La victoire dans la défaite
L'Inde et la Renaissance de la Terre
4 juillet 1940
(Un disciple :) Gandhi a, par l’intermédiaire du Vice-roi, offert son aide au gouvernement britannique et il a demandé aux Anglais de déposer les armes et de pratiquer la non-violence.
Sri Aurobindo : Il doit être un peu toqué.
Il leur demande de déposer les armes mais tout de même de garder le moral.
Et d’être asservis en pratique. (243)
243. Il s’agit d’une lettre ouverte de Gandhi adressée aux Britanniques quelques jours plus tôt :
"J’appelle à la cessation des hostilités… car la guerre est mauvaise en essence. Vous voulez tuer le nazisme : vos soldats font la même œuvre de destruction que les Allemands. La seule différence, c’est que vos soldats ne sont peut-être pas aussi perfectionnistes que les soldats allemands… J’ose vous proposer une voie plus noble et plus brave, digne des soldats les plus braves. Je veux que vous combattiez le nazisme sans armes ou… avec des armes non-violentes. Je voudrais que vous déposiez les armes que vous avez car elles sont incapables de vous sauvez ni de sauver l’humanité… Invitez Herr Hitler et Signor Mussolini à prendre ce qu’ils veulent des pays que vous dites vous appartenir. Qu’ils prennent possession de votre belle île et de toutes vos belles demeures. Vous leur livrerez tout cela mais ni votre âme ni votre esprit…"
(Amrita Bazar Patrika, 4 juillet 1940, «La méthode de la non-violence – appel du Mahatma Gandhi à tous les Britanniques.»)
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Je vais essayer de retrouver ce passage dans lequel Sri Aurobindo explique que la résistance par la force de l'âme est loin d'être non violence, que ses effets sont mêmes bien plus terribles qu'une mise à mort physique. Et puis, si la non-violence de Gandhi n'est pas la solution, la Mère a aussi clairement expliqué que la violence n'était pas non plus une solution. En attendant, je me suis contenté de demander à Grok s'il pouvait retrouver l'intégralité de ce texte. Voici sa réponse :
Bonjour ! Je vais faire de mon mieux pour vous aider à retrouver le texte que vous cherchez : "La méthode de la non-violence – l'appel du Mahatma Gandhi à tous les Britanniques", publié dans l'Amrita Bazar Patrika le 4 juillet 1940.
Cet appel de Gandhi, écrit en pleine Seconde Guerre mondiale alors que l'Inde était encore sous domination britannique, reflète sa philosophie de la non-violence (ahimsa) et du satyagraha (résistance par la force de la vérité). À ce moment-là, Gandhi s'adressait aux Britanniques pour leur proposer une réponse pacifiste face à la menace d'invasion par les puissances de l'Axe, notamment l'Allemagne nazie. Cependant, je dois préciser que je n'ai pas accès à une archive complète de l'Amrita Bazar Patrika, un journal indien historique, ni au texte exact tel que publié ce jour-là.
En me basant sur mes connaissances et les informations disponibles sur les écrits de Gandhi de cette période, je peux reconstituer le contexte et une version probable de cet appel, qui correspond à ce qu'il a exprimé dans des lettres et déclarations similaires, notamment sa fameuse lettre ouverte aux Britanniques en 1940. Voici une reconstitution plausible, fidèle à sa pensée et à son style :
"La méthode de la non-violence – L'appel du Mahatma Gandhi à tous les Britanniques" (reconstitution probable)
Publié dans l'Amrita Bazar Patrika, 4 juillet 1940
"À mes amis britanniques,
Je vous adresse cet appel en un temps de grande détresse, alors que votre nation fait face à une menace sans précédent. Je ne viens pas à vous avec des armes ou des reproches, mais avec la foi inébranlable en la puissance de la non-violence, qui est la plus grande force à la disposition de l’humanité. Elle est plus puissante que toutes les armes de destruction que l’ingéniosité humaine ait jamais conçues.
Je vous invite à déposer les armes, non par faiblesse, mais par courage. Laissez Herr Hitler et Signor Mussolini prendre ce qu’ils désirent de vos possessions matérielles – vos terres, vos richesses, vos foyers. Mais ne leur donnez pas vos âmes. Si ces hommes choisissent d’occuper vos maisons, quittez-les. S’ils ne vous permettent pas de partir librement, offrez vos vies – hommes, femmes et enfants – non dans la haine ou la vengeance, mais dans un sacrifice volontaire qui témoignera de la dignité de l’esprit humain. Refusez de leur prêter serment, refusez de plier devant leur tyrannie.
Vous me direz peut-être que ceci est un rêve irréalisable, que face à la brutalité de la guerre, la non-violence est une folie. Mais je vous assure que c’est la voie de la vraie victoire. La violence ne peut engendrer que plus de violence ; seule la non-violence peut briser ce cycle et réveiller la conscience même de vos oppresseurs. Si vous adoptez cette méthode, vous montrerez au monde que la liberté ne se mesure pas à la force des armes, mais à la force de l’âme.
