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J'aimerais revenir sur l'un des aspects de la théorie du zhi neng qi gong qui stipule que toute chose dans l'univers est composé de matière, d'énergie et d'information. 

Pour en être humain, c'est si évident que cela ne se discute même pas, nous avons un corps physique traversé et animé par des mouvements d'énergie et des mouvements de pensées.

Même pour les objets physiques il en est ainsi. Ils sont composés par une matière physique, elle même animée par de mouvements d'énergie au niveau de sa composition profonde, des atomes, des électrons et d'informations. Cette information est toujours double. Une partie de l'information contenue dans les objets vient de la Nature, de part la matière dont ils sont composés. Qu'ils soient en pierre, en métal, en bois ou en plastique, dans la mesure où ce plastique a été fabriqué à partir du pétrole, une partie de leur information vient donc de la Nature. Et l'autre partie est composée d'une information humaine.Il s'agit par exemple de leur forme ou de leur fonction car celles-ci ont été décidées par l'homme.

Et les trois sont indissociables. Si nous nous situons par rapport à notre monde physique, c'est la Matière qui est au premier plan, l'énergie et l'information sont à l'arrière plan.

Si nous avions la capacité de nous téléporter dans le monde vital, nous nous apercevrions que l'énergie est au premier plan, mais qu'à l'arrière plan, il y a une matière énergétique plus souple que la nôtre et de l'information. 

Et de même si nous nous déplacions dans les mondes de l'esprit, de la pensée pure, l'information serait au premier plan alors que l'énergie serait à l'arrière plan et que même-là, il est existe une matière, plus subtile encore que celle existant dans le monde vital. D'ailleurs Sri Aurobindo a évoqué parfois la substance mentale ou la substance de la conscience.

Je n'irai pas plus loin dans la présentation de ces notions car je n'en n'ai ni les compétences, ni le goût de ces abstractions. Ce qui m'intéresse est ce que nous pouvons en faire et notamment pour cet article, en tirer quelques indications utiles pour notre santé, en particulier avec ces douleurs que nous ressentons dans le corps.

Si nous avons mal quelque part, nous pouvons aborder la question en partant du plan matériel et faire quelques exercices d'étirements, d'assouplissements inspiré de la kiné, de l'ostéopathie, ou d'autres écoles. Cela peut avoir une certaine efficacité.

Nous pouvons aussi nous placer sur le terrain énergétique et utiliser deux grandes science de l'énergie, l'acupuncture et le pranayama,. Il en existe sans doute de nombreuses autres. 

Et nous pouvons enfin nous placer sur le terrain de l'information. C'est sur ce terrain-là que se situe la plupart des méthodes psychologiques et spirituelles. La prière par exemple est très associée à ce plan.

Nous pouvons aussi utiliser des pratiques qui utilisent en même temps plusieurs aspects. Nous pouvons faire un exercice de kiné de façon machinale et mécanique, sans même y penser ou en pensant à tout à fait autre chose, et si le mouvement est effectué d'une façon tout à fait correct, il est possible que cela ait un résultat. Mais à l'évidence si nous y mettons l'attention, la concentration, cela augmente certainement l'efficacité.

Le qi gong et le yoga utilisent beaucoup l'association de la matière et de l'énergie. Le zhi neng qi gong a cette particularité, contrairement à d'autres méthodes de qi gong, que le travail de la conscience est prépondérant. Notre conscience est tellement endormie, et nous sommes tellement habitués à vivre et faire les choses sans y prêter attention que ce n'est pas un apprentissage très facile. Mais petit à petit, au fil des mois et des années, on commence un peu à entrevoir et comprendre l'importance que cela peut avoir.

Pour revenir à notre cas particulier, nous pouvons étudier comment appliquer ce potentiel de l'information à nos douleurs.

En mode relaxation, intériorisation, observation, concentration nous pouvons envoyer dans la partie du corps douloureuse des informations de détente, de guérison.

