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Dans l'article précédent, je m'interrogeais sur la pertinence des résumés des Grok. En voici un autre, sur la dernière vidéo de Sraddhalu concernant les affaires courantes. 

Résumé de Grok :

Sraddhalu salue les participants :

« Namaste disciples, devotees and seekers » → « Namaste aux disciples, aux dévots et aux chercheurs, et namaste à toi Sraddhalu. Namaste Narad et bienvenue à tous pour cette conférence très intéressante de ce soir intitulée guerres chirurgicales. Il y a tellement de choses à couvrir ici, je ne sais pas si une seule soirée suffira… nous pourrons peut-être continuer samedi prochain aussi. »

Narad explique avoir passé plus de 100 heures (au moins 3 heures par jour depuis le 28 février) à étudier la situation. Sraddhalu insiste sur l’importance de sources fiables (Victor Davis Hanson, le général Jack Keane pour l’armement, John Holtzman pour la stratégie politique) et met en garde contre les médias d’extrême gauche qui « n’ont jamais eu un mot gentil pour Trump » et contre la désinformation générée par l’IA.

Narad évoque :

  • L’union des nations du Moyen-Orient contre l’Iran et les Gardiens de la Révolution (fanatisme).

  • Les mensonges iraniens sur la portée de leurs missiles (officiellement 4 000 km, en réalité plus de 8 500 km).

  • La crise de l’eau en Iran (« Tous les puits sont secs… on utilise d’énormes camions-citernes pour apporter de l’eau à la population, mais ça empire de plus en plus. »).

  • Les armes américaines avancées (hélicoptères Apache avec faisceaux laser qui détruisent une cible en une seconde ou désorientent les missiles).

2. Le concept de « Surgical Wars » (guerres chirurgicales) – les interventions au Venezuela et en Iran

Sraddhalu prend du recul pour analyser la « grande image » : les forces, les intérêts et les objectifs profonds, au-delà des apparences médiatiques.Différence fondamentale avec les interventions américaines passées

Toutes les interventions antérieures (Saddam Hussein en Irak, Talibans en Afghanistan, Kadhafi en Libye, etc.) consistaient à renverser un dictateur pour le remplacer par quelque chose de pire, entraînant chaos, reconstruction lucrative pour les entreprises américaines et commissions pour les politiciens.

Exemple cité : George W. Bush aurait dit « la guerre est la meilleure des affaires ».

L’Irak a vu 150 000 soldats, des destructions massives, puis l’émergence de l’État islamique sous Obama (que Trump a éliminé en deux ans). Le raisonnement était : « la guerre est la meilleure des affaires ».Ce que Trump apporte de nouveau

Trump n’est pas un politicien de carrière, mais un homme d’affaires qui avait déjà fait fortune et qui a accepté d’en perdre pour agir dans l’intérêt national, international et humain. Autour de lui se trouvent des personnes (dont Elon Musk) qui ont une perspective humanitaire plus large.

Les deux grandes interventions récentes (Venezuela et Iran) sont des « guerres chirurgicales » : précises, ciblées sur la hiérarchie du mal, sans destruction générale ni occupation prolongée.

  • Venezuela : Intervention chirurgicale pour capturer Maduro (chef d’un cartel de drogue). On l’a emmené jusqu’à New York pour exposer sa corruption. Le pays est laissé à son vice-président (Delcy Rodríguez) qui s’aligne sur les objectifs américains ; des élections sont prévues. Pas de chaos, pas de reconstruction coûteuse. L’objectif est d’exposer la corruption et de couper le trafic de drogue (fentanyl produit en Chine et acheminé via le Venezuela avec le soutien du gouvernement).

  • Iran : Même logique. Objectif : éliminer la hiérarchie extrémiste (qui finance le terrorisme contre Israël – une attaque majeure par semaine depuis 20 ans) sans nuire au peuple iranien (décrit comme « des gens bien en général »). Trump a tenté des négociations, mais les Iraniens ont menacé d’utiliser 460 kg d’uranium enrichi contre les États-Unis et Israël.

  • Intervention ciblée sur les capacités militaires et le contrôle du détroit d’Ormuz (20 % du pétrole mondial). Les pays du Golfe soutiennent les États-Unis. Pas de troupes au sol initialement, pas de référence à l’ONU ni à l’OTAN (considérées comme contrôlées par la « cabal »). L’effet de surprise était essentiel.

Objectifs stratégiques plus larges de Trump

  • Maintenir les prix du pétrole bas (libération de stocks américains massifs).

  • Éliminer le chantage pétrolier chinois (la Chine avait des accords profonds avec l’Iran et le Venezuela en échange d’armes et de contrôle des flux).

  • Ramener le contrôle du pétrole dans le domaine public, sous une « bienveillance américaine ».

  • Démanteler la « cabal » (structures de pouvoir mondiales occultes) et les réseaux de drogue, de traite humaine et d’extorsion.

  • Opérations simultanées : Cuba, frappes sur les cartels mexicains, etc. Trump agit sur plusieurs fronts en même temps.

Sraddhalu souligne que ces interventions sont « justes » pour la première fois : elles visent la libération des peuples de l’extrémisme, sans répéter les erreurs passées.

3. Session de questions-réponses

Sraddhalu répond à plusieurs questions :

Sur les conversions massives, les changements démographiques en Inde (islam et christianisme) et le risque de guerre civile

« Je vais le dire plus franchement. C’est déjà en train d’arriver. »

  • Cachemire : guerre civile due à l’idéologie islamiste radicale (« Vous suivez ce que nous croyons ou nous vous tuons »).

