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Agenda du 11 juin 1960

Il faudrait une nouvelle langue… Il nous faut de nouveaux organes d’expression. Ça viendra.

🌸

Agenda du 8 octobre 1960

Quand je lis cette Synthèse des Yoga, il y a des moments où je sens si bien qu’il a mis ce mot-là, à cette place-là, et que ça ne pouvait pas être ailleurs – c’est cela qui fait la difficulté de la traduction.

Parce que la place qui est nécessaire dans l’anglais n’est pas la même que dans le français. La place de l’adverbe, par exemple, en anglais, est d’une importance capitale pour la précision du sens. En français aussi, mais généralement ce n’est pas la même ! Si encore c’était exactement le contraire de l’anglais, ce serait bien facile, mais ce n’est pas exactement le contraire. C’est comme l’ordre des mots quand il y a une série de qualificatifs ou une énumération: en anglais, généralement, le mot le plus important vient en premier et on finit par le moins important. En français, c’est généralement le contraire – mais ça ne marche pas toujours!

Le génie de la langue n’est pas le même. Il y a toujours quelque chose qui échappe. Et c’est certainement pour cela que les révélations (ce que Sri Aurobindo appelle «des révélations») me viennent tantôt dans une langue, tantôt dans une autre. Et cela ne dépend pas de l’état de conscience dans lequel on se trouve: cela dépend de ce qui doit être dit.

Et probablement si nous avions une langue plus parfaite, les révélations seraient plus exactes. Notre langue est pauvre.

Le sanskrit était mieux. Le sanskrit est une langue beaucoup plus complète et beaucoup plus subtile. Alors c’était probablement beaucoup mieux. Mais ces langues modernes sont tellement artificielles (je veux dire superficielles, intellectuelles) : ça coupe en petits morceaux et ça enlève la lumière qui est derrière.

J’ai lu aussi On the Veda [1] et Sri Aurobindo y parle de la différence entre l’esprit moderne et l’esprit ancien, et c’est très clair au point de vue linguistique justement. Certainement, le sanskrit était beaucoup plus fluide et un meilleur instrument pour une lumière plus... globale, une lumière plus compréhensive, qui contient plus de choses en soi.

Là, dans ces langues modernes, c’est comme si ça passait à travers un tamis et tout se divise en petits morceaux; alors il faut faire le travail de remettre les choses ensemble. Et on en perd toujours.

Mais je doute même que l’esprit moderne, construit comme il l’est maintenant, puisse savoir le sanskrit de cette façon-là. Je crois qu’ils découpent le sanskrit aussi, par habitude!

Il faut une nouvelle langue. Faire une nouvelle langue. Pas un espéranto quelconque ! – des sons qui jaillissent de là-haut. Il faut capter le son. Il doit y avoir un son qui est à l’origine des langues... Et alors pouvoir le saisir et le projeter. Faire vibrer : n’est-ce pas, ça ne vibre pas de la même façon là-haut et ici. Ce serait un travail intéressant. Que les mots aient du pouvoir – du pouvoir expressif. Oui, qu’ils portent le sens en eux-mêmes!

[1] Le Secret du Véda.

🌸

Agenda du 27 janvier 1961

Hier, j’ai vu R. Il me posait des questions sur son travail et surtout à propos de la connaissance des langues (tu sais que c’est un érudit et qu’il connaît très bien les vieilles traditions). Et alors, cela m’a mise en rapport avec tout ce monde et j’ai commencé à lui parler un peu de ce que je t’ai dit ici, de mon expérience du Véda. Et tout d’un coup, de la même façon que je t’ai dite, quand je me suis mise en rapport avec ce monde, c’est comme si tout un domaine s’ouvrait, tout un champ de connaissance au point de vue des langues, du Verbe, de la Vibration essentielle : celle qui pourrait reproduire la conscience supramentale. Tout cela est venu, mais clair-clair-clair, lumineux, indiscutable – malheureusement il n’y avait pas de micro !

Il s’agissait du Verbe, du premier son. Sri Aurobindo en parle dans Savitri : le Verbe essentiel, et comment il pourra s’exprimer, comment il va amener la possibilité d’une expression supramentale qui remplacera les langages...

J’avais commencé par lui parler des différentes langues, de leurs limitations, de leurs possibilités, et je l’avais mis en garde contre les déformations que l’on donne aux langues avec l’idée que cela les rendra plus souples pour exprimer quelque chose d’autre. Je lui ai dit que tout cela était tout à fait ridicule, que cela ne correspondait pas du tout à la vérité. Et puis, petit à petit, je suis montée à l’Origine.

Alors là aussi, hier, j’ai eu cette même expérience : tout un monde de connaissance et de conscience, et de certitude, n’est-ce pas – il n’y a aucune, aucune possibilité de contradiction, de discussion, d’opposition: ça n’existe pas, ça n’existe pas. Et le mental absolument silencieux, immobile. Et dans ce cas-là, il écoutait avec un plaisir évident parce que c’étaient des choses qui n’étaient jamais venues dans ma conscience avant ; je ne m’en étais pas occupée de cette façon-là. C’était tout à fait nouveau – pas tout à fait nouveau en principe, mais tout à fait nouveau en activité.

