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Colonne de feu ?

Pendant une méditation assise, vision d'une sorte de colonne de feu partant du centre de la poitrine, s'élevant tout droit, traversant la tête et se perdant au-dessus.

La colonne avait environ 10 cm de diamètre.

Les couleurs étaient douces, chaudes, pastels, orangées... tout à fait la couleur du feu, mais sans brûler. 

Aucune émotion particulière, aucun enthousiasme, ni aucune explication : signe que cela ne devait se situer ni sur le plan émotionnel ni sur le plan mental. Il y a eu seulement l'étonnement de la vision : ce n'est pas si souvent que je vois quelque chose de probablement significatif.

J'ai juste eu le temps de ressentir une grande douceur, car comme d'habitude, au mieux cela n'aura duré que quelques secondes.

Serait-ce le feu psychique qui est monté vers le Moi supérieur, vers la Conscience supérieure ? 

🔥

Redressement 

Cette expérience d'étirements intenses vers le haut n'est pas revenue... mais il y a comme un prolongement. Comment dire ? 

19 mars 1956

Agenda de l’Action du Supramental sur Terre1

Le 19 mars à la leçon de traduction : La voix intérieure a dit : «Tiens-toi droite» et le corps s’est redressé et s’est tenu tout droit pendant toute la classe.

1. Note manuscrite de Mère. Notons qu’à cette époque, Mère était déjà voûtée. Ce redressement du dos semble être un premier effet physiologique de la «Manifestation Supramentale» du 29 février. C’est peut-être la raison pour laquelle Mère a noté l’expérience sous le titre «Agenda de l’action du Supramental sur la terre». C’était la première fois que Mère donnait un titre à ce qui allait devenir ce fabuleux document de 13 volumes. L’expérience a eu lieu lors de la «classe de traduction» pendant laquelle, deux fois par semaine, devant un groupe de disciples, Mère traduisait en français les œuvres de Sri Aurobindo.

Je n'ai entendu aucune voix intérieure me dire de me tenir droit et je n'ai pas spécialement eu l'impression d'être en contact avec le Supramental... mais seulement cette sensation du corps qui se redresse, ou plutôt qui est redressé.

En qi gong, l'une des premières choses que l'on apprend sur la posture, est d'imaginer un fil au-dessus de la tête qui nous tire vers le haut. C'est assez fin mais tout de suite cela produit comme un petit déclic, un petit étirement très doux de la tête vers le haut.

Eh bien... pendant toute la première partie de la méditation, il y avait cette sensation de petit étirement vers le haut.... dans des dizaines et des dizaines de points dans le corps. En fait, où que je pose mon attention, immédiatement, il y avait la sensation que l'endroit était étiré vers le haut. Et c'est ça qui donnait la sensation d'un redressement. 

Ce n'était plus du tout l'étirement vers le haut presque violent, en tout cas très intense de l'expérience de l'autre jour, mais un étirement très doux, très fin, d'une multitude de petits endroits dans le corps. 

Je me demande si les cellules peuvent s'étirer comme ça vers le haut ? 

Cette expérience très concrète, très perceptible fait peut-être suite a quelque chose qui m'a traversé avant hier sur le plan psychologique, sur le plan de la conscience. Mère a souvent dit que sa conscience était désormais là-haut, au-dessus de la tête... et il m'est venu : "maintenant, je n'ai plus le choix, il faut que je trouve comment m'installer là-haut". Je ne sais plus si c'est "m'installer là-haut" qui m'est venu, mais c'était l'idée de rassembler ma conscience au-dessus de la tête. Par contre ce qui m'a surpris, c'est la détermination avec laquelle c'est venu, et cette idée que... je n'avais plus choix, que j'avais assez perdu de temps, assez tergiversé, que maintenant, cela devait se faire...

Et puis j'ai tout oublié, presque instantanément... C'est comme si, tout à coup, l'être psychique jaillit et dit quelque chose avec une force qui nous parait tout à fait nouvelle, une force étrangère à la force habituelle de la conscience extérieure... et puis, une fois que la chose est dite, il se retire dans les profondeurs. Ou pour le dire d'une façon plus neutre, c'est la force d'une aspiration qui jaillit...

Alors cette colonne de feu qui monte, ces sensations de redressements tout partout dans le corps, cette aspiration à rassembler la conscience au-dessus de la tête qui jaillit... tout cela va dans la même direction.