Dans le zhi neng qi gong, les informations de santé se formulent souvent ainsi :

➡ le qi est abondant et il circule bien,

➡ tous les blocages disparaissent,

➡ toutes les maladies disparaissent,

➡ toutes les douleurs disparaissent,

➡ toutes les fonctions se rétablissent, 

➡ tout fonctionne normalement

➡ Etc. 

Il en est une autre qui m'est revenue tout récemment en mémoire et que j'avais complètement oublié : le qi originel est efficace !

Il y a une quantité infinie d'énergies, l'énergie du soleil, l'énergie des arbres, l'énergie des animaux, l'énergie des lieux, l'énergie de telle ou telle ou telle personne, les énergies telluriques, magnétiques etc... 

Et ces énergies ont des qualités très variables et certaines ne sont pas très favorables. Mais dans la pratique du zhi neng qi gong nous oublions complètement toutes ces énergies et nous ne pensons qu'à l'énergie originelle, le hun yuan qi.

Quelle est cette énergie ? Je ne sais pas. 😊 Cela semble être l'énergie du UN, l'énergie de la pure conscience, l'énergie de Chit. 

En tout cas, les professeurs nous répètent volontiers que cette énergie est parfaitement pure et qu'elle est EFFICACE ! 

Arrivé à ce stade nous avons déjà tout un premier champ d'observation et d'expérimentation possible.

Nous pouvons nous mettre en connexion consciente avec la douleur et lui envoyer des informations de santé, celles-ci, ou d'autres, selon notre inspiration du moment. Et si nous sommes très tranquilles nous pourrons SENTIR que cela a un effet... même si ce n'est pas celui escompté de la disparition escomptée de la douleur. Tout au fond, on sent que cela réagit. Rien que cette découverte est déjà un progrès. Un double progrès. Un progrès pour notre conscience observatrice qui est capable de s'en apercevoir. Et un progrès pour la conscience du corps, qui a cet endroit s'éveille, réagit... cela prouve qu'elle n'est plus inerte, qu'elle sort de l'inconscience. Parce qu'il y a dans le corps, apparemment, des endroits qui n'ont même pas cette capacité de réagir. Peut-être que ce sont des parties encore trop engluée dans le principe d'inertie, je ne sais pas.

Et puis à ce stade nous pouvons faire une connexion très intéressante avec la sadhana du corps évoqué par Mère.

Agenda du 25 octobre 1960

Et toi, la santé va mieux? [le disciple était souffrant]

Quand il faut faire glisser presque sept heures de japa dans une journée, ça fait une vie un peu extravagante !

C’est tellement en contradiction avec non seulement l’éducation mais la formation des êtres d’Occident! Pour un Indien, un Indien moderne, ce serait très difficile, mais pour ceux qui ont gardé la vieille tradition ce ne serait pas difficile. Les enfants qui ont été élevés dans un monastère ou près d’un gourou, c’est facile pour eux...

Entre 2 et 4 heures de japa par jour, j'ai expérimenté cela à peu près pendant les 3 ou 4 premières années de ma sadhana... mais 7... non ça jamais. Contrairement à mon amie Sandrine qui m'a fait découvrir Satprem, Mère et Sri Aurobindo. Même une heure de japa par jour, ne n'ai plus la discipline de la régularité, je n'y arrive plus. Je le fais pendant quelques jours et puis... quelque chose se passe et j'oublie et je fais autre chose, ou je n'ai carrément pas envie.

Mais cela reste vraiment une pratique intéressante qu'il conviendrait d'expérimenter – je ne dis pas pour toute la vie jusqu'à la fin de ses jours – mais au moins de temps en temps pour se rendre compte. Le japa en parlant et en marchant notamment a des incidences dans le corps vraiment très intéressantes. Mais voyons la suite de cet Agenda. 

(silence)

J’ai regardé, j’ai vu quel était le domaine qui dépend de la pensée – le pouvoir de la pensée sur le corps –, c’est formidable ! On n’imagine pas à quel point c’est formidable. Même une pensée qui est subconsciente et quelquefois inconsciente, ça agit, ça provoque des résultats fantastiques !... J’ai étudié cela. Depuis deux ans, je suis à étudier cela en détail – c’est incroyable! Si un jour j’ai le temps d’expliquer tout cela, ce sera intéressant...

