Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Agenda du 21 juillet 1971

Je suis sûre que c’est le passage de cette vie à cette Vie.

Oh ! Voilà une déclaration de Mère tout à fait sensationnelle. Mais il ne s'agit pas tant de faire le buzz que d'essayer de comprendre de quoi elle parle, de quoi il s'agit.

J'ai remarqué que dans les Agendas de juin et de juillet 1971, le thème de la torsion de la vérité revient régulièrement. En voici un premier exemple issu de l'Agenda du 17 juillet 1971 :

Avant-hier j’étais presque guérie, je croyais que c’était fini, puis hier il y a eu une avalanche de choses... oh ! de mauvaises volontés, de disputes, de... c’était tellement effroyable que le rhume a recommencé. C’est cela qui empêche. Je vois ici, si les choses s’apaisent et que je puisse rentrer dans mon atmosphère normale, c’est comme si tout disparaissait – je n’ai plus de rhume, je ne souffre plus. Et ça revient du dehors comme une attaque furibonde : des gens qui se querellent, qui se disputent, les circonstances qui vont de travers, tout. Et tout cela, on me le jette dessus, alors...

Alors, ça a recommencé hier soir. C’était fini, n’est-ce pas : mon nez, ma gorge étaient clairs, c’était fini. Vraiment ce n’est pas moi : ça vient du dehors. Un acharnement. Et naturellement, ils me rendent tous responsable ! Je leur dis une chose, ils en font une autre; je leur écris une chose, ils le tordent et ils en font quelque chose d’autre, et après, alors, ils disent que c’est de ma faute. Voilà (Mère se met à tousser).

Tout à fait charmant.

Au fond, c’était comme une démonstration – comme une pièce de théâtre, tu sais, pour démontrer comment les hommes se conduisent vis-à-vis du Divin. C’était vraiment comique ! On peut se mettre en colère et dire : «C’est honteux» – mais c’était comique. C’était comique : tout est la faute du Divin ! Et les hommes ordinaires sont comme cela : c’est le Divin qui les maltraite, c’est le Divin qui fait des choses contre eux, c’est le Divin qui organise mal les circonstances... C’est comme cela. Ils sont tous comme cela.

Et c’est une espèce de malice semi-consciente : on fait ça, ils font juste ça (légère torsion), ils tordent un petit peu, et alors c’est tout déformé ; on dit une chose, ils ajoutent un mot, ou ils en enlèvent un et c’est tout déformé. Même ce qui est écrit, ils le lisent à leur manière. C’est épatant.

Et à une grande échelle, n’est-ce pas : c’est à une échelle presque mondiale, en tout cas une échelle nationale, du pays, mais... ça a des répercussions en Chine, en Russie, en Europe, en Amérique. Et ils ont fait... tu sais a mess [un gâchis] de toute l’affaire [du Bangladesh], d’une façon épouvantable – épouvantable. Maintenant, ils se sont arrangés : les Américains essayent de s’entendre avec les Chinois – ça, c’est complet ! – pour aider le Pakistan à massacrer les gens.

Un peu plus loin dans le même Agenda Mère en vient à dire quelque chose de tout à fait intéressant :

Il y a une ruée du Mensonge. Et alors on sent que c’est seulement ce qui est vraiment vrai qui a le pouvoir de résister – un peu au-dessus du mental.

Et un peu plus loin encore :

Oh ! si tu savais les expériences... Justement des choses comme cela (les paroles de Z), partout-partout, tout le temps, tout le monde – tout-tout comme cela (geste de torsion) oh !... Et alors, mon corps, le corps a dit : «Mais je suis comme cela aussi !» Il a vu ses... Oh ! mon Dieu... (Mère joint les mains).

Si le corps de Mère l'était, ô combien nous devons l'être aussi, mais continuons notre lecture :

J’ai compris que si la Conscience Suprême avait eu une seule minute le genre de conscience qu’ont les hommes, le monde serait dissous. Tout spontanément, nous, notre réaction, notre réaction spontanée vis-à-vis des chocs, de ce qui nous paraît mauvais : dissoudre le Mensonge. Les réactions spontanées. Pas transformer : dissoudre. Tu comprends, il y a un abîme entre les deux.