Pour la rédaction de cet article, cela m'a donné envie de relire les lettres sur le Yoga qui évoquent le sommet de la tête. 

Le sommet de la tête dans les Lettres sur le Yoga

Il peut arriver à certains d'avoir une descente sans remarquer que c'est une descente parce qu'ils n'en sentent que le résultat. Le yoga ordinaire ne va pas au-delà du mental spiritualisé — les gens sentent au sommet de la tête la jonction avec le Brahman, mais ils ignorent l'existence d'une conscience au-dessus de la tête.

De même, dans le yoga ordinaire, ils sentent la montée de la conscience inférieure éveillée (koundalinî) vers le brahmarandhra où la Prakriti rejoint la conscience du Brahman, mais ils ne sentent pas la descente.

Certains peuvent avoir eu ces expériences, mais à ma connaissance ils n'en ont pas compris la nature, le principe ni la place dans une sâdhanâ complète. Du moins n'ai-je jamais entendu les autres parler de ces choses avant de les avoir moi-même découvertes par ma propre expérience. La raison en est que les anciens yogi, quand ils allaient au-dessus du mental spirituel, passaient en samâdhi, ce qui signifie qu'ils ne tentaient pas d'être conscients dans ces plans supérieurs — leur but était de s'en aller dans le Supraconscient, non pas d'amener le Supraconscient dans la conscience éveillée, ce qui est le but de mon yoga.

*

Je ne conteste pas du tout qu'il soit possible de réaliser le Moi, le Brahman ou l'îshwara sans entrer dans les régions au-dessus de la tête, les plans spirituels dynamiques, ou sans s'installer en permanence au-dessus du corps comme dans notre yoga.

Même si cette réalisation s'opère par la voie du sahasrâra 25 celui-ci s'étend jusqu'au mental spiritualisé et est senti au sommet de la tête, donc aucune montée au-dessus n'est indispensable.

Mais à part cela, on peut très bien, comme vous le dites, réaliser l'Âtman en se tenant en arrière du mental et du cœur, en se détachant des parties de Prakriti, en cessant de s'identifier au mental, à la vie et au corps, en entrant dans un silence intérieur. Il n'est même pas besoin d'explorer les royaumes du mental intérieur ou du vital intérieur, moins encore est-il obligatoire d'étendre ses ailes dans les régions au-dessus.

Le Moi est partout, et en entrant dans le détachement et le silence complets, ou même soit par l'un, soit par l'autre, on peut recevoir n'importe où quelque aperçu, quelque reflet, peut-être même un reflet complet du Moi, ou un sentiment de sa présence ou d'une immersion de soi dans ce qui est libre, vaste, silencieux, éternel, infini. De toute évidence, si c'est un "je" pur, de quelque nature qu'il soit, qui a l'expérience, la conscience qui en a la réalisation doit le considérer comme le moi individuel de l'Être, le jîvâtman.

25. Le lotus aux mille pétales, centre de la conscience supérieure.

*

Ce que vous dites indique que les centres psychique et mental sont en communication et, à travers, eux, vous pouvez faire descendre ce qui vient de la conscience supérieure. Mais vous vous situez encore dans le centre de la tête et non dans le centre au-dessus de la tête ou dans l'immensité au-dessus de la tête. Cela vient habituellement par une ascension progressive des parties conscientes vers le sommet de la tête et ensuite au-dessus.

Mais il ne faut ni tirer ni forcer dans ce sens ; cela viendra de soi-même.

*

Le sommet de la tête est le lieu de passage entre la conscience corporelle, avec tout ce qu'elle contient de mental et de vie, et l'être supérieur au-dessus du corps.

C'est là que les deux consciences commencent à se rejoindre.

*

L'ouverture du centre au sommet de la tête élimine la difficulté provoquée par le couvercle entre le mental ordinaire et la conscience supérieure au-dessus.

Si l'ajnâchakra est ouvert aussi, une communication claire est possible entre la conscience supérieure et le mental intérieur, et aussi le mental extérieur (centre de la gorge). Cette ouverture est la condition nécessaire à la réalisation de la connaissance, à l'illumination mentale et à la transformation.

Le centre du cœur régit le psychique et le vital – son ouverture permet à l'influence psychique de travailler dans le vital et se termine par la venue au premier plan de l'être psychique.

*

Le cerveau est seulement un centre de la conscience physique. On se sent établi là tant que l'on demeure dans le mental physique, ou que l'on est identifié à la conscience corporelle ; alors on reçoit, à travers le sahasrâra, dans le cerveau.