C'est cela que je voulais dire : nous pouvons observer l'effet des informations de santé que nous envoyons au corps. 

Des toutes-toutes petites réactions mentales ou vitales, toutes petites, qui dans notre conscience ordinaire paraissent n’avoir aucune espèce d’importance – ça agit sur les cellules du corps, et ça peut créer un désordre...

Si cela peut créer un désordre, cela peut nécessairement aussi remettre en ordre... parce que c'est le même pouvoir qui agit dans un sens ou dans un autre, selon que les informations que véhiculent nos pensées sont positives ou négatives, destructrices ou constructrices, désordonnées ou harmonieuses... 

N’est-ce pas, quand on observe attentivement, on s’aperçoit tout d’un coup d’un tout petit malaise, trois fois rien (si on est occupé, on ne s’en rend même pas compte), et alors si on suit le malaise, pour voir, on s’aperçoit que ça venait de quelque chose qui, dans notre conscience active, est imperceptible et «sans importance» – ça suffit à créer un malaise dans le corps.

C’est pour cela que, à moins qu’on ne soit à volonté et constamment dans ce qu’ils appellent ici la conscience du Brahman, c’est pratiquement impossible à contrôler. Et c’est cela qui donne l’impression que certaines choses arrivent dans le corps, qui sont indépendantes de... non seulement de notre volonté mais de notre conscience – ce n’est pas vrai.

Seulement il y a tout ce qui vient du dehors – ça, c’est le plus dangereux. Constamment, constamment : on mange, on attrape... quelle masse de vibrations ! Vibrations de la chose que l’on mange, quand elle était vivante (il en reste toujours), vibrations de la personne qui l’a cuite, vibrations de... N’est-ce pas, tout le temps, tout le temps, ça n’arrête pas – on respire, ça rentre. Naturellement, quand on se met à parler à quelqu’un ou à se mêler aux gens, là on devient un peu plus conscient de ce qui vient, mais même quand on est assis comme ça, immobile, sans s’occuper des autres – ça vient !

C’est une interdépendance presque absolue, l’isolement est une illusion... On peut, en forçant son atmosphère (Mère fait le geste de dresser un rempart autour d’elle), on peut tenir ces choses en partie à distance, mais rien que cet effort pour les éloigner, cela crée aussi des (je suis en train de penser en anglais et de parler en français !) ça crée des «disturbances» (dérangements). Enfin, tout cela maintenant, c’est vu.

Mais je sais d’une façon absolue que si on peut maîtriser toute cette masse du Mental physique et y apporter la conscience du Brahman d’une façon continue, on peut, on est le maître de sa santé.

Et c’est pour cela que je dis aux gens (non pas que j’espère qu’ils pourront le faire, en tout cas maintenant, mais il est bon de le savoir), je leur dis que ce n’est pas une fatalité, que ce n’est pas une chose qui échappe complètement à notre contrôle, que ce n’est pas une sorte de «Loi de la Nature» sur laquelle nous n’avons aucun pouvoir – ce n’est pas ça. Nous sommes vraiment les maîtres de tout ce qui a été rassemblé pour créer notre individualité passagère; et le pouvoir de contrôle nous est donné, si nous savons nous en servir.

C’est une discipline, une tapasya8 formidable.

8. Tapasya : ascèse, austérités, discipline rigoureuse.

Mais c’est bon de le savoir pour ne pas avoir cet écrasement que l’on a quand les choses sont encore tout à fait en dehors de votre contrôle, cette espèce de sens de la Fatalité qu’ont les gens : ils naissent, ils vivent, ils meurent et c’est la Nature écrasante et nous sommes les jouets de quelque chose qui est beaucoup plus grand, beaucoup plus fort que nous – ça, c’est le Mensonge.

