Quelques observations et questions
Éclipse et noir lumineux ?
En intériorisation il m'est récemment de voir quelque chose qui ressemblait à une éclipse, tout à fait comme l'image ci-dessous...
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... et à plusieurs autres moments, de voir-ressentir une sorte de noir lumineux. Cela m'interpelle un peu car il est plutôt habituellement question de la lumière, ou du blanc, ou à la rigueur de différentes couleurs, et moi, lorsque je vois quelque chose, c'est plutôt du noir, fut-il lumineux, et accompagné d'une sensation plutôt agréable – aucune sensation, par exemple, de ce que pourrait provoquer le contact avec ce que l'on appelle "les forces noires".
Cela doit signifier quelque chose. Le soleil dans l'obscurité des Védas ?
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Corps cercueil
Chaque soir lorsque je vais me coucher, je m'allonge dans mon lit les bras le long du corps et je rentre en mode relaxation, intériorisation, observation, aspiration... Mère parlait de faire le chiffon avant de s'endormir. Parfois, je m'endors et parfois... tout au contraire, cela me rafraîchit, me recharge en énergie et alors un travail s'enclenche.
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Dans le yoga, cette posture s'appelle savasana, ou posture du cadavre. Or, ce soir-là, il m'est venu une curieuse sensation accompagnée de deux mots : corps cercueil. Curieusement, cette impression que le corps était comme un cercueil n'étais pas accompagné de tristesse, de colère, de peur, il n'y avait pas d'impression sombre, douloureuse, dramatique, négative...
Il est toujours d'offrir sa vie, pour ses amis, pour les autres, pour la société, pour la patrie, pour le Divin...
Là, cela ressemblait presque à une invitation à entrer dans la mort, à offrir ma mort...
Alors je me suis rappelé que Satprem avait écrit quelque part avoir découvert qu'en réalité, c'était la Mort qui vit, et que cela avait été une révélation, une expérience très importante..
Quelques minutes après... j'avais déjà tout oublié ou presque... mais les jours passent, je n'ai pas noté le jour, mais cela fait environ sans doute deux semaines maintenant, et je continue d'y penser... comme si le temps agissait, non comme un dissolvant – tout passe avec le temps, tout s'efface –, mais au contraire comme un amplificateur.
Offrir notre mort... curieux programme ! Et pourtant...
Sur le plan psycho-spirituel, il est aisé de comprendre une notion comme "mourir à soi-même" se comprend très bien, mais sur le plan physique, cela se traduirait comment ?
Pour la compréhension habituelle, être dans la vie, se résume souvent à faire des tas de trucs... mais lorsque Mère parle d'une vie nouvelle, ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Pour que cette vie nouvelle s'établisse en nous, peut-être faut-il que ce qui en nous appartient à l'ancienne vie disparaisse...
Un autre aspect du processus s'est peut-être enclenché...
6 jours après la publication
Je tombe sur ce passage de L'Aventure de la conscience :
Et la Matière deviendra une expression divine ; la volonté supramentale pourra traduire toute la gamme de sa vie intérieure par des modifications correspondantes de sa propre substance, de même qu’aujourd’hui notre visage se modifie (si peu et si mal) sous la poussée de nos émotions : le corps sera de l’énergie concentrée qui obéit à la volonté. Au lieu d’être « une petite âme qui porte un cadavre* », suivant les paroles puissantes d’Épictète, nous serons une âme vivante dans un corps vivant.
* Cité par Sri Aurobindo.
Comme quoi, l'impression qui m'a traversé que le corps est un cercueil n'est pas sans fondement.
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Oublier pour se souvenir
Depuis quelques temps, je suis aussi traversé par l'impression que je pourrais dire des choses très contradictoires et qu'elles seraient aussi vraies.
Je suis toujours dans L'Aventure de la Conscience et il y a tant de choses si belles, si profondes, si puissantes... que je serais tenté d'en partager des passages entiers... mais à quoi bon, les sadhaks le connaissent déjà par cœur, et c'est à chacun de faire sa propre expérience, chacun est touché par tel ou tel passage, chacun est déjà fort occupé avec son propre chemin, ses propres lectures...
