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Décembre 1934

J’ai reçu votre première lettre, et comme je regarde toujours s’il y en a une de vous et laisse de côté le reste pour une lecture ultérieure, je me suis assis, après ma marche et ma concentration quotidiennes, pour y répondre. Je suis passé tout à fait à côté de votre deuxième lettre « urgente » et l’ai remarquée après avoir lu la troisième – plus tard dans la nuit. Si je l’avais eue, j’aurais répondu tout de suite, bien sûr. Je suis désolé que vous ayez dû attendre toute la nuit sans réponse.

[...]

Je ne crois pas aux jugements humains, car je les ai toujours trouvés faillibles – peut-être aussi est-ce parce que j'ai moi-même été si noirci par des jugements humains que je n'aime pas être guidés par eux en ce qui concerne autrui. Néanmoins, j'écris tout ceci pour expliquer mon point de vue ; je n'exige pas qu'il soit une loi pour les autres. Je n'ai jamais eu pour habitude d'insister pour que tout le monde pense comme loi – par plus que je n'insiste pour que tous me suivent ou pratiquent mon yoga.

[...]

Si vous partiez, j'écrirais, si je le devais, ce que je vous ai toujours affirmé : "Dilip avait ses difficultés, mais il les surmontait petit à petit. Cependant, il n'a pas suffisamment affronté sa principale difficulté, celle du doute et du manque de confiance en soi." À quoi j'ajouterais : "Et dans un moment de faiblesse, il lui a permis de l'emporter. Mais il se rendra compte que c'est seulement ici qu'il peut découvrir son âme et il reviendra."

Mais tout cela est vraiment inutile, puisque vous n'êtes pas, comme les autres, rongé par le désir de partir ni ne sentez le besoin d'action en un autre lieu.

Mais pourquoi ce constant retour à l'idée d'échec ? Pourquoi cette idée que je suis vexé ? Me suis-je jamais offensé ou ai-je manifesté la moindre volonté de vous abandonner ? Comment se fait-il que vous accordiez encore le moindre crédit à une suggestion que toute votre expérience de notre relation contredit ?

Vos attaques de doute et de manque de confiance en vous sont une faiblesse dont j'ai tenu compte, et je refuse de les considérer comme des obstacles à votre arrivée au but. C'est en toute sincérité que je confirme vos possibilités.

🌸

1934 ?

Dilip : Un de vos admirateurs vient de m'envoyer un poème qu'il me demande de vous chanter sans faute. Mais je me demande comment vous le prendriez si je le faisais vraiment, car il a, dans le fond, sonné le glas de la Rishitude, comme il le montre en vous appelant quasiment le dernier des Romains. Je vous citerai seulement deux vers. Qu'en dîtes-vous ?'

"Ô dernier Rishi de l'Inde, je dépose mon hommage à vos pieds

Distribuez le karma, la jnana, la bhakti et le yoga, vous qui êtes éternellement parfait."

Vous ne comprenez pas. Cela veut dire que tous mes shishyagan [groupes de disciples] vont devenir des surhommes, et qu'il n'y aura donc pas la moindre chance qu'une si petite chose qu'un Rishi fasse de nouveau son apparition : je suis le dernier de la liste. Quoiqu'il en soit, vous pouvez lui envoyer mes bénédictions : il les mérite pour nous donner un si formidable espoir.

🌸

5 décembre 1934

(Écrit sur la lettre de Barin)

Dilip : J'ai trouvé la lettre. Qu'en pensez-vous ? Que dîtes-vous de son "monde grouillant de dieux et de déesses" ? Voit-il encore les dieux alors que nous, hélas, non ? Alors est-il mieux loti que nous ?

 

Kilbil korche [grouillant] est admirable – cela me rappelle une satire que j'ai lue quelque part, qui assure qu'une lakh114 de dieux, deux lakhs d’asouras et trois lakhs de Rakshasas, de Picâsas, de Pramathas115 et hoc genus omne116 sont contenus dans le gros orteil de l'homme. Les chiffres et l'endroit sont peut-être un peu différents, car je note de lointaine mémoire – cela pouvait être la cheville, par exemple, mais le gros orteil semble plus littéraire et plus probable.