En tout cas, pour moi, pour mon yoga, c’est seulement quand j’ai su que je suis le Maître de tout (si je sais être ce Maître et je me laisse être ce Maître, si l’imbécillité extérieure consent à se tenir à sa place), alors j’ai su qu’on pouvait maîtriser la Nature.

Il y a aussi cette vieille idée des religions d’origine chaldéenne et chrétienne, de ce Dieu-là devant lequel on est quelque chose qui ne peut pas avoir de vrai contact – un abîme entre les deux. Ça, c’est terrible.

Ça, il faut absolument que ça cesse.

Parce que jamais la terre et les hommes ne pourront changer avec cette idée-là. C’est pour cela que j’ai dit bien souvent que cette idée-là était l’œuvre des Asouras;9 c’est avec ça qu’ils ont dominé la Terre.

9. Asouras : les démons du plan mental.

Tandis que quel que soit l’effort, quelle que soit la difficulté, quel que soit le temps qu’il faille y passer, quel que soit le nombre de vies, il faut savoir que tout cela n’a aucune importance : on sait qu’on est le Maître, et que le Maître et soi-même c’est la même chose. Tout ce qu’il faut, c’est... le savoir intégralement, que rien ne le démente. Ça, c’est la sortie.

C’est pour cela que je dis aux gens : «C’est de votre vie intérieure (intérieure intermédiaire, n’est-ce pas, parce que ce n’est pas le plus profond) que dépend votre santé.»

Depuis deux ans, j’accumule les expériences dans les détails les plus minimes, les choses qui peuvent paraître les plus futiles : il faut consentir à cela, ne pas avoir la manie des grandeurs ; savoir que c’est dans le tout petit effort pour créer dans quelques cellules une attitude vraie qu’on peut trouver la clef.

Seulement, quand on rentre dans la conscience ordinaire, ces choses sont tellement subtiles, elles demandent une observation tellement scrupuleuse que c’est cela qui légitime les gens (qui paraît légitimer les gens) dans leur attitude : «Oh ! c’est la Nature, c’est la Fatalité, c’est la Volonté divine.» Mais avec cette conviction-là, le «Yoga de la Perfection» est impossible, ça paraît une utopie fantastique – mais c’est FAUX. La vérité est tout autre.

(long silence)

...Quand je dis à quelqu’un : «Je m’occuperai de toi», tu sais ce que je fais ? – J’associe son corps au mien. Et alors tout le travail est fait en moi (dans la mesure où c’est possible, n’est-ce pas. Essentiellement c’est possible, mais il y a une relativité dans les possibilités parce que le temps compte ; mais dans la mesure où c’est possible...)

Et alors, ça m’intéresse beaucoup de faire des recoupements et de savoir les résultats de mes interventions – pas pour me glorifier (il n’y a pas de quoi se glorifier !) – mais pour l’étude scientifique du problème : savoir comment se guider, comment discerner, qu’est-ce qui est actif, qu’est-ce qui ne l’est pas, quels sont les moyens d’approche, etc.?

Et même si on ne se sent pas très bien, eh bien, à ce moment-là, si on est capable de se dire : «Ça ne fait rien ; ce qu’on a à faire, on le fera» (c’est cette espèce de peur de ne pas pouvoir faire qui est ennuyeuse), si à ce moment-là on peut sincèrement se dire «Non – avoir cette confiance dans la grâce divine – non, ce que j’ai à faire, je le ferai et on me donnera le pouvoir de le faire, ou on créera en moi le pouvoir de le faire», ça c’est l’attitude vraie.

N'est-ce pas un Agenda magnifique ? Et tellement intéressant !

Pour revenir à mon sujet, nous pouvons suivre les recommandations du zhi neng qi gong et envoyer des informations de santé, et nous pouvons aussi nous inscrire dans le travail évolutif proposé par Mère et Sri Aurobindo et... comment dire... associer le Divin, mettre la zone douloureuse en connexion avec le Divin.