Pour situer le contexte, je me contenterai de partager quelques extraits qui semblent avoir enclenchés en moi quelques expériences...
Il faudrait toujours se souvenir que le vrai système de yoga consiste à attraper le fil de sa propre conscience, ce « fil brillant » dont parlaient les rishis (Rig-Véda, X.53), et de s’y accrocher et d’aller jusqu’au bout. (Chapitre 12, paragraphes sur L'ascension de la conscience)
(.../...)
Nous avons tous un but à atteindre, en cette vie et à travers toutes nos vies, quelque chose d’unique à exprimer, parce que chaque homme est unique — c’est notre vérité centrale, notre tension évolutive spéciale. Ce but n’apparaît que lentement, après bien des expériences et des éveils successifs lorsque nous commençons à être un homme intérieurement formé ; alors nous nous apercevons qu’une sorte de fil relie notre vie — et toutes nos vies si nous en avons pris conscience — dans une direction particulière, comme si tout nous précipitait toujours dans le même sens. Un sens de plus en plus précis et aigu à mesure que nous avançons. (Chapitre 14. Paragraphes sur Les limites de la psychanalyse)
Soit dit en passant, ce chapitre 14 est extraordinaire, je recommande vivement sa lecture...
Très touché par ce passage, j'ai concentré mon aspiration pour ressentir ce fil qui relie toutes nos vies... et c'est à ce moment que cette expression savoureuse est venue : il faut s'oublier pour se souvenir. Le sens est évident, oublier sa personnalité extérieure, superficielle, le corps, les émotions, les sensations, les pensées, pour se souvenir de son âme...
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Onde sonore
Quand nous entendons un coup de gong, le son est perçu comme en ligne droite, c'est la même note, et petit à petit le son devient de plus en plus fin.
Il y a quelques jours, dans une longue intériorisation, très profonde, à un moment donné, un coup de gong lumineux est tombé dans la tête, du côté de l'oreille gauche, et le son s'est propagé comme une onde sinusoïdale vers l'oreille gauche. Le son augmentait, diminuait, augmentait, diminuait...
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C'est la première fois que je ressens aussi clairement une onde sonore comme celle-ci me traverser le cerveau. Et cette onde devait être lumineuse car lorsqu'elle est arrivée dans la tête, malgré le fait que les yeux était fermés, il y a eu le réflexe de fermer fortement les yeux comme lorsque l'on est ébloui.
J'ignore le travail qu'à accomplit cette onde sonore dans mon cerveau. Tout ce que je peux dire c'est que, même s'il n'y a rien de spectaculaire, aucune expérience massive, décisive – j'en suis encore à mes micro expériences de quelques secondes – la connexion avec les plans supérieurs semble se développer.
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Le psychique, qu'est-ce que c'est ?
Nous pouvons retenir par cœur tout ce que Sri Aurobindo-Mère on dit du psychique, et ne pas savoir ce que c'est, ne pas en avoir l'expérience.
Quelle expérience en avons-nous ?
Pour ma part, la seule chose dont je pense avoir clairement eu l'expérience pendant quelques instants et que c'est quelque chose dans les profondeurs de la poitrine qui est de la même nature que la Mère divine. Ou de la même substance.
Cela semble être la seule expérience "directe" du psychique que j'ai eu consciemment, le reste se déroule à l'arrière plan et ressemble davantage à une influence indirecte.
La flamme psychique a-t-elle un rapport quelconque avec l’Agni du Véda ? Ils semblent avoir plus ou moins les mêmes qualités prépondérantes.