114. Lakh : cent mille

115. Des êtres hostiles et des démons

116. « Et tous les autres » en latin.

Alors, vous voyez, la kilbillanie divine (ou devrait-ce être la kilbillitude ?) de son monde à lui (à elle ? à eux) n'arrive pas à la cheville de cet orteil humain. Néanmoins, si les dieux sont si bon marché et abondants, ce n'est pas étonnant qu'on les voie si facilement. Les nôtres sont peut-être d'une race plus timide et plus rare – c'est pourquoi ils ne se prêtent pas à la publicité avec le même empressement. Grouillez, dieux, grouillez !

10 décembre 1934

La méditation est l'un des moyens d'approcher le Divin et c'est une excellente méthode, mais on ne peut pas dire que ce soit un raccourci, car pour la plupart, c'est une ascension très longue et difficile, bien que très élevée. Elle ne peut en aucun cas être rapide, à moins qu'elle ne provoque une descente – et même dans ce cas, c'est juste la base qui s'établit rapidement – la méditation doit ensuite construire laborieusement une grande superstructure sur ces fondations. C'est très indispensable, mais il ne ne s'agit en rien d'un raccourci.

Le karma est un chemin plus simple – à condition que le mental ne soit pas fixé sur le karma, en excluant le Divin. Le but doit être le Divin, et le travail seulement un moyen.

L'utilité de la poésie, etc., c'est de nous garder en contact avec notre être intérieur et cela aide à se préparer au contact direct le plus intime, mais on ne doit pas s'arrêter là, on doit continuer jusqu'à la vraie chose. Si on pense qu'être un "homme de lettres" ou un poète ou un peintre vaut la peine en soi, alors l'esprit de yoga n'est plus là. C'est pour cette raison que je dois parfois rappeler que notre préoccupation, c'est d'être des yogins, pas simplement des poètes, des peintres, etc.

L'amour, la bhakti, la consécration de soi, l'ouverture psychique, sont les seuls raccourcis vers le Divin – ou peuvent l'être ; car si l'amour et la bhakti sont de nature trop vitale, alors il est probable qu'on oscillera entre l'attente extatique et le viraha, l'abhimân [l'amour blessé], le désespoir, etc., qui en font non pas un raccourci, mais un chemin plus long, un zigzag, non un vol direct, mais un tournoiement autour de son ego au lieu d'une course vers le Divin.

🌸

24 décembre 1934

La difficulté que vous éprouvez ou que n'importe quel sadhak éprouve à propos de la sadhana n'est pas vraiment une question d'antagonisme entre la méditation, la bhakti et les œuvres, c'est une difficulté concernant l'attitude à adopter, l'approche, ou tout autre mot que vous voudrez employer.

[...]

Si vous ne pouvez pas vous souvenir du Divin tout le temps pendant que vous écrivez, cela n'a pas grande importance. Se rappeler et offrir au début, puis remercier à la fin, devrait suffire. Ou tout au plus, vous souvenir aussi quand vous faites une pause.

Votre méthode me paraît plutôt pénible et difficile – vous semblez essayer de vous souvenir et de travailler avec la même partie du mental. Je ne sais pas comment c'est possible. Lorsque des personnes se souviennent en continu pendant le travail (cela peut se faire), c'est généralement avec l'arrière-plan de leur mental, ou bien c'est qu'une double conscience se crée progressivement : l'une sur le devant qui travaille, l'autre dedans, qui est témoin et se souvient.

Mais c'est seulement une remarque, je ne vous demande pas de tenter cela. Car habituellement, cela ne vient pas tant en essayant que par une aspiration très simple et constante et une volonté de consécration – ce qui produit effectivement des résultats, même si chez certains, cela prend longtemps. C'est là un grand secret de la sadhana : savoir comment laisser le Pouvoir d'en haut ou à l'arrière-plan accomplir les choses, au lieu de tout faire par l'effort du mental.