Oui.

Et c’est spontané, c’est l’idée d’abolir – abolir le Mensonge. Mais si une seule seconde, le Seigneur Suprême avait eu ce mouvement-là, il n’y aurait plus de monde !...

Je ne sais pas, je trouve que c'est une idée formidable... 

Et alors, je crois que le corps a compris. Je crois qu’il a compris, c’était extraordinaire... Qu’est-ce que nous sommes ! Qu’est-ce que les hommes sont! Ils se croient, mon Dieu (Mère fait le geste de se gonfler), ils se croient... oh !... S’ils ont une petite volonté ou s’ils ont une petite compréhension, ou s’ils font un petit effort de perfection, oh ! (même geste) ils se croient, ils se croient extraordinaires ! (Mère prend sa tête entre ses mains et rit)

Quelque part, Sri Aurobindo a dit que quand on touchait à la Conscience Divine, tout d’un coup cela vous donnait le sens... à quel point le monde est risible dans sa fatuité – la fatuité des hommes. Mais même (j’ai eu des contacts avec les animaux), même déjà chez les animaux, ça commence. Vanité-vanité-vanité-vanité...

Oui, il n’y a pas de quoi se vanter.

Oh ! non.

C’est sûr.

Oh ! non – non, ce n’est pas tant qu’ils se vantent, mais qu’ils se croient.

(silence)

Tu sais, la tromperie et les tentatives de tromperie sont prises presque partout pour de la bonne volonté. Et ceux qui ne veulent pas tromper, mais qui se trompent eux-mêmes, ce sont déjà des êtres exceptionnels.

Ce ne sont pas des découvertes, ce sont des choses que je voyais ; mais on les voit occasionnellement, exceptionnellement, ou pour ceci ou pour cela, mais alors j’ai eu la vision du monde tout entier, de la terre tout entière, de l’effort humain tout entier, de tous les hommes, tout... nous vivons dans une tromperie. C’est effroyable !

Et encore plus, on se trompe soi-même plus que de vouloir tromper les autres.

(silence)

C’est-à-dire que nous ne voyons rien comme c’est.

Ce n'est pas très réjouissant, et pourtant, je ne sais pas pourquoi, je trouve ces passages délicieux. Reste à savoir comment cela va travailler en nous. 

Et Mère en vient à une autre trouvaille, tout à fait importante :

Il n’y a qu’un salut : s’accrocher au Divin, comme ça (geste à deux poings).

Pas s’accrocher à ce que l’on pense du Divin, même pas à ce que l’on sent du Divin... à une aspiration... une aspiration aussi sincère que possible. Et s’accrocher à ça.

Parce que ça, des idées sur le Divin, nous en avons des tas : le Divin c'est l'Amour, le Divin c'est la Joie, le Divin, c'est la Paix, la Lumière... mais nous pouvons nous demander si nous accrochons au Divin ou si nous accrochons à notre conception du Divin : il y a nuance ! 

S'accrocher à notre aspiration au Divin, sans toutes les étiquettes que l'on met sur lui, finalement, c'est beaucoup plus simple... 

Et dans l'Agenda suivant du 21 juillet, nous retrouvons encore le thème de la torsion, de la déformation...

Moi, je suis toujours enrhumée. J’étais guérie, j’étais sur le point de guérir, mais... (geste d’avalanche qui tombe). Mais ce n’est pas intéressant.

L’intéressant, c’est que le corps devient de plus en plus conscient, mais conscient d’une façon tout à fait intéressante.

Par exemple ?

Ça, il faut mentaliser, je ne peux pas.

(silence)

Je commence à savoir ce qui va se passer, ce que les gens vont me dire, tout cela. Comment expliquer?... C’est comme si j’étais DEVENUE les circonstances, les gens, les paroles, les...

