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À propos des différentes voies spirituelles, nous entendons souvent ce genre de propos : "Oh ! Ils disent tous la même chose, tous les enseignements reviennent au même, arrivent à la même conclusion, etc." Certainement qu'il y a effectivement un certain nombre de points communs ou de valeurs communes entre toutes les voies spirituelles, par exemple avec tout ce qui tourne autour de la compassion, de l'amour du prochain...

Pourtant, lorsque l'on se plonge dans l'oeuvre de Sri Aurobindo, on se rend compte assez rapidement que son yoga a quelque chose de tout à fait particulier. Dans cette lettre très intéressante, Sri Aurobindo revient encore une fois sur les spécifiés de son yoga par rapport aux autres voies spirituelles.

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Novembre 1935 ?

Je pense que le commentaire de Krishnaprem s’appliquait à un passage dans lequel je disait que ce yoga ne ressemblait pas aux anciens, dans le sens où mon but n’était pas une ascension ou un passage au-delà de la vie, mais une descente de la conscience divine dans la vie. Son objectif est double – deux mouvements qui fusionnent en un seul – une élévation dans la conscience divine et une transformation de la vie terrestre par la pénétration ici-bas de la conscience divine.

Tous les anciens yogas mettent l’accent sur l’entrée définitive dans le Nirvana, le ciel, Vaikunthas, Goloka ou Brahmaloka, etc., de façon à être ainsi libéré des naissances. J’insiste, moi, sur la vie ici-bas et sa transformation et j’en fais le but à la fois de mon yoga et de la manifestation terrestre.

Je n’ai pas du tout connaissance qu’aucun autre yoga ait cela comme objectif. Même le vishnouïsme et le tantra sont en définitive tournés vers le monde immatériel : la mukti est le but de leurs efforts, et toute autre chose ne pourrait qu’être fortuite et secondaire ou un résultat obtenu en chemin. Si mon point de vue est correct, alors mon affirmation n’était pas une erreur

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Je n’ai jamais nié que l’idéal d’un changement sur la terre ne date pas d’aujourd’hui. Il est présent, de manière vague, dans le mental humain peut-être depuis le début, bien que le plus souvent la perfection soit placée dans un âge d’or du passé et que la détérioration et les cataclysmes soient la loi du futur.

La chrétienté prévoit une descente du Christ et son règne sur la terre, mais c’est présenté comme un événement naturel, non comme un changement produit par un pouvoir intérieur et un processus ou par le yoga. Un règne de saints est aussi annoncé dans certaines écritures hindoues, mais de même, cela diffère de ma conception. Quant à l’état de sainteté lui-même ou les siddhis du yoga, y compris un corps siddha, ils ne sont pas non plus ce que j’entends par transformation. C’est un changement radical de conscience et de la nature elle-même que j’envisage.

Je ne sais pas non plus si on recherchait ces choses par un processus de descente : les saints shivaïtes tamouls, par exemple, étaient en quête du corps siddha au moyen de formidables austérités ; les siddhis qu’ils désiraient se trouvaient toutes dans les mondes suksma [subtils] du mental et du vital, et ils les faisaient descendre dans l’instrument physique par un effort prodigieux et une maîtrise du corps. J’ai toujours dit que ces choses et ces méthodes se situaient en dehors de mes objectifs et que je les évitais dans mon yoga. J’ai essayé l’une d’entre elles, mais avoir obtenu des résultats initiaux, j’ai vu que c’était une déviation et je l’ai abandonnée.

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Se débarrasser du karma-krodha [désir et colère] ou en avoir la maîtrise n’est pas la transformation, c’est au mieux une étape préliminaire sur le chemin, à condition que ce ne soit pas fait dans un sens moral par un contrôle mental, mais à la manière spirituelle.