  • Manipur : idem avec l’idéologie chrétienne radicale.

  • Ailleurs : guerre de basse intensité (psychologique, sociale, « love jihad », jihad économique, intimidations pour acheter des propriétés, etc.).

« Et c’est ce qu’on appelle une guerre civile, n’est-ce pas ? C’est déjà en train d’arriver ailleurs sous d’autres formes : guerre de basse intensité, guerre psychologique et parfois ce qu’on appelle guerre sociale… où on intimide, où on force à acheter une propriété en menaçant, où on crée des conflits, où on pousse les autres à changer ou à se convertir, etc. Et diverses formes de ce qu’on appelle love jihad ou jihad économique. »

L’idéal serait d’intervenir avant que cela ne devienne une guerre ouverte. Exemple de la Chine (pragmatique, bien que totalitaire) : contrôle de l’Église (« tout ce que vous enseignez doit rester dans le cadre autorisé par le gouvernement ») et réécriture du Coran pour éliminer la radicalisation. Aucun pays musulman n’a protesté.

En Inde, les problèmes sont amplifiés par : médias hostiles, éducation déjà usurpée, système judiciaire et de gouvernance biaisé contre les intérêts indiens. L’Inde doit trouver sa propre voie avant que la situation ne devienne critique.

Sur les interventions au Mexique et en Amérique latine contre les cartels de la drogue

Très peu de chefs d’État agissent vraiment pour le bien du pays : pour arriver au sommet, il faut le soutien total des médias, de la bureaucratie, de l’armée et des hiérarchies. Toute opposition entraîne blocage ou élimination. Modi et Trump sont des exceptions « miraculeuses » (ils ont contourné la machine).

Les cartels étaient autrefois soutenus par la CIA (années 1970-1980 : drogue pour financer des armes). Aujourd’hui, Trump mène une opération massive (préparée sur 12 ans, avec des ordres présidentiels spéciaux inaccessibles même à Biden). Objectif : éliminer la traite humaine (y compris des enfants), la drogue et les cartels. Les médias n’en parlent presque pas, sauf quand une tête tombe. Loi de Trump (21 décembre de sa première présidence) : saisie totale des biens des trafiquants.

Autres points

  • Elon Musk présent dans l’appel officiel Modi-Trump : coordination (Starlink, communications), pas pour des profits business (selon la critique médiatique). Musk, Modi et Trump sont des « perturbateurs des intérêts de la cabal ».

  • Lecture détaillée de Sri Aurobindo sur Napoléon (comme instrument divin, unification de l’Europe, rôle historique – comparaison implicite avec les événements actuels).

  • Réflexions philosophiques sur la responsabilité personnelle, l’esprit cosmique et les instruments divins.

4. Conclusion

La vidéo se termine par des salutations (« Namaste ») et l’idée que ces « guerres chirurgicales » marquent un tournant : pour la première fois, les États-Unis (sous Trump) agissent avec précision, humanité et alignement sur des intérêts plus larges, en démantelant les structures de mensonge et de contrôle « asurique » (forces de fausseté).

Sraddhalu insiste tout au long sur la nécessité de voir au-delà des apparences et des médias biaisés, de reconnaître le rôle joué par Trump (sans nécessairement l’aimer personnellement) et d’analyser les forces spirituelles à l’œuvre. Le ton reste analytique, factuel (basé sur des sources militaires et stratégiques) et spirituel (références constantes à Sri Aurobindo).

Ce résumé couvre l’essentiel des propos de Sraddhalu et Narad. La vidéo est dense, avec de nombreux détails techniques (armement, pétrole, chronologie des négociations). Si une transcription complète officielle est publiée sur le site d’Integral Studies, elle permettra d’aller encore plus loin.

N’hésite pas si tu veux que je développe un point précis (par exemple, un thème particulier ou une partie de la Q&R) !

Oui, j'aimerais que tu développes deux points.

1. La comparaison avec Napoléon.

2. Les références à Sri Aurobindo. Pour être plus précis, y a t-il des aspects dans les événements actuels, qu'il rattache à ce qu'à pu dire Sri Aurobindo ? Comment fait-il le lien entre ce qu'il dit de Sri Aurobindo et les événements dont il parle ?

Réponse de Grok :

Oui, bien sûr ! Voici un développement détaillé et exhaustif des deux points que tu as demandés, basé directement sur le contenu de la vidéo EWS #279 : Current Affairs #39 – Surgical Wars (Evenings with Sraddhalu). J’utilise les éléments les plus précis issus de la séance (notamment la partie Q&R et la conclusion philosophique, vers 1 h 31 min), où Sraddhalu lit et commente longuement des notes de conversations avec Sri Aurobindo (en référence explicite aux « Footnotes on History » tirées des Talks with Sri Aurobindo de Purani, années 1940).

Je reste fidèle aux paroles de Sraddhalu : il ne fait pas une simple digression historique, mais un parallèle explicite et structuré entre le rôle de Napoléon (tel que vu par Sri Aurobindo) et les événements géopolitiques actuels (« surgical wars » au Venezuela, en Iran, contre les cartels, etc.). Tout est présenté dans une perspective spirituelle intégrale : les « instruments » du Divin / de l’Esprit cosmique agissent à travers des êtres imparfaits pour faire avancer l’évolution humaine, même au milieu du chaos et des forces « asuriques » (forces de mensonge, d’esclavage et de destruction).