Nous pouvons aspirer, nous concentrer, invoquer pour que tel ou tel pouvoir du Divin entre dans la zone douloureuse. Le Pouvoir divin peut se formuler de nombreuses façon. Cela peut être sa Paix, son Harmonie, sa Force, sa Lumière, sa Conscience, son Immensité, sa Volonté, sa Vérité, sa Joie, sa Grâce, son Amour...

Sans doute que cela revient au même, mais je ne sais pas pourquoi, dans mon expérience, cela ne se formule pas toujours de la même façon... Même la Vérité, qui pour notre mentalité ordinaire est quelque chose d'essentiellement psychologique, cela a un effet sur le corps. D'ailleurs, dans un autre Agenda, Mère a dit quelque chose de si étonnant que cela frappe nos esprits :

Agenda du 2 octobre 1961

(...) Et alors, au point de vue tout à fait extérieur et pratique, j’ai dit : «Mais les maladies sont les mensonges du corps (en anglais c’est plus caractéristique ; en français le mot «mensonge» sert dans les deux cas tandis qu’en anglais il y a falsehood et lie – il n’y a pas de lie là-dedans, il s’agit de falsehood4, la maladie est le mensonge du corps, et chaque docteur (naturellement il faudrait ajouter un petit correctif : qui est sincère, honnête et qui veut vraiment guérir), chaque docteur qui est un vrai docteur est l’un des soldats de l’immense armée de ceux qui se battent pour la Vérité.»

4. Ce ne sont pas des «mensonges» dans les paroles (lie)
mais une fausseté (falsehood) ou un état de mensonge.

Ou bien nous pouvons aussi aspirer, appeler, invoquer le Divin lui-même, la Mère divine elle-même, le Seigneur suprême lui-même. Mais j'ignore pourquoi, en ce qui me concerne, cela me vient moins spontanément. C'est peut-être un tort, je ne sais pas.  

Le plus souvent l'aspiration semble amener une pression autour de la zone douloureuse... comme si tel ou tel aspect du Divin, de la Force spirituelle était venu, descendu. Mais j'aimerais arriver à cette sensation du Divin qui émerge de l'intérieur même de la zone douloureuse, car nécessairement, il est là aussi. Il est déjà là, présent au cœur de chaque chose, au cœur de chaque cellule.   

J'ai remarqué aussi que l'information pouvait être donné de différents endroits, et que cela avait une incidence. Nous pouvons là donner en quelque sorte à partir du mental, du centre de la tête. Je suppose que nous pouvons la donner à partir du sommet de la tête, mais je n'ai pas suffisamment d'expérience pour en parler.

Par contre, nous pouvons la donner à partir du cœur, et là... c'est intéressant. La différence semble vraiment significative. C'est comme avec les gens, nous pouvons leur parler avec notre tête, notre intelligence, notre raison etc. et nous pouvons leur parler à partir du cœur. Et la différence est si incroyable qu'on semble même presque incapable de dire les mêmes choses, comme s'il y avait deux personnes en nous.  

Pour nos douleurs, peut-être qu'il est plus efficace de leur parler avec le cœur, d'entrer en relation avec elles par le cœur. 

J'ai remarqué une autre chose encore. Entre l'émission de l'information qui est envoyée à partir de tel ou tel endroit et l'endroit où elle est censée être reçue, il y a comme un chemin. Pourtant, il circule l'idée que cela devrait être INSTANTANÉ. Probablement que ça l'est et que je n'en suis pas encore conscient. Ce que je veux dire, c'est que j'ai l'impression que parfois l'information envoyée se perd, qu'elle n'arrive pas à destination, entre l'émission et la réception il se passe des choses qui perturbent la qualité de la transmission, et donc son efficacité.

C'est un sujet qui m'intéresse BEAUCOUP ! J'aimerais bien savoir, comprendre ce qui cause ces perturbations. Cela me semble très important d'en être conscient car alors, il est évidemment plus facile de les corriger.

Pour le moment j'ai pu identifier quelques éléments simples, mais ils ne sont sans doute pas les seuls :

➡ Il y a tout ce qui relève de l'agitation. Dès que la conscience est troublée, agitée, c'est finit...