Toutefois, je m'empresse de préciser que je ne dogmatise pas – je ne veux pas dire que l'effort mental est inutile ou qu'il n'amène pas de résultats – seulement, s'il essaie de tout faire par lui-même, cela devient une tentative laborieuse pour tout le monde, sauf pour les athlètes spirituels. Je ne veux pas non plus dire que l'autre méthode soit le raccourci tant attendu : comme je l'ai dit, le résultat peut prendre longtemps. La patience et une ferme résolution sont nécessaires dans toutes les méthodes de la sadhana.

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24 décembre 1934

Il n'est pas bon d'ériger des constructions excessives et radicales sur ce que j'écris, car il est alors facile de mal en comprendre le sens.

[...]

Ce que j'exprime à propos de la force et de la Grâce n'a rien d'inintelligible. La force possède une valeur pour la réalisation spirituelle, mais affirmer que cette dernière ne peut être accomplie par la force seulement et par aucun autre moyen est une violente exagération. La Grâce n'est pas une invention, c'est un fait d'expérience spirituelle. Nombre de ceux qui seraient considérés comme des riens du tout par les sages et les forts y sont parvenus par la Grâce ; illettrés, sans puissance ni entraînement mental, sans "force" de caractère ou volonté, ils ont pourtant aspiré et, de façon soudaine ou rapide, ont grandi dans la réalisation spirituelle parce qu'ils avaient la foi ou qu'ils étaient sincères. Je ne vois pas pourquoi ces faits, ordinaires, devraient être discutés, niés ou débattus comme s'ils étaient simplement des sujets de spéculation.

Si elle est spirituelle, la Force est un pouvoir pour la réalisation spirituelle ; la sincérité est un pouvoir supérieur ; le plus grand pouvoir de tous est la Grâce. J'ai dit d'innombrables fois que si une personne est sincère, elle traversera en dépit de grand retards et d'écrasantes difficultés. J'ai parlé à maintes reprises de la Grâce divine. J'ai très souvent fait référence au vers de la Gîta : Aham tva sarvapâpebhyo moksayiyâmi mâ sucah. ["Je te délivrerai de tout péché et de tout mal, ne sois pas affligé". Gîta, 18.66]

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25 décembre 1934

La poésie, même si elle ne conduit à aucune réalisation – bien qu'il n'y ait aucune raison qu'elle ne le fasse pas, puisqu'elle n'est pas terre à terre – constitue néanmoins un lien avec l'être intérieur et exprime son idéal. Voilà sa valeur pour la sadhana. [...]

Il n'est pas indispensable que la Grâce œuvre de sorte que le mental humain puisse la comprendre : en général, elle ne le fait pas, elle agit à sa propre façon "mystérieuse". D'ordinaire, au début, elle travaille derrière le voile, prépare les choses et ne se manifeste pas. Ensuite, elle peut se manifester, mais le sadhak ne comprend pas très bien ce qui se passe. Finalement, quand il en est capable, il sent et comprend, ou du moins commence à le faire. Certains sentent et voient dès le début ou très tôt ; mais d'ordinaire, ce n'est pas le cas.

J'ai déjà parlé des mauvaises conditions du monde ; l'idée courante des occultistes est que pires elles sont, plus il est probable que se produise une intervention ou une nouvelle révélation d'en haut. Le mental ordinaire ne peut pas savoir : il doit soit croire, soit douter, soit attendre de voir.

Que le Divin veuille sérieusement que quelque chose se produise, je crois que c'est son intention. Je sais avec une absolue certitude que le supramental est une vérité et que son avènement est inévitable, de part la nature même des choses. La question est quand et comment. Cela aussi est décidé et écrit quelque part en haut ; mais c'est ici-bas qu'à lieu la bataille, au milieu d'un affrontement plutôt acharné de forces antagonistes. Car dans le monde terrestre, le résultat déterminé d'avance est caché, et ce que nous voyons est un tourbillon de possibilités et de forces tentant d'accomplir quelque chose dont la destinée est entièrement cachée aux yeux humains.

Il est toutefois certain qu'un certain nombre d'âmes ont été envoyées pour veiller à ce que ce soit maintenant. Voilà la situation. Ma foi et ma volonté sont pour que ce soit maintenant. Je parle, bien sûr, depuis le plan de l'intelligence humaine – mystique-rationnel, pourrait-on dire. Dire davantage serait franchir cette ligne. Vous ne voulez pas que je me mette à faire des prophéties, je suppose ? En tant que rationaliste, vous le le pouvez pas.

