséquences, c’est évident, et généralement des conséquences extérieures et matérielles; mais ce n’est que demi-mal, je vous ai déjà dit cela plusieurs fois. Mais quand on sait ce qui est vrai, quand on a vu et qu’on a eu l’expérience de la Vérité, accepter de pécher de nouveau, c’est-à-dire de retomber dans l’ignorance et l’obscurité, ça c’est une faute infiniment plus grave. Cela commence à appartenir au domaine de la mauvaise volonté. C’est, en tout cas, un signe de veulerie et de faiblesse.

C’est que la volonté est faible.

Alors ta question est posée à l’envers. Au lieu de te demander « comment garder », il faut te demander : « comment ne garde-t-on pas ? » Ne pas l’avoir, c’est un état qui est l’état de tout le monde avant la minute où on sait ; ne pas savoir, on est dans cet état-là avant de savoir. Mais une fois qu’on sait, on ne peut pas oublier. Et si on oublie, c’est qu’il y a quelque chose qui consent à oublier, c’est qu’il y a un consentement quelque part; autrement on n’oublierait pas.

La Présence

La Présence divine

Le vital gouverné par la Présence

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Entretien du 8 août 1956

Douce Mère, Sri Aurobindo écrit :

« Un feu psychique doit être allumé au-dedans, dans lequel tout est jeté revêtu du Nom Divin. »

(La Synthèse des Yogas, vol. I, p. 184)

Le feu psychique n’est-il pas toujours allumé ?

Il n’est pas toujours allumé.

Alors comment l’allume-t-on ?

Par l’aspiration.

Par la volonté de progrès, par l’élan vers la perfection.

C’est surtout la volonté de progresser et de se purifier qui allume le feu. La volonté de progresser. Les gens qui ont une forte volonté, s’ils la tournent vers le progrès spirituel et la purification, ils allument automatiquement le feu au-dedans d’eux.

Et chaque défaut que l’on veut guérir, ou chaque progrès que l’on veut faire, si l’on jette tout cela dans le feu, il brûle avec une intensité nouvelle. Et ce n’est pas une image, c’est un fait dans le physique subtil. On peut sentir la chaleur de la flamme, on peut voir, dans le physique subtil, la lumière de la flamme. Et quand il y a quelque chose dans la nature qui empêche d’avancer et qu’on le jette dans ce feu, cela se met à brûler et la flamme devient plus intense.

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Entretien du 5 juin 1957

Mère, quand tu parles, nous essayons de comprendre avec notre mental, mais quand tu communies en silence, sur quelle partie de l’être doit-on se concentrer ?

Il vaut toujours mieux, pour la méditation (n’est-ce pas, nous employons le mot méditation, cela ne veut pas nécessairement dire « faire bouger des idées dans la tête », au contraire), il vaut toujours mieux tâcher de se concentrer dans un centre, le centre de l’aspiration si l’on peut dire, le lieu où brûle la flamme de l’aspiration, ramener toutes les énergies là, au centre du plexus solaire et, si possible, obtenir un silence attentif comme si l’on voulait écouter quelque chose d’extrêmement subtil, quelque chose qui nécessite une attention complète, une concentration complète et un silence total. Et puis ne plus bouger. Ne plus penser, ne plus bouger, et faire ce mouvement d’ouverture de façon à recevoir tout ce qui peut être reçu, mais en prenant bien soin de ne pas essayer de savoir ce qui se passe pendant que ça se passe, parce que, si l’on veut comprendre ou même observer activement, cela maintient une sorte d’activité cérébrale qui est défavorable à la plénitude de la réceptivité — se taire, se taire aussi totalement que possible, dans une concentration attentive et puis ne plus bouger.

Si l’on réussit cela, alors, quand tout est fini, quand on est sorti de la méditation, quelque temps après (généralement pas immédiatement), surgit du dedans de l’être quelque chose de nouveau dans la conscience : une nouvelle compréhension, une nouvelle appréciation des choses, une nouvelle attitude dans la vie — en somme, une nouvelle manière d’être. Cela peut être fugitif, mais à ce moment-là, si on le note, on s’aperçoit qu’il y a quelque chose qui a avancé d’un pas sur le chemin de la compréhension ou de la transformation. Ce peut être une illumination, une compréhension plus vraie ou plus proche de la vérité, ou un pouvoir de transformation qui vous fait faire un progrès psychologique, ou une augmentation de conscience ou une augmentation de maîtrise sur les mouvements, sur les activités de l’être.

