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Publié par Pascal

Appendice publiée suite à l'Entretien du 20 mai 1953

 

Extrait d’une conversation de Sri Aurobindo

avec un disciple polytechnicien

Le 8 mai 1926

 

En Occident, les esprits les plus élevés ne sont pas tournés vers la vérité spirituelle, mais vers la science matérielle. Le domaine de la science est très étroit, il n’embrasse que la part la plus extérieure du plan physique.

Et même là, que connaît réellement la science ? Elle étudie le fonctionnement des lois, édifie des théories sans cesse renouvelées qui n’en sont pas moins tenues chaque fois comme le dernier mot de la vérité ! Nous avions récemment la théorie atomique, maintenant vient la théorie électronique.

Il y a par exemple deux énoncés de la science moderne qui remueraient chez un occultiste des résonances plus profondes   :

1) Les atomes sont des systèmes en révolution, comme le système solaire.

2) Les atomes de tous les éléments sont faits des mêmes constituants. Un arrangement différent est la seule cause des propriétés différentes.

Si ces énoncés étaient considérés sous leur aspect vrai, ils pourraient conduire la science à de nouvelles découvertes dont on n’a maintenant aucune idée et à côté desquelles la connaissance actuelle semblerait bien pauvre.

Suivant l’expérience des anciens yogis, la matière sensible était faite de cinq éléments, Bhûtâni   : Prithivî, Apas, Agni (Téjas), Vâyu, Âkâsha.

Agni est triple   :

1) le feu ordinaire, Jala Agni ;

2) le feu électrique, Vaïdyuta Agni ;

3) le feu solaire, Saura Agni.

La science n’a pénétré que le premier et le second de ces feux. Le fait que l’atome est semblable au système solaire pourrait la conduire à la connaissance du troisième [1] .

[1] Il est remarquable de constater que depuis lors (1926) nous avons en effet découvert un troisième «   feu   », celui qui accompagne les réactions nucléaires, et que ce feu est bien celui du soleil dont l’énorme radiation est libérée lors de la fusion de noyaux d’hydrogène en hélium (cycle de Bethe).

Le premier feu est celui des réactions chimiques, où se détruisent et se reconstruisent des molécules sans que changent les atomes constitutifs.

Le deuxième feu provient de modifications dans les niveaux périphériques de l’atome, ceux des électrons, modifications qui sont à la source de tous les phénomènes électromagnétiques.

 

Par-delà Agni est Vâyu dont la science ne sait rien. C’est le support de tout contact, de tout échange, la cause de la gravitation et des champs (magnétique et électrique). Par lui est rendue possible l’action d’Agni, l’élément formel, architecte des formes.

Et par-delà Vâyu est l’éther, Âkâsha.

Mais ces cinq éléments ne constituent que la part la plus grossière du plan physique.

Immédiatement derrière est le physique-vital, l’élément de la vie ensevelie dans la matière. J. C. Bose entra en contact avec cet élément dans ses expériences.

Par-delà est le mental dans la matière. Ce mental est très différent du mental chez l’homme, mais reste une manifestation du même principe d’organisation. Et plus profond, il y a deux autres niveaux cachés...

Telle est la connaissance occulte concernant seulement le plan physique. La science est très en retard sur cette connaissance.

Les yogis hindous qui étaient arrivés à cette expérience ne s’occupèrent pas de l’élaborer et de la tourner en connaissance scientifique. D’autres champs d’action et de connaissance leur étaient ouverts, et ils ont négligé ce qui, pour eux, n’était que l’aspect le plus extérieur de la manifestation.

Il y a une différence entre la mentalité scientifique et le moule mental d’un occultiste. Sans doute, celui qui pourrait réunir ces deux groupes de facultés, conduirait la science vers de grands progrès [2] .

[2] Publié pour la première fois dans la revue France-Asie (n° 83) en avril 1953.

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