➡ Je me suis dit parfois que le manque de concentration était le problème. Cela rejoint un peu le point précédent. Nous nous concentrons pour envoyer telle ou telle information et hop, l'esprit est parti en promenade. Comme si, pour être efficace, l'information de santé devait être envoyée avec une certaine constance, une certaine insistance, une certaine intensité... et tout cela suppose notamment la capacité de rester focalisé suffisamment longtemps.

➡ Et il y a aussi tout ce qui relève du manque de confiance en soi, du manque de foi. Et ça, c'est un sacré morceau. C'est terrible. Je me demande même si ce n'est pas l'élément le plus important. Il y a toujours ces petites voix insidieuses qui nous suggèrent que nous n'allons pas y arriver, que ça ne va pas marcher, voir que l'on déraille de penser que de telles choses soient possibles. C'est sans doute pour cela que nous encore tant besoin les uns des autres pour nous rassurer et nous encourager. Cela en est presque DOULOUREUX ! Ça donne presque envie de pleurer. Et combien de fois ces petits voix aigrelettes arrivent à semer le doute en nous disant : "Tu vois, les douleurs sont encore là, tu n'arrives à rien, tu t'y prends comme un manche et de toute façon, ce n'est pas cette pratique-là qu'il faudrait faire mais telle autre." Mais les affronter et les conquérir fait partie de la sadhana, alors il n'y a rien à dire. 

➡ Parfois je me demande s'il n'y a pas un blocage sur le chemin de l'information, un nœud, un barrage, quelque chose qui fait que l'information ne peut passer. En extrapolant, je me suis même demandé s'il n'y avait pas des "entités" qui boulottait l'information avant qu'elle n'arrive à destination. Cela parait complètement saugrenu mais... je ne sais pas. Ce n'est peut-être pas saugrenu que cela.

Pour résumer ce questionnement, il y a bien la foi, une sorte d'intime conviction, que si un pouvoir Divin ou le Divin se manifestait dans la zone douloureuse, la douleur DEVRAIT disparaître, automatiquement. Mère a souvent parlé de ces désordres qui sont ANNULÉS dès que l'on entre dans la vraie conscience. C'est quelque chose dont je n'ai pas encore l'expérience. Sans doute parce que cela relève du Supramental et que je n'ai pas encore la capacité de le recevoir. 

Les douleurs DEVRAIENT disparaître et cela m'intéresse de comprendre pourquoi elles ne disparaissent pas.

Cela vient peut-être de quelque chose que j'ai déjà partagé dans ce blog... et que j'ai oublié, que j'oublie souvent de mettre en pratique. C'est la preuve que ce n'est pas intégré.

Ces douleurs sont désagréables et nous voulons les faire disparaître. Mais peut-être qu'elles ne peuvent pas disparaître avant que nous les ayons comprises. En tout cas, pour un certain nombre d'entre elles, cela semble être comme ça. 

Lorsque je travaille sur ces points sensibles dans le corps, j'essaye des trucs, et qui tous ont un effet relatif mais... je réalise encore trop souvent que je n'ai même pas pris la peine d'écouter ces zones douloureuses, de les ressentir, de les comprendre... et c'est peut-être la raison pour le fait qu'elles ne disparaissent pas. Parfois je me tourne vers le Haut pour recevoir une réponse de la conscience intuitive, ou du Divin... comme si je voulais recevoir une réponse toute cuite, sans avoir moi-même fait l'effort de la trouver. Peut-être que c'est la réponse de la douleur elle-même que nous devrions trouver. Nous oublions que le remède est au centre du mal. (Entretien de Mère du 27 mai 1953)

Et nous oublions l'acception. Voici trois extraits de l'Agenda qui réorientent complètement tout ce que j'ai pu dire plus haut, et qui n'est pas nul, qui contient une certaine valeur... mais ces Agendas sont comme un renversement de conscience, une façon tout à fait différente de voir le problème. 

Agenda du 17 décembre 1960

(...)