Oui, ce sont deux noms pour la même chose. Amour et bénédictions à mon cher enfant. Le 20 octobre 1938
(Quelques réponses de la Mère – Volume 1)
Quelque chose me laisse perplexe. Si nous lisons tout ce que Sri Aurobindo et Mère ont écrit sur le psychique, il me semble qu'il y a beaucoup de choses qui tournent autour de la douceur, de l'amour, de la dévotion, de la joie... et quelques-unes sur le fait qu'il possède un discernement naturel et spontané de la vérité divine et de la vérité des êtres et des choses. Nous trouvons aussi des passages qui expliquent que parfois le psychique n'est pas pas assez fort pour s'imposer au mental ou au vital, pas assez développé.
Par contre, si nous lisons ce qui concerne Agni... c'est très puissant, c'est la Volonté divine dans l'homme, c'est l'Immortel dans les mortels, décrit parfois comme un guerrier et les hymnes védiques au feu mystique ne donnent absolument pas l'impression de quelque chose qui pourrait ne pas être assez fort... au contraire, il y a même des paroles qui laissent entendre que si Agni se manifestait dans toute sa puissance, nous aurions du mal à le supporter.
Et pourtant, Mère laisse entendre que la flamme psychique et la flamme d'Agni sont la même chose. Je n'arrive pas à le croire... cela ne doit pas être tout à fait la même chose. Il doit y avoir des nuances. Je ne sais pas.
Quand nous aurons l'expérience du psychique et l'expérience d'Agni, nous saurons ce que c'est, c'est la seule vraie connaissance, le reste c'est de l'érudition...
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Décanter
Au début de mes intériorisations, je me suis aperçu qu'il y avait un mot important, efficace pour enclencher le travail intérieur : décanter. Alors, quand tout se pose, se décante, la conscience se clarifie, et dans cette clarté, toutes sortes de choses se passent. Nous en sommes toujours au ba à ba mais ce ba à ba là est source d'un grand progrès
Le progrès, en définitive, ne consiste pas tant à s’élever qu’à décanter tout ce qui encombre — quand on est clair, tout est là. Et le chercheur découvre ses multiples encombrements. On a souvent l’impression, sur la voie du yoga intégral, de s’être mis en route pour le meilleur et de découvrir le pire, d’avoir cherché la paix et la lumière, et de découvrir la guerre. En fait, c’est une bataille, il ne faut pas se le cacher. (Chapitre 14, paragraphes sur Les limites de la psychanalyse)
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L'Adversaire
L’Adversaire ne disparaîtra, dit la Mère (dans Entretien de Mère du 7 décembre 1955), que lorsqu’il ne sera plus nécessaire dans le monde. Et nous savons très bien qu’il est nécessaire, comme la pierre de touche pour l’or, pour voir si l’on est vrai. (Chapitre 6, paragraphes sur Les forces adverses)
Et un peu plus loin, des deux passages du chapitre 14 dans les paragraphes sur La moitié obscure de la vérité :
Plus le but devient clair, plus l’ombre devient forte. Alors nous avons fait la connaissance de l’Adversaire :
L’adversaire caché dans la poitrine humaine
L’homme doit le vaincre ou perdre son haut destin
C’est la guerre intérieure sans merci.
(Savitri)
(.../...)
Si une seule chose en ce monde était totalement fausse, le monde entier serait totalement faux. Par conséquent, si le chercheur part avec cette hypothèse de travail, hypothèse positive, et qu’il monte de degré en degré en acceptant chaque fois de parcourir le degré correspondant d’en bas, sans rien retrancher, pour y délivrer la même lumière15 qui est cachée sous chaque masque, en chaque élément, même dans la boue la plus obscure, même dans l’erreur la plus grotesque, le mal le plus sordide, il verra peu à peu tout s’éclaircir sous ses yeux, pas en théorie mais tangiblement, et il découvrira non seulement des sommets, mais des abîmes de vérité16.