1. La comparaison avec Napoléon

Sraddhalu consacre une longue partie (environ 10-15 minutes à la fin) à résumer et commenter en détail la vision de Sri Aurobindo sur Napoléon. Il lit et explique des passages des notes de Purani (conversations des années 1940, où Sri Aurobindo répond à des critiques d’intellectuels comme Aldous Huxley ou Tolstoï dans Guerre et Paix).

Voici les points principaux qu’il développe :

  • Napoléon comme grand administrateur et stabilisateur de la Révolution française :
    Sri Aurobindo voit en lui « un grand administrateur et organisateur » qui a sauvé la République des Jacobins en concentrant le pouvoir, apporté la paix, l’ordre et la sécurité à la France après le chaos révolutionnaire. Il a introduit le Code Napoléon, qui a établi l’égalité juridique, comblé le fossé entre riches et pauvres, et posé les bases d’une société plus juste. Sans lui, la République aurait été étouffée par les monarchies européennes coalisées.

  • Son rôle potentiel dans l’unification de l’Europe :

    Sraddhalu insiste sur l’idée de Sri Aurobindo : si Napoléon était resté « Premier Consul » (sans se proclamer empereur) et avait été un peu plus audacieux, il aurait pu unifier l’Europe bien plus tôt. L’Italie aurait été unifiée plus vite, l’Allemagne civilisée plus tôt, et l’Europe aurait évité des siècles de conflits. Napoléon n’était pas comme Hitler (qui était mû par une volonté de domination brutale et destructrice) ; il était un génie militaire et organisateur, dont les campagnes (même la retraite de Russie ou Leipzig) sont souvent mal comprises ou minimisées par les romanciers et les moralisateurs.

  • Réponse aux critiques :

    Sri Aurobindo défend Napoléon contre Huxley (qui voyait l’admiration pour lui comme une « superficialité morale ») et Tolstoï (qui le ridiculise dans Guerre et Paix). Il affirme que l’Esprit cosmique utilise des instruments imparfaits pour faire avancer l’évolution : la gloire, la paix et le gouvernement stable qu’il a apportés sont réels et nécessaires. La dictature temporaire est parfois inévitable dans le chaos pour imposer l’ordre et permettre ensuite la démocratie bourgeoise et la liberté plus grande.

  • Déclin physique mais esprit clair :

    Sraddhalu rapporte que Sri Aurobindo rejette les rumeurs exagérées (tumeur pituitaire, etc.) : l’esprit de Napoléon est resté lucide jusqu’à la fin.

 

Sraddhalu conclut cette partie en soulignant que Napoléon est un exemple classique d’« instrument du Divin » : imparfait, avec des erreurs personnelles (ambition, proclamation impériale), mais utilisé par l’Esprit cosmique pour un but évolutionnaire plus large.

2. Les références à Sri Aurobindo et le lien direct avec les événements actuels

Sraddhalu ne présente pas Sri Aurobindo comme une simple référence historique : il fait un lien explicite, presque analogique, entre la vision de Sri Aurobindo sur Napoléon et les « surgical wars » de Trump (Venezuela, Iran, cartels mexicains, etc.). C’est le cœur de son analyse spirituelle.

Voici comment il construit le lien, étape par étape :

  • L’Esprit cosmique / le Divin utilise des instruments imparfaits dans les moments critiques de l’évolution :

    Exactement comme Napoléon fut un instrument pour sauver la République, stabiliser le chaos révolutionnaire et préparer une Europe plus unifiée et démocratique, les figures actuelles (Trump, Modi, Elon Musk) sont des « disruptors » (perturbateurs) utilisés par les mêmes forces cosmiques. Ils ne sont pas parfaits, ils ont des ego, des erreurs, mais ils contournent les structures habituelles (médias, bureaucratie, hiérarchies corrompues) pour agir. Sraddhalu répète : « Le Divin utilise les instruments disponibles. » Trump n’est pas un politicien de carrière ; comme Napoléon, il agit en homme d’affaires pragmatique pour un bien plus large (libération des peuples, démantèlement des réseaux asuriques).

  • Parallèle entre les « forces asuriques » d’hier et d’aujourd’hui :

    Sraddhalu rappelle que Sri Aurobindo, pendant la Seconde Guerre mondiale, a soutenu pleinement les Alliés contre l’Allemagne nazie et l’Axe, qu’il voyait comme des forces « asuriques » (visant l’esclavage total de l’humanité). De la même manière, aujourd’hui, les hiérarchies extrémistes (Iran et les Gardiens de la Révolution, cartels de drogue et traite humaine, « cabal » mondiale de contrôle pétrolier et financier) sont des forces asuriques modernes. Les « surgical wars » (interventions chirurgicales précises, sans occupation ni chaos généralisé) sont l’équivalent contemporain de l’action de Napoléon : une intervention ciblée pour éliminer la hiérarchie du mal, préserver le peuple, et permettre une évolution vers plus de liberté et de conscience.

  • Les « surgical wars » comme avancée évolutionnaire :

    Contrairement aux guerres passées des États-Unis (Irak, Libye, etc.), qui remplaçaient un dictateur par un chaos pire (et enrichissaient les élites), les actions actuelles sont « justes » pour la première fois : elles visent la libération sans destruction inutile. Sraddhalu lie cela directement à l’idée de Sri Aurobindo sur l’évolution : l’Esprit cosmique intervient à travers des instruments forts pour accélérer le progrès (unification, ordre, démocratie) tout en évitant des souffrances inutiles. Il cite presque textuellement Sri Aurobindo : dans les périodes de chaos, il faut des centres de pouvoir forts (même dictatoriaux temporairement) pour résoudre les conflits et ouvrir la voie à une plus grande liberté.