Quand on cesse d'être établi dans le corps, alors le cerveau n'est pas un lieu de résidence, mais seulement un canal de transmission passif et silencieux.

*

J'ignore comment toutes ces indications de Sri Aurobindo vont s'intégrer, mais je les trouve fichtrement intéressantes... peut-être parce qu'elles commencent un peu à devenir d'actualité. 

🔥

Corps carré ? 

Et puis au bout d'une dizaine/quinzaine de minutes ce phénomène de redressement vers le haut a cessé... sans doute pour stabiliser quelque chose. Peut-être parce que ce processus avait atteint une limite...

C'est l'occasion d'aborder un autre aspect de la Force à l’œuvre dans ce processus de transformation. J'ignore quelle est cette Force, elle ne s'est pas présentée... 😊 Est-ce Mère, est-ce la Shakti, est-ce la Nouvelle Conscience, la Conscience divine, l'Énergie créatrice ou n'importe quelle Force intermédiaire...  je l'ignore. D'un côté, cette Force est très silencieuse et paraît très impersonnelle et de l'autre, elle semble TRÈS BIEN nous connaître et surtout, elle fait preuve d'une maîtrise, d'une délicatesse très touchante, une sollicitude...

 Toujours active, même quand nous ne la percevons pas.

Comprendre et recevoir avec gratitude 
cette sollicitude divine si souvent incomprise. 

Quand les sensations s'arrêtent, les sensations les plus flagrantes, les plus perceptibles,  qu'est-ce qui se passe ? C'est peut-être là que cela devient vraiment intéressant... et c'est précisément là que cela devient difficile à décrire.... parce que les points de repères habituels disparaissent.

Alors je ne sais pas... il y a eu quelques minutes comme... comme un entre deux.

Et puis il est venu la sensation d'un corps carré

Cette impression a pu être favorisée parce que j'étais assis sur mon coussin...

Agnistambasana – Posture du carré

...et j'ai remarqué que selon que je suis assis sur le chaise le dos appuyé, allongé sur le dos en mode relaxation, en pratique de qi gong ou en japa marché, ce ce sont pas les même expériences qui viennent...

Ce n'est évidemment pas le corps qui devenait carré, mais la conscience corporelle, le schéma corporel.

Pourtant, depuis que j'ai commencé les pratiques énergétiques à 27 ans, j'ai été bien des fois assis sur un coussin, et je n'ai aucun souvenir d'une telle expérience, où pendant une quinzaine de minutes j'ai été dans une impression constante de corps carré.  

À un moment donné je me suis aperçu que ma respiration était irrégulière – ça, je m'en suis souvent rendu compte : j'ignore pourquoi, de temps en temps, ou même assez souvent, la respiration se bloque... et alors au bout de quelques secondes, je m'en aperçois. Alors, pendant quelques instants, je me suis concentré pour respirer consciemment, régulièrement, sans interruption... mais je suis bien vite reparti dans d'autres observations.  

Pour la rédaction de cet article, je m'aperçois qu'il existe une respiration en carré...

Il me revient en mémoire avoir lu que cette respiration est liée à samata, l'égalité, l'équanimité... mais je ne l'ai jamais assidûment pratiquée. Peut-être que je devrais... 

Pendant l'expérience de ce carré... je me suis rappelé un passage de l'Agenda où Mère explique une expérience qui...  se transforme en autre chose

Alors la concentration s'est posé là-dessus. Les sensations continuelles de redressement vers le haut ont cessé et après un "no man's land" de sensations, l'expérience d'un corps carré est venue, pour elle aussi disparaître et... je suis sorti de la pratique 

🔥

Conclusion croquignolette 😀

Alors après quelques ablutions matinales et un thé, j'ai continué ma lecture de l'Agenda 1971, et je suis tombé sur un passage qui évoque pratiquement... le contraire même de ce que je venais de vivre

Agenda du 17 avril 1971

A. m’a dit qu’il avait beaucoup aimé ton livre.1

1. La Genèse du Surhomme.

Ah ! oui, bon !

C’est bien... J’étais contente pour lui ! (rires)

Mais tu sais, d’après les premiers échos qui commencent à venir, ça fait comme un schisme, ce livre !

Quoi ?

Comme un schisme, oui.

Comment ?