Il verra que son Adversaire était le collaborateur le plus diligent et le plus attentif à la solidité parfaite de sa réalisation, d’abord parce que chaque bataille augmentait sa force, ensuite parce que chaque chute l’obligeait à délivrer la vérité d’en bas au lieu de s’enfuir tout seul sur des sommets vacants — et que sa pesanteur était la pesanteur même de notre Mère la terre qui, elle aussi, veut sa part de lumière. Les Princes de la Nuit sont déjà sauvés ! ils sont à l’Œuvre, ils sont les exacteurs scrupuleux d’une Vérité qui contient tout, au lieu d’une Vérité qui exclut tout :
Non seulement il y a de l’espoir pour les dieux purs
Mais pour les divinités violentes et obscurcies
Qui quittèrent les bras de l’Un en rage de découvrir
Ce que les dieux blancs n’avaient pas vu — eux aussi sont saufs
(Savitri)
15. La Synthèse des yogas
16. Le Cycle humain
Où est-ce que je veux en venir ?
D'abord parce que cet extraordinaire chapitre pose l'éternelle question du mal – question que nous n'avons toujours pas résolue – sur le plan collectif, nous sommes mêmes en plein dedans. C'est un sujet très poignant, mais au cœur de cette douleur, nous trouvons aussi le plus sublime.
Et puis, sur le plan collectif – nous pouvons faire un sondage – l'Adversaire pour les gens, cela sera Macron, Gates, Soros, Black Rock, les Rotchild... pour les "complotistes" et pour les autres, ce sera Trump, Poutine... Ou bien, sur le plan personnel, intérieur, l'Adversaire se trouve dans le bas ventre, les bas instincts, les pulsions... mais qu'il se trouve comme le dit Sri Aurobindo caché dans la poitrine humaine... est quelque chose qui m'interpelle beaucoup.
Comme si, avant d'accéder au Divin caché dans notre cœur, il y avait cet Adversaire qui nous empêche d'accéder au Divin.
L'enjeu est de taille puisque Sri Aurobindo ajoute :
L’homme doit le vaincre ou perdre son haut destin
C’est la guerre intérieure sans merci.
Je ne me suis jamais beaucoup intéressé aux forces adverses et je me suis même souvent dit : elles ont beau dos les forces adverses. Et puis, je me suis dit que la présence de cet Adversaire dans la poitrine pouvait peut-être expliquer bien des choses, et qu'il faudra bien, un jour où l'autre, le prendre en compte, et lui régler son compte.
Et pendant quelques jours j'étais avec plus ou moins avec cette idée dans mes concentrations... sans grand succès ni rien de très significatif, avant qu'une fois de plus, l'idée opposée se présente, que je n'avais pas à m'en occuper.
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C'est le Divin qui agit, qui nous purifie
Souviens-toi, n’aie jamais peur, n’hésite jamais. Souviens-toi, c’est Moi qui fais, pas toi ni personne d’autre. Quels que soient les nuages qui viendront, quels que soient les dangers et les souffrances, les difficultés, quelles que soient les impossibilités, il n’y a rien d’impossible, rien n’est difficile. C’est Moi qui fais. (Sri Aurobindo cité par Satprem à la fin du chapitre 12)
(Hélas, il y a un couac dans la numérotation des citations. Celle-ci est numéroté 43, aussi bien dans le PDF que dans la version papier, or, dans l'index des citations, le chapitre 12 se termine avec le numéro 41. Je remarque souvent ce genre de bug 😊)
Ainsi, nous en revenons à ces principes du karma yoga : offrir nos actions et le fruit de nos actions au Divin et puis ensuite, perdre l'illusion que nous sommes l'auteur de nos actes.
Le Yoga et ses objets que j'ai publié la semaine dernière m'a lui aussi laissé une vive impression. Je vais d'ailleurs le relire à nouveau pour l'intégrer un peu plus. Entre autre, il y a ce passage merveilleux :
« Abandonne tous les dharmas (toute loi, toute règle, tout moyen et tout code de quelque nature qu’ils soient, qu’ils soient formés par l’habitude et la croyance antérieures ou imposés de l’extérieur) et prends refuge en Moi seul ; Je te délivrerai de tout péché et de tout mal – ne t’afflige pas. » « Je te délivrerai »
– tu n’as pas à te tourmenter ni à lutter toi-même comme si la responsabilité était la tienne ou comme si le résultat dépendait de tes efforts ; un plus puissant que toi s’occupe de l’affaire. Ni la maladie, ni le malheur, ni la montée du péché et de l’impureté en toi ne devraient causer la moindre alarme.