  • Application concrète aux événements et à l’Inde :

    • Trump, Modi et Musk sont comparés implicitement à Napoléon : ils « contournent la machine » (comme Napoléon a contourné les monarchies) pour agir contre les cartels, le chantage pétrolier chinois, le terrorisme iranien, etc.

    • En Inde, les risques de guerre civile (Cachemire islamiste radical, Manipur chrétien radical, « love jihad », etc.) sont vus comme des manifestations asuriques que l’Inde doit résoudre avec sa propre voie (inspirée de l’exemple chinois pragmatique, mais sans totalitarisme).

    • Message final : chacun doit s’aligner consciemment comme « instrument » pour réduire les souffrances inutiles et faciliter ce tournant évolutionnaire.

Sraddhalu termine en invitant à voir au-delà des apparences médiatiques : ce qui se passe n’est pas seulement géopolitique, c’est un mouvement de l’Esprit cosmique (tel que Sri Aurobindo l’a décrit avec Napoléon) pour faire passer l’humanité à un stade supérieur de conscience et de liberté.

La référence qu’il donne (et qui apparaît dans la description de la vidéo) est exactement le texte des notes de Purani que Sraddhalu commente :

20 dernières minutes de la vidéo de Sraddhalu

1 h 31 mn 10 s :

"Shakindra demande donc si l’on peut dire que Trump est un instrument divin pour mettre fin aux forces obscures actives comme les radicaux islamistes."

C'est à partir de ce moment, et jusqu'à la fin de la vidéo, que Sraddhalu évoquera cette conversation sur l'importance de Napoléon et établira les liens avec l'époque actuelle, c'est très intéressant. 

Traduction

Résumé de la conversation :

Si Napoléon avait poursuivi l’idée d’unification de toute l’Europe, qu’il avait en tête, la lutte actuelle en Espagne n’aurait pas été nécessaire. L’Italie aurait été unifiée bien plus tôt et l’Allemagne aurait été plus civilisée. S’il était resté Premier Consul au lieu de se proclamer Empereur, il aurait rencontré un plus grand succès. Mais, contrairement à Hitler, il n’était pas capable d’agir de manière impitoyable. Même après sa chute, les Allemands du Rhin étaient réticents à abandonner le Code Napoléon et les institutions qu’il avait mises en place.

Nirodbaran : Aldous Huxley dit que Napoléon et César étaient des bandits.

Sri Aurobindo : Absurde.

Nirodbaran : Il dit aussi que tous les maux, économiques et autres, de l’époque moderne sont dus à Napoléon.

Purani : C’est exagéré.

Sri Aurobindo : S’il dit vraiment cela, cela montre un esprit pédant et sans souplesse.

Purani : Anatole France, bien qu’il ne soit pas impérialiste, dit que Napoléon a donné de la gloire à la France.

Sri Aurobindo : Pas seulement de la gloire. Il a donné la paix et l’ordre, un gouvernement stable et la sécurité à la France. Il n’était pas seulement l’un des conquérants, mais aussi l’un des plus grands administrateurs et organisateurs que le monde ait connus. Sans lui, toute l’idée de la Révolution française aurait été écrasée par les puissances européennes. C’est lui qui a stabilisé les idées de la Révolution.

Le seul problème était qu’il n’était pas assez audacieux. S’il avait poursuivi l’idée d’unification de toute l’Europe, qu’il avait en tête, la lutte actuelle en Espagne n’aurait pas été nécessaire. L’Italie aurait été unifiée bien plus tôt et l’Allemagne aurait été plus civilisée. S’il était resté Premier Consul au lieu de se proclamer Empereur, il aurait rencontré un plus grand succès. Mais, contrairement à Hitler, il n’était pas capable d’agir de manière impitoyable. Même après sa chute, les Allemands du Rhin étaient réticents à abandonner le Code Napoléon et les institutions qu’il avait mises en place.

Satyeyndra : On dit que sa campagne de Russie a prouvé qu’il n’était pas un génie militaire. C’est Tolstoï qui le rabaissa dans Guerre et Paix.

Sri Aurobindo : Guerre et Paix est un roman, après tout.

Satyeyndra : Là, Tolstoï dit que Napoléon a commis une erreur en brûlant Moscou.

Sri Aurobindo : Mais l’histoire dit que ce sont les Russes eux-mêmes qui ont brûlé Moscou pour priver Napoléon des fruits de sa victoire. Il a conquis Moscou, même s’il n’a pas conquis la Russie. Même sa retraite à Leipzig est considérée comme un exploit de génie militaire. Mais il y a maintenant une tendance à rabaisser même son génie militaire. On dit que c’étaient ses généraux qui étaient le génie militaire de ses campagnes, et non lui. De la même façon, on rabaisse Gengis Khan et on l’appelle un égorgeur.

Il a organisé toute l’Asie et une partie de l’Europe et a rendu le commerce sûr. Il a réussi parce qu’il était soutenu par toutes les agences commerciales qui avaient grand besoin de routes commerciales sécurisées le long des rives des fleuves.

