01 – L'homme et l'évolution
Dans les vidéos 10 à 19, Sraddhalu revient le premier chapitre de L'Évolution spirituelle – L'homme et l'évolution. À noter que l'option "traduction automatique des sous-titres" ne fonctionne pas pour vidéos 18 et 19.
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À noter aussi qu'à partir du 23 octobre 1957, une part non négligeable des Entretiens sera consacré à l'étude de cette œuvre si importante. Les Entretiens suivants sont consacrés à ce premier chapitre : 23 octobre 1957, 30 octobre 1957, 13 novembre 1957, 27 novembre 1957, 11 décembre 1957, 18 décembre 1957, 29 janvier 1958, 5 février 1958, 5 mars 1958, 12 mars 1958, 19 mars 1958, 26 mars 1958, 16 avril 1958.
Dans ce chapitre Sri Aurobindo commence par présenter les théories matérialistes et métaphysiques qui s'opposent à l'idée d'évolution, en reconnaissant qu'elles ont eu un impact considérable dans l'histoire.
En résumé, l'objection matérialiste consiste à dire que nous n'avons nulle part l'exemple d'une espèce qui se soit dépassée elle-même. Au mieux, nous pouvons observer des adaptations à l'intérieur de chaque type. L'objection métaphysique quant à elle stipule que l'Absolu, le Divin, celui-ci étant parfait de toute éternité, n'a aucunement besoin d'une évolution, et qu'il n'est pas nécessaire de faire intervenir la théorie de l'évolution pour expliquer le monde.
Après avoir présenté les fondements de ces théories, il en vient à démontrer la validité de sa propre vision des choses.
Un autre aspect développe la différence entre l'évolution matérielle et l'évolution de l'âme qui progresse de vie en vie par le processus de la réincarnation.
L'intérêt essentiel de ce chapitre est que si nous comprenons mieux comment l'évolution s'est effectuée dans le passé, nous aurons une possibilité plus grande de mieux comprendre l'évolution en cours, et donc de mieux y participer. Finalement, je ne sais pas s'il y a quelque chose de plus important que cela.
Voyons maintenant quelques extraits de ce chapitre :
L’objection scientifique ou matérialiste perd sa validité s’il existe une Conscience secrète dans ou derrière l’Énergie apparemment inconsciente dans la Matière. Même dans l’Inconscient, il semble y avoir au moins l’impulsion d’une nécessité inhérente, produisant l’évolution des formes, et dans ces formes, une Conscience qui se développe.
On peut fort bien soutenir que cette impulsion est la volonté évolutive d’un Être conscient secret et que son élan vers une manifestation progressive est la preuve d’une intention innée dans l’évolution. C’est là un élément téléologique, et il n’est pas irrationnel de l’admettre, car la poussée consciente, ou même inconsciente, émane de la vérité d’un être conscient, vérité devenue dynamique et en voie d’accomplissement dans le processus automatique de la Nature matérielle.
L’élément téléologique, la finalité de cette poussée est la traduction d’une Vérité de l’Être, qui agit spontanément, dans les termes du Pouvoir-de-Volonté de cet Être qui se réalise lui-même spontanément ; par conséquent, la présence d’une conscience nécessite la présence d’un Pouvoir-de-Volonté, et une telle traduction est donc normale et inévitable. Une Vérité de l’être qui s’accomplit inévitablement serait le fait fondamental de l’évolution, mais la Volonté et son dessein doivent faire partie des moyens d’action et constituer un élément du principe opératoire.
Nul ne pourra nier que même en se donnant de notre mieux à la Mère et au Divin, ce processus d'évolution-transformation est pour le moins délicat. Et les forces adverses se chargent bien de continuellement nous susurrer à l'oreille que cet objectif est trop grand pour nous, qu'à la rigueur cela se fera dans notre prochaine vie, ou la suivante et patati et patata...
Lire et relire que ce processus relève de la Vérité de l’être qui s’accomplit inévitablement, ma foi... cela fait beaucoup de bien.
De même, se voir rappeler que la Volonté fait partie des moyens d’action et... du principe opératoire, est d'une grande utilité. Enfin ! Il me semble.
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On peut très bien concevoir qu’une telle évolution d’en bas et une telle descente d’en haut aient œuvré de concert pour l’apparition de l’homme dans la Nature terrestre. L’entité psychique secrète déjà présente dans l’animal pourrait avoir suscité la descente de l’être mental, le Purusha mental, dans le monde de la Matière vivante, afin qu’il se saisisse de l’énergie vitale-mentale déjà à l’œuvre et la porte jusqu’à un niveau mental supérieur. Mais ce serait encore un processus évolutif, le plan supérieur n’intervenant que pour aider à l’apparition et à l’élargissement de son propre principe dans la Nature terrestre.