Eh bien, il semble y avoir toute une partie de gens jeunes, ouverts et enthousiastes qui voient la Possibilité nouvelle, et puis il semble qu’il y ait une autre «école», qui a fait beaucoup de tapasyâ [austérités] et qui croit beaucoup en la vertu de toutes sortes de disciplines, et qui dit : «Mais non ! ce n’est pas possible que ce soit comme cela !»

Aah !

Des gens qui croient en la vertu de la méditation, de la tapasyâ, des disciplines, etc., et puis «il faut faire beaucoup d’efforts» – alors, plus ils ont fait d’efforts, plus ils sont scandalisés par l'immédiateté de la Chose !

(Mère rit) Mais il est beaucoup plus difficile de faire ce que tu dis !2

Oui, en fait.

(Mère rit) Beaucoup plus difficile... Cela veut dire qu’ils ne comprennent pas.

C’est cela, exactement.

Ils ne voient que les mots.

2. Pour faire mieux comprendre en quoi consistait ce «schisme», nous publions en Addendum le texte d’une lettre que nous avons écrite à un lecteur enthousiaste et aberrant.

C'est peut-être la négation de mon expérience matinale, mais aussi de toutes les autres, et de toute ma sadhana depuis des années. C'est pas joli ? 😀 Toutes mes expériences, toutes mes confidences, tout ce que je peux observer en moi du processus de purification, transformation, c'est TOUJOURS dans une sorte de méditation... qui peut prendre différentes formes comme je l'ai évoqué plus haut... mais ce n'est pratiquement JAMAIS dans ce que l'on appelle la vie ordinaire. 

Et si dans la vie ordinaire des expériences arrivent parfois, elles sont d'une autre nature... Par exemple, c'est un émerveillement spontané en regardant un joli paysage, une jolie fleur, c'est tout à coup effectivement une ouverture vers une autre conscience, vers peut-être la Présence divine... mais si je devais me contenter de ces moments-là pour construire ma sadhana, ce serait d'une grande pauvreté.

Cette lettre de Satprem ainsi que les extraits de Mère qu'il partage est si importante que je conseille vivement de lire cet Agenda dans son intégralité.... 

Un premier extrait :

«La vie spirituelle, pour beaucoup, c’est la méditation. Tant que cette sottise ne sera pas déracinée de la conscience humaine, la force supramentale éprouvera toujours une difficulté considérable à ne pas être engloutie dans l’obscurité d’une pensée humaine qui ne comprend rien.»

Entretiens de Mère du 17 avril 1957

Et ce passage vers la fin de la lettre :

Quant au «spirituel», il comprend tous les plans de conscience au-dessus du mental ordinaire. C’est la voie de l’ascension. Et c’est là que je dis et répète avec force, et par expérience, que ces grandes Expériences, dont on a fait des sommets spirituels, se situent dans la bulle mentale (y compris le surmental) : ce sont des sommets raréfiés où l’être se dilue dans une merveilleuse blancheur, immense, royale, sans un souffle de trouble, dans une paix éternelle – qui peut durer des millénaires sans que cela change un iota au monde, par définition.

Mais le spirituel n’est pas le supramental, et quand on touche au supramental, on dirait presque que c’est un tout autre Esprit tellement c’est dense, chaud, puissant, présent, incarné, et radieuse-ment solide en pleine rue. C’est cette Radiance-là que Sri Aurobindo et Mère sont venus tirer sur la terre – ils n’ont pas cessé de dire que leur yoga était nouveau, nouveau, nouveau –, et c’est par notre simple petit feu dedans que nous pouvons entrer en contact direct avec Ça, sans nous asseoir en lotus et sans quitter la vie. Quand on a touché Ça, les «hauteurs spirituelles» paraissent pâles.

C’est tout ce que j’ai à dire. Alors il n’est pas du tout besoin d’être un super-yogi pour entrer en contact, et ceux qui ont trouvé le nirvana ou que sais-je ne sont pas avancés d’un centimètre pour toucher Ça, parce que le fil conducteur de Ça n’est pas du tout là-haut ni en dehors, mais dans votre propre petite capacité de flamme.

Les mots sont évidemment très forts, il faudrait une sacré inconscience pour ne rien sentir... et pourtant, il y a quelque chose que je n'ai jamais bien compris. Il est dans l'Agenda d'autres propos que ceux-ci, disons un peu ironiques sur la méditation car apparemment les gens s'en vont la haut... dans cette merveilleuse blancheur, immense, royale, sans un souffle de trouble, dans une paix éternelle...