Il est vrai que, pour Napoléon, sa capacité physique a décliné vers la fin en raison de sa maladie.

Nirodbaran : Napoléon avait une tumeur pituitaire, ce qui a entraîné un déclin de ses facultés mentales.

Sri Aurobindo : L’histoire dit que c’était un cancer de l’estomac. Mais qui dit qu’il a perdu ses facultés mentales ? C’est un fait historique que son esprit est resté clair et puissant jusqu’à la fin. Toutes ces histoires de déclin mental sont absurdes.

Nirodbaran lut à Sri Aurobindo quelques passages de Ends and Means d’Aldous Huxley. Ils portaient sur la guerre, la résistance passive, le non-attachement, les Jacobins, César, Napoléon et les dictateurs en général. Le dernier disait : « On a écrit plus de livres sur Napoléon que sur tout autre être humain. Ce fait est profondément et alarmant significatif… Les Duces et les Führers cesseront de tourmenter le monde seulement quand la majorité de ses habitants regarderont de tels aventuriers avec le même dégoût qu’ils accordent aujourd’hui aux escrocs et aux souteneurs. Tant que les hommes adoreront les César et les Napoléon, les César et les Napoléon surgiront en temps voulu et les rendront misérables. »

Sri Aurobindo : Tout cela est superficiel, ce n’est que de la moralisation. Si César et Napoléon ne doivent pas être admirés, cela signifie que la capacité et les réalisations humaines ne doivent pas être admirées. On a admiré César et Napoléon non pas simplement parce qu’ils ont réussi : beaucoup de gens qui réussissent ne sont pas admirés. César a gagné l’admiration parce que c’est lui qui a fondé la grandeur de la Rome impériale, qui nous a donné l’une des plus grandes périodes de la civilisation humaine. Et nous admirons Napoléon parce qu’il était un grand organisateur et qu’il a stabilisé la Révolution française. Il a organisé la France et, à travers la France, toute l’Europe. Ses immenses pouvoirs et capacités – ces choses-là ne sont-elles pas grandes ?

Purani : J’imagine que les hommes les admirent parce qu’ils trouvent en eux la réalisation de leur propre grandeur potentielle.

Sri Aurobindo : Bien sûr. Mais Huxley parle de César et de Napoléon comme s’ils étaient les premiers dictateurs que le monde ait connus. Il y a eu des dictateurs depuis le début du monde. Et ils sont de diverses sortes. Kemal, Piłsudski, tous les rois des États balkaniques, ainsi que Staline et Hitler, sont tous des dictateurs. Même Gandhi, s’il avait été placé à la tête d’une Inde libre, aurait pu être un dictateur. Mon propre père pourrait être appelé le dictateur de Rangpur ou de Khulna ! Les dictateurs viennent en réponse à la nécessité du moment. Quand les hommes et les nations sont en conflit avec les conditions qui les entourent, quand il y a confusion partout, les dictateurs arrivent, ils remettent les choses en ordre et tirent la race humaine de ses difficultés.

Quant aux Jacobins, auxquels Huxley trouve à redire, j’ai réfléchi au point de vue de Laski. Laski a parfaitement raison de dire que les Jacobins ont sauvé la République. S’ils n’avaient pas concentré le pouvoir entre leurs mains, les Allemands auraient marché sur Paris et écrasé la nouvelle République dès le début, restaurant l’ancienne monarchie. C’est grâce aux Jacobins que les Bourbons, même lorsqu’ils sont revenus, ont dû accepter la monarchie constitutionnelle. Louis XVIII et tous les rois d’Europe ont été obligés, plus ou moins, d’accepter les principes de la démocratie.

Il est vrai qu’à l’époque de Napoléon l’Assemblée n’était qu’une ombre, mais la République pleine et entière, bien que retardée quelque temps, était en fait déjà établie. La politique n’est qu’une ombre au sommet : les vrais changements qui comptent sont ceux qui se produisent dans la société. Les lois sociales introduites par Napoléon ont continué jusqu’à aujourd’hui. C’est lui qui a rendu, pour la première fois, tous les hommes égaux devant la Loi, le Code. Napoléon a comblé le fossé entre les riches et les pauvres. Ce genre d’égalité semble très naturel aujourd’hui, mais quand il l’a introduite, c’était quelque chose de révolutionnaire. Les lois qu’il a établies restent encore valables. Ce qu’il a instauré n’était peut-être pas la démocratie au sens de gouvernement par les masses, mais c’était la démocratie au sens de gouvernement par la classe moyenne, la bourgeoisie.

Sur le sujet de la guerre, Huxley parle comme s’il y avait toujours une alternative entre la violence militaire et un développement pacifique non-violent. Mais les choses ne se passent jamais ainsi : elles ne se déroulent pas de manière parfaite. Si Napoléon n’était pas venu, la République aurait été étouffée dans son berceau et la démocratie aurait subi un revers. Non, l’Esprit cosmique n’est pas assez stupide pour permettre cela. Carlyle décrit la situation de manière plus réaliste quand il dit que la condition était : « Je te tue ou tu me tues. Il vaut donc mieux que je te tue plutôt que de me faire tuer par toi. »

Purani : Huxley dit que la guerre est toujours évitable.