Sri Aurobindo nous suggère un point TRÈS important car manifestement, c'est la même méthode qui est employée pour la transformation spirituelle et la transformation supramentale. C'est l'aspiration du psychique, en bas, qui fait descendre les pouvoirs d'en haut.
Sri Aurobindo a par ailleurs précisé que cette union des pouvoirs d'en bas et d'en haut était la condition de la siddhi et, de même, Satprem a écrit que c'était le petit feu en nous (Agni, le psychique) qui faisait descendre le grand feu d'en haut (le supramental).
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Il est vrai que ce progrès n’a pas porté la race humaine au-delà d’elle-même, à un dépassement de soi, à une transformation de l’être mental. Mais il ne fallait pas s’y attendre ; car l’action de la Nature évolutive dans un type d’être et de conscience, consiste d’abord, précisément, à développer le type jusqu’au maximum de ses capacités, par un affinement et une complexité croissante, jusqu’à ce qu’il soit prêt pour que la Nature fasse éclater la coquille, qu’il soit mûr pour l’émergence décisive, le renversement, le retournement de la conscience sur elle-même qui marque une nouvelle étape dans l’évolution.
Si l’on suppose que cette prochaine étape sera l’être spirituel et supramental, l’importance que l’humanité accorde à la spiritualité peut être considérée comme un signe que telle est bien l’intention de la Nature, le signe aussi que l’homme est capable d’opérer en lui-même la transition, ou d’aider à son accomplissement. Si la méthode suivie par l’évolution humaine a été de susciter dans l’être animal l’apparition d’un type voisin, sous certains aspects, de l’espèce singe, mais doté dès le début des attributs humains, la méthode évidente que suivra la Nature pour créer dans l’évolution un être spirituel et supramental consistera à produire dans l’être humain l’apparition d’un type spirituel ressemblant à l’humanité animale et mentale, mais marqué déjà du sceau de l’aspiration spirituelle.
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On a suggéré pertinemment que si un tel sommet évolutif est prévu et que l’homme doive être le moyen de l’atteindre, seul un petit nombre d’êtres humains spécialement évolués formeront le nouveau type et progresseront vers la vie nouvelle. Ceci fait, le reste de l’humanité se laissera retomber de son aspiration spirituelle qui ne sera plus nécessaire pour le but de la Nature, et restera stationnaire, en son état humain normal.
On peut aussi soutenir que l’échelon humain doit être maintenu si la réincarnation suppose effectivement une ascension de l’âme à travers les divers degrés de l’évolution jusqu’au sommet spirituel, car, autrement, le plus nécessaire des échelons intermédiaires manquerait.
Convenons tout de suite qu’il n’y a pas la moindre probabilité, ni même la moindre possibilité, que l’espèce humaine tout entière s’élève en bloc jusqu’au niveau supramental. Nous ne suggérons rien d’aussi étonnant, d’aussi révolutionnaire, mais seulement la possibilité pour la mentalité humaine, quand elle aura atteint un certain niveau ou un certain point de tension dans son élan évolutif, de s’élancer vers un plan supérieur de conscience et de l’incarner dans l’être humain.
Par cette incarnation, l’être subira nécessairement un changement par rapport à la constitution normale de sa nature, en tout cas un changement dans sa constitution mentale, émotive et sensorielle ; il se produira aussi un grand changement dans la conscience corporelle et dans le conditionnement physique de notre vie et de nos énergies.
Mais le changement de la conscience sera le facteur principal, le mouvement initial, et la modification physique un facteur subordonné, une conséquence.
Cette transmutation de la conscience demeurera toujours possible pour l’être humain si la flamme de l’âme, l’embrasement psychique, brûle puissamment dans le cœur et le mental, et si la nature est prête.
L’aspiration spirituelle est innée chez l’homme ; car, à l’encontre de l’animal, il est conscient de ses imperfections et de ses limitations, il sent qu’il y a quelque chose à atteindre au-delà de ce qu’il est à présent ; il est donc peu probable que cet élan qui le pousse à se dépasser lui-même s’éteigne jamais complètement dans l’espèce. Le niveau mental humain existera toujours, non pas comme un simple degré dans l’échelle des renaissances, mais comme une étape menant au niveau spirituel et supramental.
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Au cours des étapes précédentes de l’évolution, le premier soin et le premier effort de la Nature devaient porter sur un changement dans l’organisation physique, car c’est seulement ainsi que pouvait se produire un changement de conscience ; cette nécessité était imposée par le fait que la force de la conscience déjà formée était insuffisante pour effectuer un changement dans le corps.
