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Nous trouvons ici et là dans les œuvres de Sri Aurobindo-Mère l'idée que nous appartenons au Divin. En soi, ce n'est pas nouveau, c'est l'un des aspects de la bhakti yoga mentionné probablement dans toutes les religions au travers des âges.

Oui et alors ?

Je me suis demandé parfois comment transformer ce que nous lisons dans les "livres spirituels" en expérience. L'une des étapes pour cela est peut-être que ce que nous lisons descende dans le cœur. Parce que pour moi, pour le moment, cette appartenance au Divin est encore pour beaucoup, une idée – certes avec sa vibration particulière, plutôt jolie – mais une simple idée, parmi toutes les autres idées.

Nous nous demandons souvent comment faire émerger le psychique où à quoi nous reconnaissons son influence. Or justement, je crois que cette idée-là vient du psychique et que cultiver ce sentiment, ce sentiment intime d'appartenance au Divin est l'un des moyens parmi d'autres pour faciliter cette émergence psychique.

Notons que certaines parties en nous ne sont pas très à l'aise avec cette appartenance, quand elles ne la refusent pas ouvertement. Si elles réagissent ainsi, c'est sans doute qu'elles n'ont pas très bien compris, ou plutôt RESSENTI, la grâce que cela représente, la paix et la joie que cela induit.  

Après tout, Sri Aurobindo a dit que l'homme était essentiellement un être mental, le manomaya purusha, alors il est naturel de se poser toutes sortes de questions, dont celles-ci, car l'aspiration naturelle du mental est de chercher à comprendre. Sans parler du fait que la clarté dans la pensée fut l'une des caractéristiques principales du génie français. L'est elle encore est une autre histoire.

Mais la connaissance que nous cherchons peut venir par une autre voie que celle du mental. Un jour, je lisais quelque part un texte de Sri Aurobindo dans lequel il expliquait que le Divin en nous pouvait ouvrir le lotus de la connaissance. Alors aussitôt je me suis tourné vers l'intérieur et vers le cœur avec une aspiration silencieuse et spontanée... et instantanément, l'espace d'une seconde, il y a eu la sensation d'un soleil qui jaillissait dans la poitrine et le sentiment que ce soleil, savait tout. 

Dans un article précédent je remarquais qu'il pouvait venir toutes sortes d'expérience pendant une méditation, une concentration, une pratique corporelle... mais que ces expériences immédiates et spontanées avaient une qualité tout à fait particulière, une puissance, une chaleur, une légèreté, une simplicité. En comparaison, les autres expériences apparaissent bien laborieuses.

Je ne serais pas très surpris que le fait de cultiver ce sentiment d'appartenance au Divin, à la Mère divine, de s'immerger dedans amène ces expériences spontanées.

En lisant l'Agenda nous pouvons avoir l'impression que Mère se plaint beaucoup du mental – Satprem n'est pas tendre non plus – mais cette impression est erronée en ce sens que Mère n'est pas une personne plaintive qui dit du mal des choses. Elle explique le fonctionnement des choses. Je veux dire que pour passer du mental au cœur, il n'est ni nécessaire ni judicieux de penser du mal de son mental. Cette descente du mental au cœur pour toucher ce sentiment d'appartenance se fait d'autant mieux qu'on est dans la douceur... pour ne pas dire, dans l'amour pour toutes les parties de notre être, y compris notre mental.

"Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi." Cette célèbre parole de Saint Paul dans sa lettre aux Galates est magnifique, à la nuance près que cette Présence divine dans le cœur, pour les Upanishads, est le chaïtya purusha, que selon Mère, Krishna dans la Guîtâ symbolise cette divine Présence, que dans le Véda, il s'agissait d'Agni. Même chez des maîtres taoïstes, zen, de qi gong ou d'arts martiaux nous pouvons trouver des traces qui témoignent de cette "Présence", ne serait-ce que par la reconnaissance qu'il y a "quelque chose" en eux qui est la source de tout leur art et de toute leur maîtrise. Même les bouddhistes disent que nous avons tous en nous l'étincelle du Bouddha. Cette Présence divine en l'homme a pris bien des noms et bien des formes. Et en nous ? Quelle forme prend-elle ? Est-ce que nous le savons ? En avons-nous conscience ? Si ce n'est pas clair en nous, c'est que nous ne L'avons pas vraiment découvert. 

Il ne doit pas oublier non plus que le but de ces aides extérieures est d’éveiller son âme au Divin qui est en lui. Rien n’est pleinement accompli tant que cela n’est pas fait. Il ne suffit pas d’adorer Krishna, le Christ ou le Bouddha sous une forme extérieure, si le Bouddha, le Christ ou Krishna ne se révèlent pas et ne prennent pas forme en nous-mêmes.

Sri Aurobindo – 1er chapitre du Yoga des œuvres divines

J'ai l'impression que si la Présence divine en nous prend la forme du Christ, alors nous pourrions ressentir L'AMOUR. Il y a quelques jours je me suis dit que nous ne devions pas aimer les gens pour ce qu'ils disent ou même ce qu'ils font... mais pour ce qu'ils sont. J'ai trouvé cela très joli. 