Et tout ce qu’on apprend à faire c’est à tenir, tenir, à ne pas se laisser ébranler, à passer à travers tout ça ; et on a l’impression que c’est sans fin, c’est interminable, presque éternel (c’est seulement quand on comprend ce qu’est l’éternel qu’on voit que cela ne peut pas être éternel, autrement...).

Eh bien, cet état-là est très dangereux, cet état d’endurance : cette endurance qui ne se laisse bouleverser par rien. Et c’est pourtant indispensable, parce qu’il faut tout accepter avant de pouvoir rien transformer.

C’est ce que Sri Aurobindo avait toujours dit : d’abord il faut tout accepter – accepter comme venant du Divin, comme la Volonté divine ; accepter sans dégoût, sans regret, sans chagrin, sans aucun énervement. Accepter avec une égalité parfaite. Et c’est seulement après cela que vous pouvez dire : maintenant nous allons travailler pour que ça change.

Mais travailler pour changer avant d’avoir atteint à l’égalité parfaite, c’est impossible. C’est cela que j’ai appris pendant ces dernières années.

Et pour chaque détail c’est comme cela. D’abord : « Que Ta Volonté soit faite », et puis, après, « La Volonté de demain » : ça, ça disparaîtra. Mais d’abord accepter.

parle pas de droit ni de pouvoir), mais pour qu'il soit possible que ça change.

Agenda du 3 mai 1963

C'est-à-dire que le changement qui proviendrait d'un refus d'accepter le monde tel qu'il est n'a pas de force, n'a pas de pouvoir : il faut l'acceptation non seulement totale mais compréhensive, joyeuse – connaître la joie suprême dans ce qui est pour avoir (je ne parle pas de droit ni de pouvoir), mais pour qu'il soit possible que ça change.

Agenda du 25 septembre 1965

N'est-ce pas, il y a des millions de manières de s'enfuir ; il n'y en a qu'une de rester, c'est vraiment d'avoir du courage et de l'endurance, d'accepter toutes les apparences de l'infirmité, les apparences de l'impuissance, les apparences de l'incompréhension, l'apparence, oui, d'une négation de la Vérité. Mais si l'on n'accepte pas, ce ne sera jamais changé ! Ceux qui veulent rester grands, lumineux, forts, puissants, et patati-patata, eh bien, qu'ils restent là-bas, ils ne peuvent rien faire pour la terre.

Quelques remarques :

Avant de pouvoir faire disparaître, annuler, dissoudre, transformer... ces douleurs, peut-être faut-il les accepter, les accepter non seulement complètement, mais les accepter dans une égalité parfaite et, par-dessus le marché, les accepter AVEC JOIE... 

Je ne sais pas pour les autres mais en ce qui me concerne, si j'arrive à prendre ces douleurs avec une certaine tranquillité, je n'ai pas le souvenir de les avoir acceptées avec joie... avec notre conscience ordinaire nous dirions : il ne faut quand même pas exagérer. 😄 Sauf que le travail dans lequel nous nous sommes engagés est tout sauf ordinaire, c'est même une invitation constante à sortir de la conscience ordinaire... 

La joie... pour nous c'est essentiellement un sentiment, une émotion... et nous oublions que c'est un Pouvoir. Peut-être que sans la joie, nous perdons notre pouvoir de transformation sur les choses.

Agenda du 31 décembre 1963

On se demande... C'est comme quelque chose de gluant qui vous entoure, qui vous touche partout ; on ne peut pas avancer, on ne peut rien faire sans rencontrer ces doigts noirs et gluants du Mensonge. C'était une impression très pénible.

Et cette nuit, c'était comme la Réponse. Je ne me suis pas souvenue clairement ce matin en me levant mais au milieu de la nuit je savais très bien (ce n'est pas passer du sommeil à l'éveil : c'est sortir d'un état pour entrer dans un autre, et quand je suis sortie de cet état pour rentrer dans l'état soi-disant normal, je me souvenais très bien), et c'était comme si l'on me faisait vivre le MOYEN de changer ce Mensonge en Vérité, et c'était si joyeux !... Si joyeux.