Mais avec l’homme un renversement devient possible ; il est même inévitable. C’est par sa conscience, en effet, par la transmutation de sa conscience, et non plus par un nouvel organisme corporel comme premier instrument, que l’évolution peut et doit s’effectuer.
Dans la réalité intérieure des choses, le changement de conscience a toujours été le fait majeur.
L’évolution a toujours eu une signification spirituelle et le changement physique a seulement servi d’instrument ; mais cette relation était tout d’abord cachée par l’équilibre anormal des deux facteurs, le corps de l’inconscience extérieure dépassant en importance et obscurcissant l’élément spirituel, l’être conscient. Mais dès que cet équilibre est rectifié, ce n’est plus le changement du corps qui doit précéder le changement de conscience, c’est la conscience elle-même qui, par sa mutation, imposera et opérera toute mutation nécessaire au corps.
Parmi les milliers de pages de Sri Aurobindo-Mère, si nous devions choisir UNE parole, laquelle choisirions-nous ? Pendant très longtemps (maintenant j'en choisirais une autre) c'était celle-ci de Mère :
Les conditions dans lesquelles les hommes vivent sur terre sont le résultat de leur état de conscience. Vouloir changer les conditions sans changer la conscience est une vaine chimère.
N'empêche ! 20 ans plus tard, je n'ai encore bien compris le modus operandi, la manière d'opérer, le mode d'emploi. Nous pouvons avoir compris des tas de choses, tant que nous ne comprendrons pas comment réaliser ce point central, notre travail continuera d'être laborieux... Nous pouvons éveiller la conscience, purifier la conscience, élargir la conscience, redresser la conscience... là il est question de changer de conscience, et même, échelon encore plus profond, de transmuter la conscience. Comment passer de notre conscience ordinaire à une autre conscience ? Tant que ce point ne sera pas parfaitement clair pour nous, nous ne pourrons ni l'expliquer clairement aux autres ni avancer beaucoup ; l'expérience décisive du renversement n'aura pas encore eu lieu.
Le seul espoir pour l’avenir, c’est un changement dans la conscience de l’homme. Ce sont les hommes qui décideront s’ils y collaboreront, ou si ce changement leur sera imposé par la puissance de circonstances écrasantes.
Carnet de laboratoire - 31.1.64
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Ou pour être plus nuancé, nous avons déjà compris certaines choses avec notre tête, entre autre qu'il s'agissait d'abord de réaliser l'union avec l'être psychique. Alors c'est sans doute dans la qualité de la pratique que réside nos lacunes :
Mais en l’homme, l’élément psychique de la personnalité est capable de se développer avec une rapidité beaucoup plus grande que chez les créatures inférieures, et un moment peut venir où l’entité psychique est prête à émerger de derrière le voile, au grand jour, et de gouverner ses instruments dans la Nature.
Mais cela signifiera que l’esprit secret intérieur, le Daïmôn, le Divin au-dedans est sur le point d’émerger ; et quand il émergera, il exigera sans aucun doute une existence plus divine et plus spirituelle, comme il l’exige déjà dans le mental lui-même quand celui-ci subit l’influence psychique intérieure.
Dans la nature de la vie terrestre où le mental est un instrument de l’Ignorance, cette transformation ne peut être effectuée que par un changement de conscience, par le passage d’une vie fondée sur l’Ignorance à une vie fondée sur la Connaissance, d’une conscience mentale à une conscience supramentale, et à un usage supramental des instruments de la Nature.
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Conclusion du chapitre :
Si un épanouissement spirituel sur la terre est la vérité cachée de notre naissance dans la Matière, si c’est fondamentalement une évolution de la conscience qui a pris place dans la Nature, alors l’homme, tel qu’il est, ne peut être le dernier terme de cette évolution. Il est une expression trop imparfaite de l’esprit ; le mental lui-même est une forme et un instrument trop limités, il est seulement un terme intermédiaire de la conscience ; l’être mental n’est qu’un être de transition.
Par conséquent, si l’homme est incapable de dépasser le mental, il sera lui-même dépassé ; le supramental et le surhomme se manifesteront et prendront la tête de la création.
Mais si son mental est capable de s’ouvrir à ce qui le dépasse, alors il n’y a aucune raison que l’homme lui-même ne puisse atteindre au supramental et à la surhumanité, ou, tout au moins, ne prête son mental, sa vie et son corps à l’évolution de ce terme plus grand de l’Esprit et à sa manifestation dans la Nature.