Et ces résultats-là ne sont jamais immédiats. Parce que, si l’on essaye de les avoir immédiatement, on se maintient dans un état d’activité tout à fait contraire à la vraie réceptivité. Il faut être aussi neutre, aussi immobile, aussi passif que l’on peut l’être, avec un arrière-plan d’aspiration silencieuse, pas formulée avec des mots ni des idées, ni même des sentiments; quelque chose qui fait comme cela (geste, comme une flamme qui monte) dans une vibration ardente, mais qui ne formule pas, et surtout qui n’essaye pas de comprendre.

On arrive (avec un peu de pratique) à un état que l’on obtient à volonté, en quelques secondes, c’est-à-dire que l’on ne perd aucun temps de la méditation. Naturellement, au début, il faut lentement calmer son esprit, rassembler sa conscience, se concentrer; on perd les trois quarts du temps à se préparer.

Mais quand on a la pratique de la chose, en deux, trois secondes on peut l’obtenir, et alors on bénéficie de tout le temps de la réceptivité.

Naturellement, il y a des conditions encore plus avancées ou perfectionnées, mais ça vient plus tard. Mais si l’on obtient cela déjà, on a le plein profit de la méditation.

Nous allons essayer.

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Entretien du 9 juillet 1958

Douce Mère, peut-on augmenter la foi par un effort personnel ?

La foi est certainement un cadeau que nous fait la Grâce divine. C’est comme une porte qui s’ouvre soudain sur une vérité éternelle et par laquelle nous pouvons la voir, presque la toucher.

Comme toute chose dans l’ascension humaine, il y a (surtout au début) la nécessité d’un effort personnel. Il se peut qu’en certaines circonstances exceptionnelles, pour des raisons qui échappent totalement à notre intelligence, la foi arrive comme un accident, d’une façon tout à fait inattendue, presque sans avoir été jamais sollicitée; mais dans les cas les plus fréquents, c’est toujours une réponse à un désir, un besoin, une aspiration, quelque chose dans l’être qui cherche et qui veut, même si ce n’est pas d’une façon très consciente et systématique. Mais en tout cas, quand la foi a été octroyée, quand on a eu cette illumination soudaine et intérieure, pour la conserver d’une façon constante dans la conscience active, l’effort individuel est tout à fait indispensable. Il faut tenir à sa foi, vouloir sa foi; il faut la rechercher, la cultiver, la protéger.

Il y a, dans le mental humain, une habitude morbide et déplorable de doute, de discussion, de scepticisme. C’est que doit s’exercer l’effort humain : le refus de les admettre, le refus de les écouter, et encore plus le refus de les suivre. Il n’est pas de jeu plus dangereux que de jouer mentalement avec le doute et le scepticisme. Ce ne sont pas seulement des ennemis, ce sont des pièges terribles, et une fois que l’on y est tombé, on a une difficulté formidable à s’en extraire.

Il y a des personnes qui pensent que c’est d’une très grande élégance mentale de jouer avec les idées, de les discuter, de contredire sa foi, que cela vous donne une attitude très supérieure, que vous êtes ainsi au-dessus des « superstitions » et des « ignorances »; mais en écoutant les suggestions du doute et du scepticisme, c’est que l’on tombe dans l’ignorance la plus grossière et que l’on s’éloigne du droit chemin. On entre dans la confusion, dans l’erreur, dans un méandre de contradictions...

On n’est pas toujours sûr de pouvoir en sortir. On s’éloigne tant de la vérité intérieure qu’on la perd de vue, et que parfois aussi on perd tout contact possible avec son âme.

Certainement, il faut un effort personnel pour conserver sa foi, pour la laisser grandir en soi. Plus tard, beaucoup plus tard, on peut un jour, en regardant en arrière, voir que tout ce qui est arrivé, même ce qui nous paraissait le pire, était une grâce divine pour nous faire avancer sur le chemin; et alors on s’aperçoit que l’effort personnel était aussi une grâce. Mais avant d’en arriver là, il faut beaucoup marcher, beaucoup lutter, parfois même beaucoup souffrir.

S’asseoir dans une passivité inerte et dire : « Si je dois avoir la foi, je l’aurai, le Divin me la donnera », est une attitude de paresse, d’inconscience, et presque de mauvaise volonté.

Pour que la flamme intérieure brûle, il faut l’alimenter, il faut surveiller le feu, il faut y jeter les combustibles de toutes les erreurs dont on veut se débarrasser, de tout ce qui retarde la marche, de tout ce qui obscurcit le chemin. Si l’on n’alimente pas le feu, il couve sous les cendres de votre inconscience et de votre inertie, et alors, ce ne sont plus des années, ce sont des vies, des siècles qui passeront avant que vous n’arriviez au but. On doit veiller sur sa foi comme on veille sur le berceau d’une chose infiniment précieuse, et la protéger très soigneusement de tout ce qui peut l’altérer.

Dans l’ignorance et l’obscurité du début, la foi est l’expression la plus directe du Pouvoir divin qui vient pour lutter et conquérir.

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