L’état de sainteté n’est pas mon objectif. Je ne sais pas jusqu’où Ramakrishna était allé dans la transformation telle que je la conçois ; les métamorphoses que vous citez ne contiennent rien de précis que je pourrais comparer avec ma propre expérience ou mes propres intuitions sur le changement. Selon certains comptes-rendus, il y avait, dans son corps, une descente de Kâli qui le rendait lumineux, mais qu’il réprimait, car c’était contraire à ce qu’il recherchait.

S’il a existé quelque chose, quelque part dans le passé, qui coïncide avec le but et le procédé que j’ai conçu pour mon yoga, je serais heureux d’en prendre connaissance ; car ce serait certainement une aide. Je n’accorde aucune valeur à la nouveauté de ce que je fais ou essaie d’accomplir. Si le chemin existait déjà, ouvert et complet, ce serait très dommage que je perde toute ma vie à le tracer de nouveau avec beaucoup de difficultés et de dangers, alors que j’aurais juste pu marcher sur une avenue dégagée et sûre vers le but de mes efforts.

Mais ce que j’ai trouvé qui s’en approchait le plus, ce sont seulement quelques indices dans le Véda et les Upanishads (des mots sacrés, et des allusions voilées) qui semblaient coïncider avec ou pointer vers certains éléments de ma propre connaissance et expérience. Mais après avoir incorporé certaines parties de la méthode védique, j’ai trouvé que c’était insuffisant et j’ai dû chercher plus loin.

Novembre 1935 ?

Assurément, le rejet signifie le contrôle de ses pensées, et pourquoi ne devrait-on pas être le maître de son propre mental et de ses pensées, pas seulement de ses passions vitales et de ses mouvements corporels ? Si ce qu’il convient de faire, c’est de contrôler son corps et de ne pas l’autoriser à effectuer un mouvement stupide, faux ou inconscient, de rejeter du vital une passion ignorante ou un désir inférieur, il doit également être juste de rejeter du mental une pensée qui ne devrait pas s’y trouver ou dont, pour de bonnes raisons, on ne veut pas.

Quant à la possibilité, je suppose que lorsqu’un pensée manifestement stupide ou fausse se présente au mental, on peut, on le fait en général, la repousser, la rejeter et lui ordonner de ne plus réapparaître. Si on peut accomplir cela avec une pensée donnée, on peut le faire avec n’importe quelle autre qui, pour quelque raison que ce soit, doit être écartée.

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3 novembre 1935

Si on n’est pas prêt pour le travail et la tapasya, le contrôle du mental et du vital, on ne peut pas s’attendre à de grands gains spirituels, car le mental et le vital trouveront toujours des astuces et des prétextes pour prolonger leur règne, imposer leurs préférences et repousser le moment où ils devront devenir des instruments obéissants et des canaux ouverts pour l’âme et l’esprit.

La Grâce peut parfois apporter des fruits non mérités ou apparemment tels, mais on ne peut pas exiger la Grâce comme un droit et un privilège, car alors, ce ne serait plus la Grâce. (…) En outre, j’ai toujours remarqué qu’une très longue et invisible préparation avait lieu avant que la Grâce n’intervienne, et qu’après son intervention, on doit encore fournir un gros travail pour conserver et développer ce qu’on a reçu – de même que pour toutes les autres choses – jusqu’à ce que la siddhi soit complète. Ensuite, bien entendu, le labeur s’achève, et nous pouvons être sûrs de ce que nous possédons. Une tapasya d’un genre ou d’un autre est donc inévitable.

Apprends d'abord à te connaître parfaitement et ensuite à te contrôler parfaitement. Tu y parviendras par une aspiration de tous les instants. Il n'est jamais trop tôt pour commencer, jamais trop tard pour continuer.

Paroles de la Mère – Volume 2

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Tu peux être certaine que de devenir consciente de la Présence Divine en soi, change considérablement toute la manière d'être et donne un contrôle exceptionnel sur toutes les activités, mentales, vitales et corporelles.

Et c'est un contrôle infiniment plus puissant et plus lumineux que tout ce que l'on peut acquérir par des moyens extérieurs.

Quelques réponses de la Mère – Volume 1 – 9 décembre 1969

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