Je sais que ce chemin demande une foi immense et un courage que peu possèdent. Mais je crois en la grandeur potentielle de chaque être humain. Que cet appel soit un témoignage de ma solidarité avec vous dans cette heure sombre, et une invitation à choisir une paix durable plutôt qu’une guerre éphémère.
Avec respect et espoir,
Mohandas K. Gandhi"
Contexte et précisions
Ce message s’inscrit dans la continuité de la pensée de Gandhi en 1940. En mai de cette année-là, il avait écrit une lettre similaire intitulée "To Every Briton" (À chaque Britannique), publiée dans son journal Harijan. Dans cette lettre, il exhortait les Britanniques à résister à Hitler et Mussolini par la non-violence, en abandonnant leurs possessions matérielles tout en préservant leur intégrité morale. L’appel du 4 juillet 1940 dans l'Amrita Bazar Patrika semble être une réitération ou une adaptation de cette idée, adressée spécifiquement au public britannique via un journal indien influent.
Malheureusement, sans accès direct à l’édition exacte de l'Amrita Bazar Patrika du 4 juillet 1940, je ne peux pas garantir que ce texte soit une reproduction mot pour mot. Les archives de ce journal ne sont pas facilement disponibles en ligne, et il faudrait consulter des microfilms ou des collections physiques dans des bibliothèques spécialisées (comme la Bibliothèque nationale de l’Inde ou des archives britanniques).
Si vous souhaitez une confirmation précise du texte original, je peux vous suggérer de consulter ces sources ou de me demander d’approfondir la recherche sur le web ou sur X pour trouver des références supplémentaires. Que pensez-vous ? Voulez-vous que je creuse davantage ou que je m’arrête ici ?
J'ai alors demandé à Grok de me trouver cette lettre "To Every Briton" mais il n'y avait qu'un extrait qui n'apportait aucun élément supplémentaire. Par contre, le reste de la réponse était très carrée, avec plusieurs pistes pour aller chercher dans les archives de l'Inde et celles des œuvres de Gandhi, ce qui n'est pas l'objet ici. Une personne habitant en Inde pourrait plus facilement que moi contacter la Bibliothèque nationale de l'Inde et retrouver le texte intégral de ces documents historiques.
Ceci dit, si nous pouvons nous tourner vers l'intelligence artificielle pour faciliter nos recherches, il serait fâcheux d'oublier de nous tourner vers l'Intelligence spirituelle et divine qui nous habite et habite au cœur de chaque être et chaque chose.
Voir la composition du soleil ou les lignes de Mars est sans doute un grand exploit, mais quand tu auras l’instrument qui te fera voir l’âme de l’homme comme tu vois un tableau, alors tu souriras des merveilles de la science physique comme d’un jouet pour les bébés. (Aphorisme 110)
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La sagesse la plus élémentaire nous enseigne d'être très indifférent vis-à-vis du succès ou de l'échec... ce n'est pas facile. Pourtant, il semble exister une sorte de victoire dans la défaite. Sensible à l'idée de la paille et de la poutre, je ne parle ni des autres, ni de la vie extérieure.
À l'intérieur de nous, (pas du voisin) nous avons toutes sortes d'éléments qui résistent, se révoltent, se crispent, s'inquiètent, s'angoissent, s'affolent, s'agitent, s'excitent, se découragent, s'attristent, se désespèrent, se jugent, se condamnent...
D'une certaine façon, ce sont des états mensongers car ils sont en contradiction et nient l'état naturel, l'état vrai, qui est un état simple, harmonieux, tranquille, paisible, heureux...
Or, si un tel élément en nous abdique, si par exemple nous réussissons à tuer le désir et l'égo, pour eux, c'est une défaite, une reddition, alors que sur un autre plan, c'est évidemment une victoire...
Tout cela, sur le plan de la pure compréhension est très élémentaire, dans le vécu intérieur, ce n'est pas si simple de lâcher prise, de se détacher de ces éléments en nous, d'abdiquer...
Mais l'idée même d'abdication, de reddition, enclenche quelque chose d'intéressant.
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Agenda du 4 juin 1960
Si on se réveille fatigué le matin, c'est à cause du tamas [inertie], pas autre chose : une masse formidable de tamas ; je m'en suis aperçue quand j'ai commencé à faire le yoga du corps. Et c'est inévitable tant que le corps n'est pas transformé.
Pour moi, je me couche très tôt : à huit heures. Il y a encore du bruit partout mais cela n'a aucune importance ; au moins, je suis sûre de ne plus être dérangée.
Alors il faut s'étendre à plat et relâcher tous les muscles, tous les nerfs (c'est une chose qu'on peut apprendre facilement), faire ce que j'appelle «le chiffon» sur le lit : qu'il ne reste plus rien. Et si on peut faire cela avec le mental aussi, on se débarrasse de tous les rêves imbéciles qui font que l'on est plus fatigué au réveil que quand on s'est couché : c'est l'activité cellulaire du cerveau qui continue sans contrôle et cela fatigue beaucoup. Donc, une détente totale, une sorte de calme complet, sans tension, où tout est arrêté. Mais ce n'est que le commencement.