... sauf que pour moi, c'est de la science fiction. Assis sur mon coussin en méditation, je ne quitte pas mon corps, c'est plutôt que je descend dans mon corps, ce n'est pas que je m'en vais là-haut – franchement, au moins une fois, j'aimerais bien, ne serait-ce que pour savoir de quoi il parle – ce n'est pas que je perds contact avec mon corps, mais au contraire, le contact avec le corps est encore plus fort, et pendant mes intériorisations diverses je prends conscience de choses dont je n'aurais jamais conscience en restant tourné vers l'extérieur comme nous pouvons l'être pendant la vie ordinaire. 

Je ne sais pas comment font les gens pour toucher ces états spirituels... c'est un grand mystère pour moi. Satprem à l'air de penser que cela concerne beaucoup de monde, mais je serais curieux de savoir combien de personne en France ont réellement touché la paix éternelle... ou même parmi ceux qui se reconnaissent comme les sadkaks du yoga intégral. C'est pour cela que je dis que, pour moi, c'est de la science fiction. Je sais que ça existe mais c'est tout : en 30 ans d'expériences assis sur un coussin, je n'ai jamais vécu ces choses. 

Et puis, Sri Aurobindo et Mère ont bien dit que le prochain stade évolutif pour l'humanité se situait au niveau du mental intuitif. 

La nouvelle espèce sera gouvernée par l’intuition, c’est-à-dire par la perception directe de la Loi divine au-dedans. À l’heure actuelle quelques êtres humains connaissent l’intuition et en font l’expérience, tout comme, sans aucun doute, certains grands gorilles des forêts ont des lueurs de raisonnement.

La Mère – Japon. Février 1920

Je serais curieux de savoir comment pourrait se passer cette ascension de la conscience collective au plan intuitif... sans passer par la bulle mentale. Sans doute par l'émergence du psychique... comme l'explique Mère dans l'un des extraits de cet Agenda...  mais de là à parler de l'immédiateté de la Chose... Si Satprem le dit, c'est qu'il en a eu l'expérience, mais combien sont dans ce cas ? C'est quoi la Chose...? De quoi parle t-il ? Tant que nous restons dans le flou, on peut dire ce qu'on veut... et chacun comprends ce qu'il a envie de comprendre, et généralement, s'en satisfait très bien. 

Toute notre sadhana attestent que certaines choses peuvent être immédiates et certaines chose ne peuvent pas l'être. 

Et puis, si ma compréhension est correcte, il a été dit aussi qu'il fallait monter avant de pouvoir descendre, qu'il fallait d'abord toucher le supramental là-haut et que c'était le supramental là-haut qui pouvait toucher et éveiller le supramental en bas. 

Ainsi, il est bien probable que je fasse partie de ceux qui n'ont pas bien compris... 😀 J'ignore si mon interprétation est correcte, mais j'ai l'impression que tant qu'il ne s'agit que de faire l'expérience du Divin, cela pourrait se faire sans strictement aucune particulière ni difficulté particulière et que, toutes les complications commencent avec l'idée de se transformer. Et là, sans les pratiques diverses pour soutenir notre sadhana, j'ai l'impression que la "mission difficile" deviendrait carrément "mission impossible".

Mais ce qui est important, ce n'est pas ce que l'on pense, ce que l'on croit, notre façon de voir les choses... c'est ce qui se passe réellement, les expériences intérieures que l'on vit. Est-ce que je vais devoir arrêter de m'intérioriser parce que Mère et Satprem ont l'air de dire dans ce passage que la méditation ne sert à rien ? Évidemment non !  

Et pour ajouter quelques nuances, il est possible qu'en me regardant vivre, certains considèrent que je mène une vie très austère et que je pratique une intense tapasya. Mais je n'ai pas ce sentiment et je trouve qu'il y a de plus en plus de douceur dans mes pratiques diverses. J'ai même l'impression... pas encore qu'elles se font toutes seules, mais presque, et en tout cas, que je suis guidé et poussé à les faire... 

En tout cas, si je devais abandonner mes pratiques, les intériorisations diverses et variées, le qi gong, les exercices corporels, les prières, les mantras et le japa... je serais fichtrement embêté et je me demande ce que deviendrait ma sadhana. 

Tomber sur ce passage juste après une belle expérience en méditation m'a beaucoup fait sourire. Si je l'avais lu hier, cela aurait été tout à fait différent car hier était un jour sans expérience très particulière. C'est l'humour du Divin... c'était bien plus drôle de le lire aujourd'hui.

😀

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