Tiens-toi seulement fermement à Lui. « Je te délivrerai de tout péché et de tout mal. » Mais la délivrance ne vient pas par un miracle soudain, elle vient par un processus de purification et ces choses font partie du processus. Elles sont comme la poussière qui s’élève en nuages quand une pièce longtemps non nettoyée est enfin balayée. Bien que la poussière semble vous étouffer, persévérez néanmoins, mā śucaḥ.
C'est magnifique, c'est sublime, depuis 20 ans, j'avais lu et relu ces paroles... mais sans réussir vraiment à les mettre en pratique. Faute de méthode sans doute : nous allons trop vite, nous ne prenons pas assez le temps de méditer, d'assimiler, d'intégrer...
Je me suis aperçu de quelque chose. En intériorisation, même lorsque j'étais dans une tranquillité assez profonde, il y avait souvent encore quelque chose qui essayait...
Nous faisons des efforts, nous essayons de nous concentrer, d'aspirer, de faire descendre la paix, d'acquérir le silence, ou telle ou telle chose, et quand une expérience arrive, de ne pas la déranger ou de la conserver...
Ces efforts ne sont sans doute pas tout à fait faux, ils dénotent une bonne intention, une bonne volonté... mais ils cachent aussi une peur de laisser intervenir un autre pouvoir, un pouvoir supérieur. Cette peur vient peut-être du fait que lorsque une Force travaille à l'intérieur, très souvent, si ce n'est systématiquement, il y a des réactions de crispations ici et là dans le corps, très fréquentes. Les gens parlent de la descente de la paix, tout ça, tout ça, et moi je sens au contraire des crispations qui se lèvent encore et encore et encore...
Dans cette fameuse longue intériorisation où j'ai perçu cette onde sonore sinusoïdale, à un autre moment, j'ai compris que ces réactions de crispations étaient des résistances. Et il est venu cette invitation : il est inutile de résister. Et derrière les mots, il y avait l'invitation à se détendre, se laisser aller, et la capacité de le faire.
Voilà donc un autre paradoxe. Dans la société, la vie extérieure, beaucoup parlent de l'impérieuse nécessité de résister – il y a sûrement une vérité là-dedans, mais je n'en suis pas si sûr – et voilà qu'à l'intérieur, je reçois le conseil de ne pas résister.
Le fait de faire des efforts, d'essayer, est peut-être aussi tout simplement une mauvaise habitude, l'habitude de tout faire tout seul... et ça c'est évidemment une profonde ignorance.
Mais je ne m'étais pas aperçu que, même dans un état intérieurement aussi passif, tranquille, immobile, silencieux que possible, il y avait encore quelque chose qui essayait... je ne sais pas, de diriger, de contrôler, de surveiller. Alors j'ai lâché prise et dans ce lâcher prise, quelque chose pouvait enfin se dérouler...
C'est curieux comme cela prend du temps d'accepter de se laisser faire. Ce yoga nous invite à nous purifier... quel labeur fastidieux, dégoûtant parfois, si souvent décourageant. Et cet extraordinaire passage nous rappelle que nous n'avons pas à nous tourmenter par nos impuretés et que finalement, le Divin s'en occupe. Alors une émotion très poignante est venue – n'est-ce pas cela que nous voulons au fond ? : que le Divin s'occupe de nous ? Mazette ! Et de quelle façon ! Avec quelle délicatesse, et quelle maîtrise...
J'avais lu ces choses 10 fois, 20 fois, sans qu'apparemment cela enclenche quelque chose de très significatif, et puis à la 21e on comprend comment le mettre en pratique, et cela devient vibrant.