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27 décembre 1934

Il ne peut y avoir aucun doute à propos de la Grâce divine. Il est aussi tout à fait vrai que si un homme est sincère, il parviendra au Divin. Mais il ne s'ensuit pas qu'il l'atteindra tout de suite, facilement et sans délai. Votre erreur est là : fixer des conditions à Dieu, cinq ans, six ans, et douter parce que le résultat n'est pas encore là. Un homme peut être fondamentalement sincère, et pourtant, il est possible que de nombreuses choses doivent être changées en lui avant que la réalisation puisse commencer. Sa sincérité doit lui permettre de persévérer toujours – car c'est une soif du Divin que rien ne peut assécher, ni délai, ni déception, ni difficulté, ni quoi que ce soit d'autre.

 

Décembre 1934

Le travail  que je dois effectuer pour moi-même, pour le monde, pour vous ou pour d'autres, ne peut se faire que si j'éprouve de l'amour pour tous, ai foi en tous, et continue fermement jusqu'à ce que ce soit accompli.

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29 décembre 1934

Je n'avais pas la moindre intention d'introduire des sujets personnels en mentionnant des noms et des exemples dans ma lettre. Les mérites ou démérites personnels de l'instrument humain extérieur, l'homme extérieur précaire, sont hors de propos et n'ont aucune importance lorsqu'on considère la valeur ou le pouvoir du Mot. Ce qui compte, c'est la vérité de l'Inspiration et le pouvoir de ce qu'elle émet.

[...]

En ce qui concerne l'extrait sur Vivékananda131, ma remarque ne me semble pas humaniste. Vous verrez que je met l'accent sur les dernières phrases du passage cité, et non sur les mots relatifs à Dieu le pauvre, le pécheur et le criminel.

131. "J'ai perdu tout désir de mon salut, puissé-je renaître encore et endurer des milliers de souffrances afin de pouvoir vénérer le seul Dieu qui existe, le seul Dieu en qui je crois, la somme totale de toutes les âmes – et par-dessus tout, l'objet de ma dévotion est mon Dieu le mauvais, mon Dieu le misérable, mon Dieu le pauvre de toutes les races et de toutes les espèces. Lui qui est très haut et qui est bas, saint et pécheur, dieu et ver, adore-le, Lui, le visible, le connaissable, le réel, l'omniprésent ; brise toutes les autres idoles. Adore-le, Lui en qui ne se trouvent ni vie passée ni future naissance, ni mort, ni allée et venue, en qui nous avons toujours été et serons toujours ; brise toutes les autres idoles." (Extrait d'une lettre de Swami Vivékananda, cité par Sri Aurobindo dans La Synthèse des yogas.)

Le point essentiel concerne le Divin dans le monde, le Tout, le sarva-bhûtâni132 de la Gîta. Il ne s'agit pas seulement de l'humanité, encore moins des seuls pauvres ou des mauvais ; évidemment, même les riches ou les bons font partie du Tout, ainsi que ceux qui ne sont ni bons, ni mauvais, ni riches, ni pauvres. Il n'est pas non plus question (dans mes remarques) de service philanthropique ; l'objet 'est donc ni darider133 ni sevâ.

132. Toutes les créatures.

133. Daridra : pauvre

Autrefois, j'envisageais l'humanité et non l'humanitaire – et quelque chose de cela a pu imprégner mes expressions dans l'Arya. Mais mon point de vue "Notre yoga pour l'humanité" s'était déjà changé en "Notre yoga pour le Divin". Le Divin inclut non seulement le supracosmique, mais le cosmique et l'individuel – non seulement le Nirvana ou l'Au-delà, mais la Vie et le Tout. C'est ce sur quoi j'insiste partout.

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30 décembre 1934

Je n'ai pas répondu à votre longue lettre parce qu'une réponse ne me paraissait pas utile du tout. J'ai de plus en plus cessé de débattre sur de telles choses, car la discussion ne fait que les prolonger et les empirer : elles appartiennent au plan vital, et dans ses mouvements ne suit pas la raison, mais oblige la raison à les suivre et à les soutenir. La seule manière de s'en débarrasser est de toujours refuser de se complaire dans leur jeu ou de les justifier par la raison – refuser sur la base que, justifiées ou non, elles sont erronées et non voulue par la Vérité, la Lumière et l'Amour supérieurs que nous recherchons.