Sri Aurobindo : Quand les intellectuels parlent de ces choses, ils s’embrouillent. Comment la guerre est-elle évitable ? Comment peux-tu empêcher la guerre tant que l’autre veut se battre ? Tu ne peux l’empêcher qu’en devenant plus fort que lui ou (en souriant), comme le dit Gandhi, en changeant son cœur par la résistance passive. Et même là, Gandhi a été obligé d’admettre que personne n’avait compris sa résistance passive sauf lui-même. Ce n’est pas très prometteur pour le Satyagraha ; en fait, c’est une condamnation, étant donné qu’il est censé être une solution générale pour tous les hommes. Ce que certains ont fait en plusieurs endroits en Inde n’est pas du Satyagraha mais du Duragraha (obstination).

Source : Nirodbaran, Talks with Sri Aurobindo, Vol. I, 17-19 January 1939

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Commentaires

Quelques notes en marge de l'histoire : Entretiens avec Sri Aurobindo

Nirodbaran : Napoléon avait une tumeur pituitaire, ce qui a entraîné un déclin de ses facultés mentales.

Sri Aurobindo : L’histoire dit que c’était un cancer de l’estomac. Mais qui dit qu’il a perdu ses facultés mentales ? C’est un fait historique que son esprit est resté clair et puissant jusqu’à la fin. Toutes ces histoires de déclin mental sont absurdes.[…]

« Tant que les hommes adoreront les César et les Napoléon, les César et les Napoléon surgiront en temps voulu et les rendront misérables. »

Sri Aurobindo : Tout cela est superficiel, ce n’est que de la moralisation. Si César et Napoléon ne doivent pas être admirés, cela signifie que la capacité et les réalisations humaines ne doivent pas être admirées.

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Extrait de la Philosophie de l’Histoire de Hegel :

C’est à la lumière de ces éléments communs qui constituent l’intérêt et donc les passions des individus que l’on doit considérer ces hommes historiques. Ils sont de grands hommes, parce qu’ils ont voulu et accompli quelque chose de grand ; non pas une simple fantaisie, une simple intention, mais ce qui répondait à la situation et correspondait aux besoins de l’époque. Cette façon de les considérer exclut également le point de vue dit « psychologique », qui — servant le plus efficacement le dessein de l’envie — s’arrange pour ramener toutes les actions au cœur, pour les placer sous un aspect si subjectif que leurs auteurs semblent avoir tout fait sous l’impulsion de quelque passion, basse ou élevée, de quelque désir morbide, et qu’à cause de ces passions et de ces désirs ils n’auraient pas été des hommes moraux.

Alexandre de Macédoine a en partie soumis la Grèce, puis l’Asie ; donc il était possédé par un désir morbide de conquête. On prétend qu’il a agi par soif de gloire, par soif de conquête ; et la preuve que ces motifs étaient les impulsions qui le poussaient est qu’il a accompli ce qui a abouti à la gloire. Quel pédagogue n’a pas démontré d’Alexandre le Grand — de Jules César — qu’ils étaient poussés par de telles passions, et qu’ils étaient par conséquent des hommes immoraux, d’où il suit immédiatement que lui, le pédagogue, est un homme meilleur qu’eux, parce qu’il n’a pas de telles passions ; preuve en est qu’il ne conquiert pas l’Asie, qu’il ne vainc pas Darius et Porus, mais que, tout en jouissant lui-même de la vie, il laisse les autres en jouir aussi.

Ces psychologues sont particulièrement friands de contempler ces particularités des grandes figures historiques qui leur appartiennent en tant que personnes privées. L’homme doit manger et boire ; il entretient des relations avec des amis et des connaissances ; il a des impulsions passagères et des accès de colère. « Personne n’est un héros pour son valet de chambre », dit un proverbe bien connu ; j’ai ajouté — et Goethe l’a répété dix ans plus tard — « mais ce n’est pas parce que le premier n’est pas un héros, mais parce que le second est un valet ». Il retire les bottes du héros, l’aide à se coucher, sait qu’il préfère le champagne, etc. Les personnages historiques servis dans la littérature historique par de tels valets psychologiques s’en tirent mal ; ils sont rabaissés par ces serviteurs à un niveau égal — ou plutôt à quelques degrés en dessous — de la moralité de ces fins connaisseurs de l’esprit.

Le Thersite d’Homère qui injurie les rois est une figure permanente de tous les temps. Les coups — c’est-à-dire les coups de bâton solide — il ne les reçoit pas à chaque époque comme dans celle d’Homère ; mais son envie, son égotisme, est l’épine qu’il doit porter dans sa chair ; et le ver qui ne meurt pas et qui le ronge est la considération torturante que ses excellentes vues et ses vitupérations restent absolument sans résultat dans le monde. Mais notre satisfaction devant le sort du thersitisme peut elle aussi avoir son côté sinistre.

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Le nom de Napoléon est cité de très nombreuses fois dans Sri Aurobindo et l'Avenir de la Révolution Française, mais voir en particulier les pages 30 à 34 qui lui sont consacré. 

Pour compléter notre sujet :

1. Napoléon dans les Lettres sur le Yoga

Je n'ai pas l'intention de m'engager dans une défense suprême de Rama – j'ai seulement abordé les points concernant Bali, etc., parce qu'ils sont habituellement utilisés, de nos jours, pour ravaler sa grande personnalité au niveau ordinaire. Mais du point de vue de sa qualité d'Avatar, je ne penserais pas plus à défendre sa perfection morale selon les normes modernes que je ne penserais à défendre Napoléon ou César contre les moralistes, les critiques démocrates ou les détracteurs afin de prouver qu'ils étaient des Vibhoûti.