C'est-à-dire que c'est une vibration analogue à la joie qui est capable de dissoudre et de surmonter la vibration du Mensonge.

Ça, c'était très important : ce n'est pas l'effort, ce n'est pas la rectitude, ni le scrupule, ni la rigidité, rien de tout cela, ça n'a aucun effet sur cette tristesse (c'est une tristesse) du Mensonge – c'est quelque chose de si triste, de si impuissant, c'est si misérable... si misérable. Et ce n'est qu'une vibration de Joie qui peut changer ça.

C'était une vibration qui coulait comme de l'eau argentée – ça frémissait et ça coulait comme de l'eau argentée.

C'est-à-dire que l'austérité, l'ascétisme, même l'aspiration intense et sévère, toute sévérité, tout ça : aucune action. Aucune action – le Mensonge reste là, derrière, sans bouger... Il ne peut pas résister au pétillement de la joie. C'est intéressant.

(…)

Alors on pourrait dire que le Mensonge est la douleur du Seigneur. Et que sa Joie est la guérison de tout Mensonge.

Il fallait que la Douleur soit exprimée pour pouvoir être effacée de la création.

Et la douleur, c'est le Mensonge – la douleur du Seigneur, la douleur dans son essence, c'est le Mensonge.

Alors vivre dans le Mensonge, c'est faire mal au Seigneur.

Ça ouvre des horizons...

Et Sa Joie est la guérison de tout.

C'est le problème vu de l'autre côté.

Donc, si on aime le Seigneur, on ne peut pas Lui donner de douleur, et nécessairement on sort du Mensonge, on entre dans la Joie.

C'est ce que j'ai vu cette nuit. C'était tout argenté. Tout argenté-argenté...

Il y avait même la vision du genre de vibration dans les cellules : c'étaient des vibrations tout argentées, pétillantes, frémissantes, mais très régulières, et précises... (comment dire ?...) C'était dans les cellules la contradiction du Mensonge ; c'étaient comme des petits éclats de lumière argentée.

Mais ça (le Mensonge), c'est le grand obstacle, c'est l'extrême difficulté. C'est comme quelque chose de gluant qui est entré dans la création et qui se colle partout, et qui est devenu une habitude aussi matérielle parce que ce n'est pas seulement le Mental qui a du Mensonge : il y a du Mensonge dans la Vie, dans la Vie elle-même. Dans ce qui est tout à fait inanimé, je ne sais pas...

Peut-être est-ce venu avec la Vie ? (d'après Savitri, c'est dans la Vie qu'est l'origine du Mensonge). Mais c'est comme si l'Inconscience pour aller vers la Conscience, pour retourner à la Conscience, au lieu de prendre le chemin de la Vérité, avait pris le chemin du Mensonge et de la Mort.

Et le Mensonge, c'est ça : c'est la douleur du Seigneur.

On m'a demandé un Message pour l'année prochaine, et tout le temps c'étaient des choses de ce genre qui me venaient, alors je n'ai rien dit. On ne comprendrait même pas, ce n'est pas compréhensible si l'on n'a pas l'expérience. Et si on le dit tel quel, d'une façon presque dogmatique: «Le Mensonge est la douleur du Seigneur», ça ne veut rien dire.

Ou si on le dit d'une façon littéraire, ce n'est plus vrai.

Et si l'on disait : «Le Mensonge, c'est la manière d'être malheureux du Seigneur»! (Mère rit) les gens trouveraient que ce n'est pas sérieux.

Bon. Mes enfants, je crois qu'il est temps d'aller faire son travail. Je vous souhaite une bonne année !

En conclusion :

Pour nos douleurs, se pourrait-il que notre meilleur remède soit la joie ? L'information de joie ? En tout cas, cet Agenda magnifique ouvre une magnifique voie d'exploration. 

Il est modeste et se fait rarement entendre.

🙏

Alors ouvrons tout grand nos oreilles,

et l'oreille de notre cœur

💓

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