Le corps est de plus en plus conscient, mais pas à la manière mentale du tout: comme... comme des choses vécues. Je ne sais comment expliquer. C’est difficile à dire... C’est sentir ou avoir (je ne sais comment expliquer ce que c’est), comment, dans la manifestation, la conscience humaine déforme l’Action divine (geste de coulée directe).

C’est la constitution qui est misérable. Nous rapetissons, nous déformons, nous diminuons TOUT – tout. Nous savons les choses (la Connaissance est là autour de nous, en nous), et nous sommes tellement compliqués que nous la déformons. Tout le monde comme cela...

Alors, c’est comme une sensation très précise, en même temps, de tout ce qui est organisé du dedans par le Divin au-dedans, et à mesure que ça vient à la surface, ça se déforme (ce qu’on dit est idiot, et c’est pourtant ce qu’il y a de plus proche). C’est notre manière idiote de dire quelque chose qui est... si simple et si merveilleux !...

Et nous sommes tellement pervertis que nous choisissons toujours ce qui est déformé.

Je ne sais pas, mes mots eux-mêmes déforment la chose, mais c’est... c’est quelque chose que je sens si simple, si lumineux, si pur – si absolu. Et puis, nous en faisons ce que nous voyons : une vie compliquée et presque incompréhensible.

Cela m'a rappelé une parole de professeur Wei dans un stage de zhi neng qi gong que je n'ai jamais oublié tellement elle était frappante. Il a dit : "la vérité est simple, mais vous les occidentaux vous êtes tellement compliqués, que si vous l'aviez sous les yeux, vous n'y croiriez pas."

Puissante et multiple, fait face à tous les besoins.

Et après plusieurs extraits sur différents aspects de la déformation qui caractérisent notre vie actuelle, nous approchons du cœur de notre sujet et ce fameux passage vers une autre Vie...  

Moi, je suis dans un passage que je ne comprends pas très bien.

Ah !... Alors explique-moi ce que c’est, comme cela on pourra trouver.

Il n’y a rien à expliquer... Je ne sais pas, c’est comme un effondrement de tout, ou une démolition de tout. Il n’y a plus aucune base. Il y avait un certain nombre de «vérités» disons...

Aah !

... qui étaient claires pour moi, comme ce que j’exprimais dans mes livres – c’est comme si tout cela était comme de la poussière. Comme si tout cela n’avait pas de... oui, c’est de la poussière. Je ne me meus plus dans une seule idée sûre. Il n’y a plus de références.

Mais c’est justement ce que je viens de te dire en d’autres mots ! Tout ce que nous pensons (il y a longtemps que je n’ai plus d’idées), mais c’est cela, ça paraît tellement-tellement futile, je ne sais pas.

Oui. Je comprends bien que toute la pensée est futile et trompeuse, je comprends bien. Mais on aimerait bien avoir un phare... un phare pratique : comprendre.

Mais moi, le phare pratique est très simple : c’est le Divin. C’est pour moi la seule chose concrète.

Oui, bien sûr, il y a la Force. Ça, toujours je sens la Force et... et c’est très agréable, si je puis dire.

Oui-oui, mais c’est ça, il n’y a que ça !

Mais j’ai l’impression de marcher comme un aveugle dans cette Force.

Oui...

Eh bien, l’état d’aveugle n’est pas agréable !

Oui. Oui, mais... Mais pourquoi pas ! (Mère rit) C’est au point que... N’est-ce pas, je suis là, il y a des tas de circonstances, de complications, de gens, de... tout-tout tellement embrouillé ; et alors, il y a comme derrière... ce n’est pas seulement une Force, c’est une conscience-Force – c’est une Conscience –, et c’est comme un... c’est comme un sourire – un sourire... un sourire qui sait tout. C’est cela, n’est-ce pas. Alors, quand je suis tranquille (geste mains ouvertes), c’est comme s’il n’y avait plus rien et tout est merveilleux. Et puis, dès que les gens me parlent, ou dès que je vois quelqu’un, toutes les complications viennent – ils font un gâchis de tout.

Je suis sûre que c’est le passage de cette vie à cette Vie.

Quand on sera tout à fait de ce côté-là, oh ! on cessera de spéculer, de vouloir «expliquer», de vouloir déduire, conclure, arranger – tout cela, ce sera fini...