Multiple et abondant, et si plein de charme.

Par contre, si la Présence prend la forme de Krishna, c'est LA JOIE que nous pourrions ressentir. Je n'ai pas été élevé en Inde, ce n'est pas ma culture, et j'ignore à peu près tout de Krishna... et pourtant, j'ai cette impression qu'il porte avec lui une joie insensée 😄... c'est peut-être l'influence de ces paroles de Sri Aurobindo dans les Aperçus :

La joie d’être n’est pas limitée dans le temps ; elle est sans fin ni commencement. Dieu ne sort d’une forme que pour entrer dans une autre.

Après tout, qu’est Dieu ? Un éternel enfant jouant un jeu éternel dans un éternel jardin.

Maintenant Krishna est aussi le conducteur du char pendant la bataille... et alors la vibration devient sensiblement différente. Et il est sans doute bien d'autres choses encore.

Une puissance de progrès qui se voile derrière les apparences.

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Liens vers les autres fleurs liées à Krishna

Influence de Krishna dans le Subconscient

Le meilleur moyen d'être au-dessus des contingences.

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La lumière de Krishna dans le mental

Une charmante manière de devenir intelligent.

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La lumière de Krishna dans le mental physique

Le mental physique perd toute rigidité et devient souple et charmant.

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La lumière de Krishna dans le Subconscient

Il ne sera bientôt plus subconscient.

(Ça, c'est une sacré bonne nouvelle 😊 !)

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La lumière de Krishna dans le Surmental

Le surmental prêt à se diviniser.

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La lumière de Krishna dans le vital

La lumière qui oriente le vital vers la Vérité.

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La lumière de Krishna dans les sens

Un premier pas vers la transformation.

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Le jeu de Krishna dans la Matière

La beauté, l'amour et la joie sont ses compagnons. 
Un jeu qui élargit et fait progresser. 

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Le jeu de Krishna dans le vital

C'est dans son milieu qu'il a tout son charme.

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Le jeu intégral de Krishna

Toutes les parties de l'être répondent à Son influence.

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Premier signe de la lumière de Krishna dans la Matière

C'est l'annonce de la transformation prochaine.

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Krishna est la Personnalité de l'Ânanda de l'Éternel ; c'est grâce à lui que toute création est possible, grâce à son jeu, grâce à sa joie, grâce à sa douceur.

Sri Aurobindo – L’Heure de dieu

 

Le jeune garçon à la flûte est Shrî Krishna, le Seigneur descendu de l'Ananda divin dans le jeu du monde ; sa flûte est la musique de l'appel qui veut transformer le jeu inférieur ignorant de la vie mortelle pour y apporter la Lîlâ de son Ânanda divin et l'y établir.

Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga

 

Krishna, en tant que divinité, est le Seigneur de l'Ânanda, de l'Amour et de la Bhakti ; en tant qu'incarnation, il manifeste l'union de la sagesse (Jnâna) et des œuvres, et conduit l'évolution terrestre, à travers elle, vers l'union avec le Divin, par l'Ânanda, l'Amour et la Bhakti.

Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga

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Ainsi... je me suis suis un peu égaré de mon sujet initial 😊 mais le détour n'était peut-être pas sans intérêt. 

Je suppose que ce sentiment d'appartenance devrait nous faire entrer dans une communion intime, vivante et constante avec le Divin, et que cette communion devrait amener une complète conversion progressive de toute notre nature.

Et si la Présence prend la forme du Bouddha ? Eh bien je ne sais pas. Peut-être la connaissance, la sagesse, des choses comme ça... mais je connais encore moins le Bouddha que Krishna.

Et si la Présence divine en nous peut prendre la forme du Christ, de Krishna, de Bouddha, elle peut sans doute aussi prendre la forme de la Mère ou de Sri Aurobindo.

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Dans toute existence spirituelle, la vie intérieure est la chose de première importance. L’homme spirituel vit toujours au-dedans, et, dans un monde d’Ignorance qui refuse de changer, il doit, en un sens, s’en dissocier et protéger sa vie intérieure contre l’influence et l’intrusion des forces obscures de l’Ignorance. Il est hors du monde tout en vivant dans le monde ; s’il agit sur lui, c’est depuis la forteresse de son être spirituel intérieur où il est un avec l’Existence Suprême, et où, dans le sanctuaire le plus profond, l’âme et Dieu sont seuls, unis l’un à l’autre.

Sri Aurobindo – La vie divine
Livre 2 – chapitre 27 

Ainsi, lorsque nous concentrons dans le cœur, nous pouvons trouver deux choses. Nous pouvons retrouver notre âme, l'être psychique, notre être véritable et nous pouvons rencontrer le Divin.  Chercher, ressentir cet endroit en nous où l'âme et le Divin sont un peut être la source d'une puissance aspiration...

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