Vibhoûti, Avatar sont des termes qui ont leur signification et leur portée, et qui n'ont rien à voir avec la moralité ou l'immoralité, la perfection ou l'imperfection selon les petites normes humaines, ni avec le fait de fournir un exemple aux hommes, de montrer de nouvelles attitudes morales ou de donner un nouvel enseignement spirituel. Ils peuvent ou non le faire, mais ce n'est pas du tout l'essentiel.

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Le trait de caractère de Rama que vous présentez comme appartenant à un homme peu développé, à savoir son action spontanée et décisive, conforme à la volonté et à l'idée qui lui vient, est caractéristique de l'homme cosmique et de beaucoup de Vibhoûti, hommes d'action du type vaste et léonin auquel appartiennent César et Napoléon.

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Un fort développement spirituel facilite la conservation, après la mort, du mental ou du vital développé. Mais il n'est pas absolument nécessaire que la personne ait été un Bhakta ou un Jnânî. On peut dire que quelqu'un comme Shelley ou comme Platon, par exemple, avait un être mental développé, centré autour du psychique ; on ne peut guère en dire autant du vital. Napoléon avait un vital puissant, mais non organisé autour de l'être psychique.

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La volonté ou l'effort personnel est l'une de ces forces. Napoléon, quand on lui demandait pourquoi il croyait au Destin alors qu'il était sans cesse en train de faire des plans et d'agir, répondait : "Parce qu'il est écrit que je dois agir et faire des plans" ; en d'autres termes, ses plans et son action faisaient partie du Destin, contribuaient au résultat que le Destin avait en vue.

Même si je prévois un résultat contraire, je dois œuvrer pour celui qui, à mon avis, doit être ; car cela maintient en vie la force, le principe de Vérité que je sers, et lui donne un possibilité de triompher par la suite, pour qu'il s'intègre au processus du Destin futur favorable, même si la destinée du moment est contraire.

Les hommes n'abandonnent pas une cause parce qu'ils l'ont vue échouer ou prévoient son échec ; spirituellement, ils ont raison dans leur persévérance obstinée.

De plus, nous ne vivons pas pour le résultat extérieur seulement ; l'objectif de la vie est bien plus la croissance de l'âme – non le succès extérieur du moment ou même du proche avenir. L'âme peut croître en dépit ou même au moyen d'une destinée matérielle contraire.

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Je ne pense pas qu'on puisse dire que Napoléon avait peu d'ego – il était excessivement égocentrique. Il s'était proclamé lui-même dictateur en Brumaire, et il aurait toujours dû agir en dictateur ; mais il ressentait le besoin d'un soutien, et il a commis l'erreur de le chercher dans la voie démocratique, voie pour laquelle il n'était pas du tout fait. Il avait les capacités d'un souverain, non d'un politicien ; en tant que politicien, il aurait complètement échoué. Ses hésitations étaient dues à ce défaut – si on peut l'appeler ainsi. Il n'aurait pas su comment s'y prendre avec des partis ou une assemblée parlementaire.

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Quant à Napoléon, César et Shakespeare, pas un seul n'était vertueux, mais c'étaient de grands hommes ; vous soutenez que seuls les hommes vertueux sont grands et que ceux qui ont des vices ne le sont pas, ce qui est absurde. Tous couraient après les femmes ; deux d'entre eux étaient des ambitieux sans scrupule ; Napoléon était très arrogant et très violent. Shakespeare braconnait. Napoléon mentait couramment, César était sans scrupule.

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Mais croyez-vous vraiment que des hommes comme Napoléon, César, Shakespeare, n'étaient pas de grands hommes et n'ont rien fait pour le monde ou pour le dessein cosmique ? que les défauts de leur caractère et leurs vices ont empêché Dieu de les utiliser à Ses fins ? Quelle idée absurde !

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Quelle absurdité ! La confiance en soi est innée ; elle ne repose pas sur la connaissance et l'expérience... Qui a dit cela ? Jamais je n'ai entendu dire que Napoléon ait échoué à Waterloo par manque de confiance en lui-même. D'après tout ce que j'ai lu, il a échoué parce qu'en raison de sa récente maladie, il n'avait plus la même rapidité et la même sûreté de décision, et ses ressources mentales n'étaient plus aussi déliées qu'auparavant. Je vous prie de ne pas récrire l'histoire, à moins de pouvoir étayer votre nouvelle version par des faits.

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Chaque activité est importante à sa place : un électron, une molécule, un grain de sable ont beau être minuscules, ils sont, à leur place, indispensables à la construction d'un monde ; ce monde ne peut être fait uniquement de montagnes, de couchers de soleil, de ruissellements d'aurores boréales, bien que ceux-ci y aient aussi leur place.

Tout dépend de la force qui est derrière ces choses et du dessein qui anime leur action, et celui-ci est connu de l'Esprit cosmique qui est à l'œuvre ; et j'ajouterais qu'il opère, non selon le mental ou les normes humaines, mais par une conscience plus grande qui, partant de l'électron, peut bâtir un monde et, utilisant un entrelacs de ganglions, peut en faire ici la base des œuvres du Mental et de l'Esprit dans la Matière, produire un Râmakrishna, un Napoléon ou un Shakespeare.

La vie d'un grand poète n'est-elle faite que d'événements sublimes et importants ? N'a-t-il pas dû venir à bout d'une multitude de petits riens avant de pouvoir produire un "Roi Lear" ou un "Hamlet" ?

