Renaissance et autres mondes ; karma, âme et immortalité
La Mère a insisté sur l'importance des six derniers chapitres de La vie divine, publiés à part sous les titre de L'Évolution spirituelle. Sraddhalu consacre les huit premières vidéo de sa playlist par une analyse minutieuse du chapitre précédent intitulé La renaissance et les autres mondes, le karma, l'âme et l'immortalité.
Chapitre de la plus haute importance car Sri Aurobindo nous explique, entre autre, comment vivre le processus de la renaissance, sans perdre la continuité de notre conscience — ce qui est d'une importance décisive pour le processus évolutif. Pour cela, le moyen principal est d'unifier-intégrer notre mental et notre vital au psychique.
Sraddhalu parle à cet égard d'un double mouvement. Le premier va de la surface vers la profondeur et consiste à offrir, présenter, interpréter... tous nos mouvements à la lumière du psychique ; et le second va de la profondeur vers la surface, consiste à aspirer, demander, appeler que le psychique répande sa Présence, son énergie, sa force, sa lumière... dans tous nos mouvements.
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Vidéos 1 à 8
Version traduite par Cristof Alward-Pitoëff
Dans cette 8e vidéo Sraddhalu partage aussi des informations étonnantes sur la plasticité mais voyons les deux passages des Entretiens qu'il cite :
Entretien du 10 mars 1951 :
Au moment de la mort, l’être psychique va se reposer, n’est-ce pas, mais le vital est arrêté dans le monde vital ; cela empêche-t-il le psychique d’aller se reposer ?
Mais le vital ne va pas se reposer, l’être mental ne se repose pas. Généralement, ils se dissolvent. C’est seulement si l’on a suivi toute sa vie un yoga, si l’on a pris le plus grand soin d’individualiser, de centraliser le vital et le mental autour de l’être psychique, qu’ils restent — cela arrive une fois sur dix millions, c’est très exceptionnel.
Prenons le cas d’un philosophe ou d’un écrivain qui a travaillé considérablement dans son cerveau, qui a essayé de l’organiser ; cela persiste, mais comme une capacité de penser, pas autre chose. Il y a de ces capacités de penser qui persistent après la mort et qui essayent, naturellement, de trouver un autre cerveau physique pour se manifester. C’est comme cela que le mental d’un grand penseur peut s’identifier à un autre mental et être capable de l’exprimer.
Du point du vue vital, prenons le cas d’un grand musicien qui a travaillé toute sa vie à faire de son être extérieur un bon instrument pour la musique ; il a organisé cette puissance vitale dans son corps pour exécuter de la musique ; alors ses mains, par exemple, sont tellement individualisées dans leur capacité d’exécution, qu’elles peuvent persister subtilement après la mort, avec leur forme, une forme analogue à l’ancienne forme physique. Elles flottent dans le monde vital et sont attirées par les gens qui ont des capacités analogues ; elles essayent de s’identifier à eux. Si quelqu’un est assez sensible, assez réceptif, il peut s’identifier à ces mains et exécuter des choses merveilleuses, profiter de toute l’individualisation de la vie passée de ces mains.
Le même phénomène se produit-il dans le cas de savants quand les résultats de leurs travaux se réalisent quelque temps après leur mort ?
Oui, dans le cas de Pierre et de Marie Curie, par exemple, il est certain que la puissance de travail de Pierre Curie est entrée dans sa femme à sa mort.
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Entretien du 12 mai 1929 :
Peut-on rencontrer les êtres du vital dans leur propre domaine ?
Les êtres du vital évoluent dans un monde supraphysique où les hommes, s’ils y entrent par hasard, se sentent perdus, impuissants, sans défense. L’être humain est chez lui, en sécurité, dans son corps matériel ; le corps est sa protection. Il y a des gens qui sont pleins de dédain pour leur corps et qui pensent que tout deviendra bien meilleur et plus facile après la mort, sans lui. Mais en fait, le corps est leur abri, leur forteresse ; tant qu’ils y sont logés, les forces du monde vital trouvent difficile d’avoir une prise directe sur eux.
Savez-vous ce que sont les cauchemars ? Ce sont vos sorties dans le monde vital. Et quelle est la première chose que vous essayez de faire quand vous êtes en proie à un cauchemar ? Vous revenez en grande hâte vers votre corps et vous vous secouez jusqu’à ce que vous ayez repris votre conscience physique normale. Tandis que dans le monde des forces vitales, vous êtes un étranger ; c’est une mer inconnue sur laquelle vous n’avez ni boussole ni gouvernail. Vous ne savez pas comment avancer ni où vous devez aller ; et à chaque pas, vous faites tout juste le contraire de ce qui devrait être fait.
