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Nous rencontrons parfois cette impression évoquée par Mère que rien n'est fait tant que tout n'est pas fait ou que tout est constamment à refaire.

Les expériences des autres disciples ont l'intérêt de nous donner des indications sur les différentes expériences possibles et de résonner parfois avec notre propre chemin.

Cela va sans dire et cela va mieux en le disant : Sri Aurobindo a conseillé deux points de concentration : le centre psychique au niveau de la poitrine et le centre mental au centre de la tête et au sommet de la tête. La lettre ci-dessous nous montre que, pour autant, nous ne devons pas nous désintéresser de ce qui peut se passer au niveau des centres vitaux.

18 septembre 1931

Votre série d’expériences est très intéressantes par le développement constant (bien qu’entrecoupé) qu’elle illustre. Ici deux nouveaux éléments significatifs ont été ajoutés à la précédente substance de l’expérience. Le premier est une localisation très précise du surgissement de la conscience depuis le creux de l’estomac – c’est-à-dire depuis le nombril ou peut-être juste en dessous ? Le centre-nombril (nabhi padma) est le principal siège de la conscience vitale centralisée (le centre dynamique) qui s’étend depuis le niveau du cœur (émotionnel) jusqu’au centre sous le nombril (vital inférieur, centre du désir de sens). Tous trois indiquent le domaine de l’être vital. Il est donc clair que c’est votre être vital intérieur qui a eu l’expérience, et son intensité et sa véhémence étaient sans doute dues au fait que cette fois le vital tout entier (ou la plus grande partie) était éveillée et y participait.

L’expérience elle-même était d’origine psychique, mais avait pris une puissante forme émotionnelle-vitale dans son expression. Je peux ajouter, pour compléter que le centre du psychique se trouve derrière le cœur, et c’est à travers les émotions purifiées que le psychique trouve le plus aisément un exutoire.

Tout ce qui est au-dessus du cœur est le domaine de l’être mental – qui possède aussi trois centres, un dans la gorge (le mental ,tourné vers l’extérieur ou mental de l’expression), un entre les yeux ou plutôt au milieu du front (le centre de la vision et de la volonté) et un au-dessus, communiquant avec le cerveau, appelé le lotus aux mille pétales, où sont centralisés le mental pensant et l’intelligence supérieure communiquant avec les plans mentaux plus vastes au-dessus (le mental illuminé, l’intuition, le surmental).

Exutoire : du latin exutus, exuere "dépouiller". Ce qui permet de se soulager, de se débarrasser d'un besoin, d'une envie. (Petit Robert)

🌸

12 novembre 1931

Cette tendance à la tristesse et au découragement irrationnels ainsi que ces imaginations, craintes et raisonnements pervers – répétant toujours, si vous y prenez bien garde, les mêmes mouvements, idées et sentiments, et même un langage et des phrases identiques telle une machine – sont une caractéristique de la nature vitale inférieure. La seule façon de s’en débarrasser, c’est de l’affronter avec la résolution bien ancrée du vital supérieur, du mental et de l’être psychique, de la combattre, la rejeter et la maîtriser.

De même que vous étiez déterminé à maîtriser me désir du palais, de même vous devez décider de maîtriser ce « nœud irrationnel » de découragement dans la nature vitale inférieure. Si vous lui donnez libre cours et le considérez comme une partie naturelle de vous-mêmes avec de bonnes raisons d’exister ou si vous affairez à lui trouver telle ou telle justification lorsqu’il vient, il n’aura aucune raison de lâcher sa déplaisante emprise sur vous.

Soyez ferme et courageux en ceci, comme vous avez appris à l’être avec d’autres mouvements de votre vital inférieur : vous trouverez alors, je pense, moins de difficulté dans votre méditation et votre sadhana en général.