La méthode de l'abandon de soi au Divin décrite dans Le Yoga et de ses objets est tout à fait saisissante, très puissante pour enclencher quelque chose...
Paisible intensité
Dans une autre intériorisation, je me suis retrouvé face à un autre paradoxe.
D'un côté, je me suis aperçu que lorsqu'il y avait trop d'intensité dans l'aspiration, dans la volonté, cela amenait une tension, une agitation qui bloquait tout travail intérieur. Sans doute ne s'agissait-il pas de la vraie aspiration de l'âme, du psychique, mais d'une aspiration vitale ou mentale.
Je me suis rappelé cette prière et méditation du 5 décembre 1912 :
Dans la Paix et le Silence, l’Éternel se manifeste ; ne permets à aucune chose de te troubler et l’Éternel se manifestera ; sois parfaitement égal en face de tout et l’Éternel sera là …
Oui, il ne faut pas mettre trop d’intensité ni trop d’efforts à Te chercher ; cette intensité et ces efforts sont un voile devant Toi ; il ne faut pas désirer Te voir, c’est encore de l’agitation mentale qui obscurcit Ton Éternelle Présence. C’est dans la Paix, la Sérénité, l’Égalité la plus complète que tout est Toi comme Tu es tout, et la moindre vibration dans cette atmosphère parfaitement pure et calme est un obstacle à Ta manifestation. Pas de hâte, pas d’inquiétude, pas de tension ; Toi, rien que Toi, sans analyse ni objectivation, et Tu es là sans aucun doute possible, car tout devient Paix Sainte et Silence Sacré.
Et cela est mieux que toutes les méditations du monde.
Et d'un autre côté, Sraddhalu a récemment expliqué que le deuxième chatustaya, la tétrade de la force, avec la shakti, permettait d'intensifier l'état d'égalité et de paix du premier chatustaya.
Nous avons absolument besoin de FORCE... sans quoi, la volonté ne cesse de vaciller, rien n'est solide, aucune qualité ne peut se fixer... alors il est possible de dire qu'une trop grande intensité est un problème mais que s'il n'y a pas d'intensité, c'est aussi un problème.
Les spiritualistes rejettent le pouvoir comme une arme indigne du chercheur de vérité ; ce n’est pas le sentiment de Sri Aurobindo, au contraire, le concept de Pouvoir – Shakti – est une clef de son yoga, parce que sans pouvoir on ne peut rien transformer. Je chéris Dieu le Feu, non Dieu le Rêve ! s’écrie Savitri.
Un feu pour faire descendre l’éternité dans le Temps
Et rendre la joie du corps aussi vivante que celle de l’âme
(Chapitre 15, paragraphes sur Le pouvoir supramental)
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Derniers quatuors de Beethoven
Pour une fois, je nous propose de finir en musique.
Je n'ai pas l'oreille musicale et le chant, la musique ne m'ont jamais beaucoup intéressé... alors justement, dans L'Aventure de la conscience, j'ai relevé que Satprem parlait de la joie des derniers quatuors de Beethoven. Et ce passage quelques pages plus loin :
Plus on s’élève, plus les vibrations s’harmonisent, s’unissent, s’effilent si l’on peut dire, telles certaines grandes notes des quatuors à cordes de Beethoven, qui semblent nous tirer vertigineusement, à bout de souffle, sur des hauteurs éblouissantes de lumière pure.
Totalement ignorant du sujet, j'ai donc posé la question à Grok sur ces derniers quatuors. Voici sa réponse :
Les derniers quatuors à cordes de Beethoven, souvent appelés les « late quartets » ou « derniers quatuors », désignent les œuvres composées entre 1824 et 1826, dans les dernières années de sa vie. Ce sont des œuvres d'une profondeur et d'une complexité spirituelle extraordinaires, qui correspondent parfaitement à la description de Satprem dans L'Aventure de la conscience : des vibrations qui s'élèvent, s'harmonisent, s'effilent vers des hauteurs de lumière pure.