Selon votre raisonnement, les gens n'auraient-ils pas raison de se moquer du tintouin que vous vous donnez – ce n'est pas moi qui emploierais cette expression – pour scander un vers et déterminer la valeur métrique d'une syllabe ? Pourquoi, diraient-ils, perd-il son temps avec ces menus détails prosaïques, alors qu'il pourrait le consacrer à produire un beau poème lyrique ou de la belle musique ? Mais le travailleur connaît la matière qu'il doit travailler et la respecte, il sait pourquoi il se préoccupe de "bagatelles" et de petits détails, et quelle est leur place dans la perfection de son labeur.

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La volonté est la volonté, qu'elle soit calme ou agitée, qu'elle s'exerce d'une manière yoguique ou non yoguique, dans un but yoguique ou non yoguique. Croyez-vous que Napoléon et César n'avaient pas de volonté, ou qu'ils étaient des yogis ? Vous avez des idées bizarres. Vous pourriez aussi bien dire que la mémoire n'est mémoire que quand elle se rappelle le Divin, et qu'elle n'est pas la mémoire quand elle se souvient d'autres choses.

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2. Napoléon dans Pensées et Aphorismes

28 — On a traité Napoléon de tyran et d’impérial coupeur de gorges ; mais j’ai vu Dieu en armes qui chevauchait l’Europe.

Toutes ces guerres sont-elles nécessaires à l’évolution terrestre ?

Réponse de Mère – 13 avril 1960

À un certain stade du développement humain, les guerres sont inévitables. Aux époques préhistoriques, toute la vie était une guerre ; et jusqu’à nos jours, l’histoire humaine est une longue histoire de guerres. Les guerres sont le résultat naturel d’un état de conscience dominé par la lutte pour la vie et par l’agressivité égoïste. Et à l’heure actuelle, rien encore, malgré certains efforts humains vers la paix, ne peut nous donner la certitude que la guerre n’est plus une calamité inévitable. En fait, ouvertement ou non, l’état de guerre n’existe-t-il point en ce moment même sur bien des points de la terre ?

D’ailleurs, tout ce qui se passe sur la terre conduit nécessairement à son progrès. Ainsi les guerres sont une école de courage, d’endurance, d’intrépidité ; elles peuvent servir à détruire un passé qui se refuse à disparaître alors que son temps est fini, pour qu’il fasse place aux choses nouvelles ; les guerres peuvent être, comme à Kurukshetra1, le moyen de purger la terre d’une race dominatrice ou destructrice afin que puissent régner la justice et le droit. Elles peuvent, par la présence du danger, secouer l’apathie des consciences trop tamasiques2 et réveiller les énergies endormies. Enfin elles peuvent, par contraste, et à cause des horreurs qui les accompagnent et les suivent, pousser les hommes à chercher un moyen efficace de rendre inutile cette forme violente et barbare de transformation.

Car tout ce qui est inutile à l’évolution terrestre cesse, automatiquement, d’exister.

1. Le champ de bataille légendaire de la Bhagavad-Gîtâ où s’affrontèrent les Kauravas et les Pândavas conduits par Shrî Krishna.

2. Dans la psychologie indienne, tamas désigne le principe d’inertie et d’obscurité.

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77 — Le génie découvre un système ; le talent moyen le stéréotype, jusqu’au jour où il est mis en pièces par un nouveau génie. Il est dangereux pour une armée d’être conduite par les vétérans, car, de l’autre côté, Dieu peut mettre Napoléon.

78 — Quand la connaissance est fraîche en nous, elle est invincible ; vieille, elle perd sa vertu. Parce que Dieu va toujours de l’avant.

Début de la réponse de Mère – 6 octobre 1962

Sri Aurobindo parle ici d’une connaissance par inspiration ou révélation, quand quelque chose descend subitement et illumine la compréhension. Tout d’un coup, on a l’impression de savoir une certaine chose pour la première fois, parce qu’elle vient directement du domaine de la Lumière, de la Connaissance vraie, et elle arrive avec toute sa puissance innée de vérité — ça vous illumine. Et quand on vient de la recevoir, en effet, il semble que rien ne puisse résister à cette Lumière-là. Et si l’on prend soin de la laisser agir en soi, elle fait autant de transformation qu’elle est capable d’en faire dans son propre domaine.

C’est une expérience qu’on peut avoir souvent. Quand cela arrive et pour un certain temps — pas très longtemps —, tout semble s’arranger tout naturellement autour de cette Lumière. Et puis, petit à petit, elle se mélange avec le reste ; la connaissance intellectuelle demeure — elle s’est formulée d’une façon ou d’une autre ; cela, ça reste —, mais c’est comme si c’était vide. Cela n’a plus cette puissance de propulsion qui transforme tous les mouvements de l’être à cette image. Et c’est cela que Sri Aurobindo veut dire   : le monde va vite, le Seigneur avance toujours, et tout cela, c’est une queue qu’Il laisse derrière Lui, mais qui n’a plus la même puissance immédiate et toute-puissante du moment où Il l’a projetée dans le monde.

On a l’impression que c’est comme une pluie de vérité qui tombe — tous ceux qui sont capables d’en attraper, ne serait-ce qu’une goutte, reçoivent une révélation ; mais à moins qu’ils n’avancent eux-mêmes avec une rapidité fantastique, le Seigneur avec Sa pluie de vérité commence à être très loin, et il faut courir beaucoup pour la rattraper ! C’est cela qu’il veut dire.

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