Dès que vous entrez dans une région du monde vital, ses habitants se pressent autour de vous pour vous soustraire tout ce que vous avez, se saisir de ce qu’ils peuvent, comme d’une proie, pour s’en nourrir. Si vous n’avez pas une forte et puissante lumière qui puisse rayonner du dedans de votre être, vous vous trouvez là, sans votre corps, comme si vous n’aviez pas de manteau pour vous protéger contre le froid, ou de maison pour vous abriter, ou même de peau pour couvrir vos nerfs mis à nu et exposés à tous les contacts.
Il y a des hommes qui osent dire : « Comme je suis malheureux dans ce corps ! » et qui pensent à la mort comme à une délivrance. Mais après la mort vous avez le même entourage vital et vous courez les mêmes dangers provenant des mêmes forces qui sont causes de vos misères durant cette vie. La dissolution du corps vous projette dans les étendues du monde vital ; et vous n’y avez plus rien pour vous défendre, plus de corps physique dans lequel vous puissiez trouver refuge.
C’est ici, sur terre, dans le corps lui-même, que vous devez acquérir une complète connaissance et apprendre à faire usage d’un plein pouvoir. C’est seulement après avoir acquis cette connaissance et ce pouvoir, que vous pouvez librement vous mouvoir dans tous les mondes, en toute sécurité.
C’est seulement quand il vous est impossible de ressentir la moindre peur, quand vous restez impassible, même, par exemple, au milieu du pire cauchemar, que vous pouvez affirmer : « Maintenant je suis prêt à entrer dans le monde vital. »
Mais ceci veut dire l’acquisition d’un pouvoir et d’une connaissance qui ne viennent que lorsque l’on est parfaitement maître des impulsions et des désirs de la nature vitale. Vous devez être absolument libéré de tout ce qui peut attirer les êtres d’obscurité et leur permettre de vous gouverner. Si vous n’êtes pas libre, prenez garde !
Pas d’attachements, pas de désirs, pas d’impulsions, pas de préférences ; une égalité d’âme parfaite, une paix invariable, une foi absolue en la protection Divine ; avec cela, vous êtes en sûreté, mais sans cela vous êtes en péril.
Et tant que votre sécurité n’est pas certaine, il vaut mieux faire comme les petits poussins et trouver un abri sous les ailes maternelles.
Comment le corps physique peut-il servir de protection ?
Le corps agit comme une protection par sa lourdeur : la chose même dont nous lui faisons un reproche. Il est inerte et insensible, épais, rigide et dur ; il est semblable à une forteresse avec ses murs compacts et forts. Le monde vital, au contraire, est fluidique ; là, toutes choses se meuvent, se mélangent et s’interpénètrent librement ; ce sont comme les vagues de la mer qui coulent, sans cesse, l’une dans l’autre, changent et se mêlent. On est sans défense contre cette fluidité du monde vital, à moins qu’on ne puisse lui opposer du dedans une force et une lumière très puissantes ; sans cela, elle vous pénètre et il n’y a rien qui puisse contrecarrer son influence envahissante. Mais le corps intervient ; il isole du monde vital et agit comme une digue enrayant le flot débordant de ces forces.
Comment peut-il y avoir une individualité dans les formes du monde vital, si elles sont si fluides ?
L’individualité est là, seulement les formes ne sont pas si fixes et dures que celles des êtres incarnés. L’individualité ne signifie pas une rigidité dépourvue de toute plasticité. Une pierre a une forme très rigide, peut-être la plus rigide que nous connaissions, et pourtant elle possède bien peu d’individualité. Prenez dix ou vingt pierres ensemble, et il vous faudra être très soigneux si vous voulez les distinguer l’une de l’autre.
Mais les êtres du monde vital peuvent être reconnus et différenciés au premier coup d’œil ; on les distingue par quelque chose dans la structure de leur forme, par l’atmosphère que chacun apporte avec lui, par la manière dont chacun se meut, parle et agit.
De même que l’expression des êtres humains change suivant qu’ils sont heureux ou mécontents, de même chez ces êtres, les changements d’humeur altèrent les apparences ; mais les altérations sont plus considérables dans le monde vital ; là, ce n’est pas l’expression seule, mais la forme elle-même des traits qui change.