Voici la liste précise des cinq quatuors (plus la Grande Fugue) considérés comme les « derniers » :
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Quatuor n° 12 en mi bémol majeur, op. 127 (composé en 1824-1825)
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Quatuor n° 13 en si bémol majeur, op. 130 (1825-1826) — avec son finale original, la Grande Fugue (op. 133), souvent jouée séparément aujourd'hui
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Quatuor n° 14 en ut dièse mineur, op. 131 (1826) — Beethoven le considérait comme l'un de ses préférés ; il commence par une fugue lente et mystique
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Quatuor n° 15 en la mineur, op. 132 (1825) — célèbre pour son mouvement central « Chant de remerciement à la divinité d'un convalescent » (Heiliger Dankgesang)
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Quatuor n° 16 en fa majeur, op. 135 (1826) — le tout dernier achevé, avec son énigmatique finale « Muss es sein? Es muss sein! » (Faut-il ? Il le faut !)
La Grande Fugue op. 133 (en si bémol majeur) est parfois comptée à part, car elle était initialement le finale du quatuor op. 130, mais Beethoven en composa un autre plus accessible sur les conseils de son éditeur et de ses amis.
Ces six opus (127, 130, 131, 132, 133 et 135) forment le sommet de la musique de chambre beethovénienne et sont souvent cités pour leur caractère transcendant, presque « spirituel » — ce qui explique pourquoi ils ont marqué Satprem et Sri Aurobindo dans leur exploration des niveaux de conscience supérieurs.
Quant aux diverses interprétations, Grok a ajouté ceci :
Quand on parle des derniers quatuors à cordes de Beethoven (op. 127, 130/133, 131, 132, 135), il existe des dizaines d'enregistrements excellents, mais certains se sont imposés au fil des décennies comme des références historiques (on les appelle souvent « mythiques » parce qu'ils ont marqué les mélomanes et les critiques par leur profondeur, leur intensité spirituelle et leur qualité d'interprétation). Voici les plus cités parmi eux :
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Quatuor Alban Berg (années 1980, label EMI/Warner)
C'est l'une des versions les plus admirées pour les quatuors tardifs. Leur jeu est d'une précision chirurgicale, avec un son très pur, brillant et une intensité dramatique qui colle parfaitement à l'idée de « vibrations qui s'effilent vers des hauteurs éblouissantes » (comme chez Satprem). Beaucoup considèrent leur interprétation de l'op. 131 ou de l'op. 132 comme inégalée. C'est une version « classique moderne » qui reste une référence incontournable depuis 40 ans. -
Quatuor Takács (années 2000, label Decca)
Plus récente que les Alban Berg, cette formation hongro-britannique est souvent décrite comme ayant un son riche, chaleureux, avec une expressivité très humaine et une exploration des couleurs instrumentales unique. Leur cycle des quatuors tardifs est fréquemment cité comme l'un des plus émouvants et équilibrés des 20-25 dernières années. Ils capturent à merveille le côté contemplatif et presque mystique de ces œuvres.
Et quand je dis « ou plus récentes », je pense à des enregistrements des 10-15 dernières années (ou même tout récents en 2025-2026) qui continuent à renouveler l'approche, par exemple :
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Le Quatuor Ébène (très expressif, moderne, avec une énergie vive)
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Le Quatuor Dover (leur volume 3 sur les quatuors tardifs est très acclamé pour sa clarté et sa maturité)
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Ou même des versions plus récentes comme celle du Narratio Quartet (sortie récente, très appréciée pour sa fidélité et son équilibre expressif)
Ces quatuors (Alban Berg, Takács, etc.) sont des ensembles professionnels de renommée mondiale, et leurs enregistrements des derniers Beethoven sont considérés comme des jalons dans la discographie. Ils sont souvent recommandés en premier quand quelqu'un veut découvrir ces œuvres profondes.
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Beethoven: Late Quartets - Alban Berg
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