Je pense que je n'ai pas grand chose à apprendre sur l'être extérieur de tel ou tel sadhak – d'un point de vue spirituel, même chez les meilleurs, il est assez défectueux.

Si on entend par insincérité le refus d'une partie de l'être de vivre selon la lumière la plus haute que l'on possède ou d'assimiler l'homme extérieur à l'être intérieur, cette partie est toujours insincère, chez tous. Je ne vois aucune raison de s'étendre là-dessus ; la seule façon, selon mon point de vue, est de mettre l'accent sur l'être intérieur et d'y développer la conscience psychique et spirituelle jusqu'à que ce que descende en lui ce qui écartera aussi l'obscurité de l'homme extérieur. 

Je n'ai jamais dit que le vital ne devait jouer aucun rôle dans l'amour du Divin, mais seulement qu'il doit se purifier et s'ennoblir dans la lumière du vrai sentiment psychique. Ce qui résulte de l'amour (qui est amour de soi) entre les êtres humains est si pauvre et finalement si contraire (c'est ce que j'entends par amour vital ordinaire), que pour le mouvement vers le Divin, je veux, dans le vital aussi, quelque chose de supérieur, de plus pur et de plus noble. 

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1934 ?

[...]

Aucun homme n'est parfait ; le vital et l'ego sont là pour l'en empêcher. C'est seulement lorsqu'à lieu la transformation totale de l'être extérieur et de l'être intérieur jusqu'au subconscient même que la perfection devient possible. En attendant, l'imperfection restera notre héritage commun.

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1934 ?

En général, une possibilité dans l'âme ou dans l'être intérieur reste toujours une possibilité – au pire, son accomplissement peut être retardé, mais même dans ce cas, c'est seulement si celui qui a cette possibilité renonce ou rompt avec le véritable chemin spirituel sans probabilité d'un retour rapide, parce qu'il est à la poursuite de l'ombre magnifiée et distordue de son propre ego ou à cause d'autres distorsions de la nature  produite par un détournement incorrect et égoïste du yoga.

Une simple apparence d'incapacité ou d'entrave au progrès dans l'être extérieur, un recouvrement de l'intérieur par l'extérieur, même s'ils durent des années, n'ont rien de rédhibitoire, parce que cela arrive à un grand nombre, peut-être à la majorité des aspirants au yoga.

La raison à cela, c'est qu'ils choisissent presque au début de faire se lever toutes les difficultés dans leur nature et de creuser à travers la masse au lieu de prendre l'autre voie qui est d'avancer, lentement ou avec rapidité, et de faire confiance au temps, au yoga et à la Force divine pour les débarrasser de qui doit être éliminé de la [?] correcte. Ce n'est pas par un choix délibéré qu'ils le font, mais quelque chose dans leur nature les y pousse.

Nombreux ici sont ceux qui ont eu ou sont encore dans ce long recouvrement de l'intérieur par l'extérieur, ou une séparation entre la conscience intérieure et la conscience extérieure. Vous avez vous-mêmes suivi ce chemin malgré nos protestations et nos conseils d'emprunter la voie ensoleillée et vous n'avez pas encore abandonné cette habitude. Mais cela ne veut pas dire que vous ne sortirez pas du tunnel, et lorsque vous le ferez, vous trouverez votre être intérieur qui vous attend de l'autre côté – dans le soleil, et non dans l'ombre.

Je ne pense pas que je sois plus patient que devrait l'être un gourou. N'importe quel gourou se doit de l'être, d'abord parce qu'il connaît les difficultés de la nature humaine, et ensuite parce qu'il sait comment la force du yoga fonctionne, de tant de manières contraires, manifestes ou souterraines, rapides ou lentes, volcaniques ou coralliennes – passant même d'un état à un autre – et il n'utilise pas la raison superficielle, mais l’œil de la connaissance intérieure et de l'expérience yoguique.

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