Si on savait... être – être simplement, être.

Mais pour nous, j’ai remarqué ça, si l’on ne parle pas, si l’on ne pense pas, si l’on ne décide pas, on croit que l’on est en dehors de la vie...

Et puis ce n’est pas toujours le même silence. Le silence de la parole qu’on n’exprime pas, ce n’est pas cela : le silence de la contemplation... agissante. Silence d’une contemplation agissante. C’est cela.

C’est certainement le nouveau mode de vie qui se prépare. Alors il faut que l’autre cède la place.

Je vois (comme à travers un voile ou comme une chose qui est à une très grande distance) un Pouvoir, un Pouvoir extraordinaire !

Mais nous sommes tellement imbéciles que nous n’acceptons même pas.

Je sais, j’ai fait ces jours-ci des expériences... J’ai cette vision où la conscience psychique voit que c’est à travers cet instrument, à travers ça (mais ça – Mère pince la peau de ses mains – ça n’y est pour rien que simplement d’établir le rapport entre les choses telles qu’elles sont et les choses qui doivent être), eh bien, à travers ça, il y a une quantité de miracles qui sont accomplis, tellement extraordinaires (ces jours-ci) que personne n’a jamais pensé que c’était un miracle !... On ne sait pas. Pas un miracle tel que nous les connaissons : un miracle extraordinaire... Et alors... ils n’ont pas les moyens de comprendre.

(silence)

Alors, ce corps n’est plus ça, n’est pas encore «ça». Il est comme cela (geste d’oscillation entre les deux), et c’est pour cela que... ce n’est pas un rhume, c’est... Quelquefois, je suis absolument guérie, tout-tout fonctionne bien ; la minute d’après, tout est désorganisé. Ce n’est pas un rhume que l’on peut «guérir»: on prend un remède, ça ne sert à rien ; mais on entre dans la vraie conscience, et tout est fini.

Mais il est incapable d’y rester. Ce n’est pas tant le contact avec les gens, c’est qu’il est incapable d’y rester, voilà tout. Il ne peut rejeter la faute sur personne.

Il n’est plus ça, il n’est pas encore «ça» – plus ça, pas encore «ça». Voilà. Alors... (même geste de bascule).

Et de «ça», il est conscient, mais momentanément : tout ce qui est indispensable pour pouvoir assurer la continuité. Voilà.

(silence)

La seule différence...

On peut dire : rien ne sait – nulle part ni personne ; mais il y a ceux qui aspirent (comment dire ?), qui ont la volonté, la tendance, l’aspiration, le besoin de savoir – de savoir et d’être –, et puis tous ceux qui s’en fichent... qui vivent-vivotent leur petite-vie-grande-vie – que ce soit un chef d’État ou que ce soit un balayeur, ça ne fait pas de différence. C’est la même chose, les vibrations sont les mêmes. Je ne sais pas expliquer. J’explique mal.

Non, je comprends.

C’est tellement imparfait que...

(Mère renonce à parler et plonge)

🔥

Que retenir de ce dernier passage ?

Chacun retiendra ce qu'il peut. Il me semble qu'il y a tout de même deux points particulièrement intéressants pour notre sadhana :

1. Le silence de la contemplation agissante....

Je n'avais aucun souvenir de cette parole. Elle est pourtant très puissante... 

2. Et que la conscience psychique est là pour simplement d’établir le rapport entre les choses telles qu’elles sont et les choses qui doivent être. Et qu'à travers ça, il y a une quantité de miracles qui sont accomplis, tellement extraordinaires. Mais pas au sens où nous l'entendons

Concrètement, pour notre passage à la pratique, il nous faudrait trouver comment établir le contact entre notre conscience psychique et les choses. Au lieu de regarder, d'écouter les choses à partir de notre physique, mentale, vitale, nous pourrions nous demander comment le psychique voit les choses, cela lui laisserait peut-être davantage l'opportunité de venir au premier plan. Comme si nous voulions désormais voir les choses à travers ses yeux à lui. 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article