22 novembre 1931

Ce que j’attends de vous n’est pas d’aimer la Mère à distance, mais de vous habituer à sentir sa présence, son aide, l’action de ses forces, même quand elle n’est pas physiquement présente, et cela non seulement dans une condition de retrait intérieur (ce qui semble assez facile pour vous), mais dans votre conscience d’éveil, que ce soit en méditation ou aux heures ordinaires. Et cela, je le désire parce que ce serait donner une grande impulsion à votre Yoga.

🌸

1er décembre 1931

L’expérience de la sensation d’un « bloc solide » indique la descente d’une force et d’une paix massives dans l’être extérieur – surtout dans le vital-physique je suppose. C’est toujours cela qui est le fondement, la base dans laquelle tout le reste (Ananda, lumière, connaissance, bhakti) peut descendre à l’avenir et se tenir ou jouer en toute sécurité.

L’engourdissement dans l’autre expérience parce que le mouvement se fait vers l’intérieur ; mais ici, la Yogashakti vient au dehors, dans la nature extérieure pleinement éveillée – comme une première étape vers l’établissement du Yoga et de ses expériences là. Aussi l’engourdissement, qui est un signe de la conscience tendant à se retirer des parties extérieures, est-il absent.

28 décembre 1931

La difficulté ne peut disparaître que si vous êtes résolu à ce qu’elle disparaisse – si vous refusez d’attacher la moindre valeur aux justifications que le mental est incité à avancer pour expliquer votre « tristesse » sous cette influence atmosphérique, et, comme vous l’avez fait dans certains autres domaines, si vous vous accrochez à la résolution d’accomplir le changement yoguique d’éveiller pleinement le psychique, de ne pas suivre les voix du mental, mais de faire plutôt ce que la Mère vous demande, en persistant, aussi difficile que ce puisse être ou semble être. C’est ainsi que le psychique peut s’éveiller pleinement et établir son influence…

[…]

Les sadhaks doivent rendre la chose possible (par leur changement d’attitude, leur résolution de s’élever, sur le plan vital et physique inférieur, à la vraie conscience) pour que devienne possible une union avec la Mère sur ce plan, de la vraie façon et avec le vrai résultat. Je ne peux pas en dire davantage maintenant ; mais j’ai bien l’intention d’être plus explicite par la suite…

🌸

? 1931

Il n'existe qu'une réponse à la question de Sachin – le mariage et le Yoga sont deux mouvements différents, qui vont dans des directions opposées ; s'il suit l'une, il s'éloignera de l'autre. Aussi, s'il se marie, se passera-t-il l'une de ces deux choses – ou il sombrera dans la vie ordinaire et s'éloignera de nous en esprit, ou il trouvera la vie conjugale insatisfaisante, renoncera à sa femme et retournera au chemin qui conduit vers le Divin. Le mariage avec le premier de ces résultats ne serait qu'une sottise ; le mariage avec le deuxième résultat serait une irrationnelle inconséquence. Donc dans les deux cas...

Quand au retrait de la Grâce, on peut dire qu’ils sont peu nombreux, ceux dont la Grâce se retire.

Je ne suis pas certain que Mère, Satprem et Sujata, auraient dit la même chose sur le mariage et le yoga. Et puis, cette position traditionnelle de 1931 n'était plus la même en 1956, 1973 ou aujourd'hui. Telle était ma façon de penser au moment de la rédaction de l'article, et le lendemain, je découvre la dernière vidéo d'un disciple du yoga intégral, et qui, après son mariage revient à la voie de la non-dualité. Comme quoi ! 

Sur la question de la grâce, reste à savoir si Sri Aurobindo parlait des disciples ou des hommes en général. Et si la Grâce est avec nous, pourquoi ne la sentons-nous pas ? Peut-être que nous n'y pensons même pas, que nous n'y sommes pas assez attentifs. Il va sans dire que si nous la percevions, nos vies changeraient sensiblement.

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J
Article très intéressant que j'ai prit plaisir à lire
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Merci Julie...