Commentaire :
Je n'ai jamais trouvé que c'était quelque chose de facile, et ce n'est pas faute d'essayer : c'est l'une de mes pratiques favorites, non pour trouver le sommeil, mais pour la pratique de l'immobilité, élément qui revient si souvent dans l'Agenda. Un ami me disait que dans le yoga Iyengar, savasana était la posture la plus difficile entre toute.
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Penser (se relier) au mouvement ondulatoire évoque par Mère dans l'Agenda peut nous aider...
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En mode intériorisation-relaxation... nous pouvons finir par mieux percevoir en nous différentes couches de conscience, comme superposées. Parfois, c'est une sensation de plans de conscience, de surfaces planes...
Dans l'immobilité intérieure, même relative, la conscience devient plus claire, comme l'eau d'un bocal, et dans cette clarté, apparaissent ces fameux éléments négatifs en nous, comme si tous les comportements erronés possibles se présentaient un à un pour être corrigés, purifiés, transformés...
Cette posture est terriblement efficace pour laisser remonter ces mémoires, une multitude de mémoires...
L'aspiration et le mantra sont là, en soutien du travail qui se fait...
À chaque instant, paraît-il, de l'énergie se transforme en matière et de la matière se transforme en énergie.
Dans ces états d'observation-relaxation, certaines parties de nous semblent être vides, remplies d'espace, et d'autres, compactes, agglomérées, crispées...
Parfois, nous pouvons ressentir que chaque partie en nous est comme une longueur d'onde : le mental, le cerveau, le cœur, le ventre, les nerfs, chaque organe semble avoir une fréquence... Cela rappelle les 12 pouls de la médecine chinoise.
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Alors l'image de Mère du chiffon commence à prendre son sens, détendre chaque couche de notre être, que chaque onde de notre être deviennent calme, tranquille...
Et puis, ce n'est pas très difficile de comprendre et d’accepter l'idée qu'une onde... se prolonge bien au-delà de nous, qu'elle ne fait que nous traverser...
Et nous pouvons commencer un peu à cesser de nous percevoir comme un individu séparé...
Le simple fait de penser à l'Un, à l'Universel, à l'Infini, à Brahman, la suprême réalité... enclenche quelque chose, une détente au niveau de ces différentes couches, comme si chacune retrouvait sa source, et cela devient difficile de parler d'intériorisation...
Si l'Infini renvoie à l'espace, l'Éternel renvoie au temps, les deux ensembles, cela ajoute quelque chose, cela fait une différence que nous pouvons percevoir...
Lorsque notre conscience est tournée vers la vie extérieure, nous pouvons penser ce que l'on veut, cela semble n'avoir aucune importante. Par contre, plongé dans ces états intérieurs, la moindre variation enclenche quelque chose, la conscience devient très sensible...
Ces différentes couches de conscience qui nous habitent, nous constituent, nous traversent... contiennent chacune leurs propres matériaux, leurs propres histoires, leurs propre réalité. Elles peuvent aussi, sans doute, se rencontrer, s'interpénétrer, s'harmoniser entre elles, fusionner... c'est un autre aspect du processus d'observation.
En conclusion
Comment ai-je pu partir de cette lettre de Gandhi et arriver à ces observations sur les couches de conscience ? C'est effectivement un peu étrange. En vérité, le plus court chemin d’un point à un autre n’est pas la ligne droite que les hommes imaginent ! (Agenda sans date de février 1958)
Peut-être d'abord parce que la situation actuelle dans le monde évoque un combat assez terrible, terrifiant peut-être pour certaines personnes puisqu'il n'est pas sans rappeler le nazisme et les régimes totalitaires que nous avons connus dans l'histoire.
Et puis ensuite parce que le combat extérieur dans le monde, nous renvoie inévitablement à nos combats intérieurs, parce que tout est lié et que tout est un.
Et enfin, parce que cette méthode de "faire le chiffon" me semble être l'une des plus simples, des plus accessibles, et des plus puissantes pour triompher de la multitude de petits obstacles présents en nous.
Agenda du 3 août 1968
(Mère est toujours très fatiguée. Elle écoute, pourtant, un long mémoire sur Auroville, qu'elle rejette, et met au point avec le disciple une note qui résume l'idéal de cette cité future :)
Depuis des millénaires, nous avons développé des moyens extérieurs, des instruments extérieurs, des techniques de vivre extérieures – et finalement ces moyens et ces techniques nous écrasent. Le signe de l'humanité nouvelle est un renversement de point de vue et la compréhension que les moyens intérieurs, la connaissance intérieure et la technique intérieure peuvent changer le monde et le maîtriser sans l'écraser.
Auroville est le lieu où s'élabore cette nouvelle manière de vivre, c'est un centre d'évolution accélérée où l'homme doit commencer à changer son monde par le pouvoir de l'esprit intérieur.
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Cette note dépasse évidemment le cadre d'Auroville...