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Agenda du 17 septembre 1961

(Peu après, à propos du livre sur Sri Aurobindo)

... Tout ce qu’on peut écrire est tellement plat, tellement plat en comparaison de ce que l’on perçoit !

Oui, en comparaison du contact de Sri Aurobindo (si tu veux, la vibration qui vient de lui), ça paraît toujours maigre, toujours plat. Même les expériences les plus... enfin, les expériences spirituelles qu’on nous a décrites et que d’autres ont eues, même les expériences qui sont plus fortes, plus puissantes, plus claires, plus complètes que celles-là, quand on prend le contact de Sri Aurobindo, oh ! ça paraît si mince, si mince !

Non, et puis le moyen d’expression écrit... C’est une galère, écrire, tu sais. Ce n’est pas plaisant. Ce n’est pas comme faire de la musique ou de la peinture.

Oui-oui-oui !

Oh ! je t’assure...

C’est dur.

C’est dur. Si j’avais pu, j’aurais voulu être musicien. Si j’avais pu être musicien, ma vie aurait été complètement changée. J’ai l’impression qu’il m’a manqué toujours quelque chose pour ouvrir...

Non. Peut-être...

Je ne sais pas, lui, disait (il en a parlé à la fin des Védas, le chapitre sur l’origine des langues), il a l’air de dire que si on remonte à l’origine des vibrations, c’était mieux. Au fond, c’est à mesure que la langue s’intellectualise que cela devient de plus en plus dur et sec.

Peut-être que quand on avait seulement des sons (des A et des O : les O surtout sont très flexibles, toute la gamme des O), peut-être qu’avec cela, c’était... c’était plus souple.

Maintenant je sens cela très souvent. Comment dire ?... j’essaye toujours de ne pas parler – ça m’ennuie de parler. Oui, c’est ennuyeux. Quand je vois quelqu’un, la première chose que je fais c’est d’essayer de ne pas parler. Et alors, à ce moment-là, quand la Vibration vient, c’est bien ; il y a une sorte de communication, et si la personne est tant soit peu réceptive, alors ça vient comme une... c’est plus subtil qu’une musique : c’est une vibration qui contient sa loi d’harmonie.

Et puis, au bout d’un moment, généralement les gens s’impatientent et ils veulent quelque chose de plus «concret» (!) et ils m’obligent à parler. Ils insistent toujours. Et alors je sens (je suis dans une certaine atmosphère, une certaine vibration), je sens tout de suite quelque chose qui fait comme ça (geste de chute de niveau) et puis ça durcit. Même quand je bafouille (n’est-ce pas, à force d’essayer d’être plus subtile, je bafouille), même mes bafouillements (riant) deviennent secs en comparaison. Il y a toutes sortes de choses qui sont beaucoup plus pleines – pleines, étoffées, avec une richesse intérieure – , et dès que ça s’exprime, oh !...

Tiens, c’était hier (la nuit d’avant-hier à hier), vers trois heures du matin, j’étais dans un endroit où il y avait beaucoup de gens d’ici (tu étais là) et j’essayais de jouer de la musique, justement pour dire quelque chose. Et il y avait trois pianos qui étaient comme encastrés l’un dans l’autre ; alors je me mettais en biais pour attraper l’un des trois, et je jouais. Et justement...

Oh ! c’était une grande salle, il y avait des gens qui étaient assis très loin, mais toi, tu étais à ma gauche, avec une jeune femme symbolique (c’est-à-dire que je pourrais mettre la vibration que je recevais ou l’impression que je recevais de cette jeune femme et le rapport que j’avais avec elle, je pourrais le mettre sur quatre ou cinq personnes ici : c’était comme un amalgame – ça, c’est très intéressant, cela m’arrive très souvent), bon, alors je me mettais de biais et j’essayais; j’essayais d’expliquer quelque chose: comment ceci traduisait cela.

Finalement, j’ai senti que j’étais en train de faire une acrobatie inutile et... (il y avait un grand piano à queue ici, devant) je me suis assise en face de lui au lieu de me tenir à moitié debout, à moitié courbée. Je me suis assise. Mais alors, le plus amusant, c’est que toutes les notes (il y avait deux claviers), mais toutes les notes étaient comme ce papier marbré que nous faisons maintenant : tout bleu. Et toutes les marbrures possibles ! N’est-ce pas, les notes noires, les notes blanches, les notes du haut, les notes du bas (elles étaient toutes de la même largeur, assez larges, comme ça), et comme si elles étaient revêtues de ce... (mais ce n’était pas du papier), comme si elles étaient revêtues de ce bleu. Alors, en face de ce piano, je me suis dit : «Ah! voilà!... Ce n’est pas avec des yeux physiques qu’on peut jouer ça : il faut jouer ça de là-haut.»

Et pendant que je jouais, je me disais : «Mais voilà ce que j’ai essayé de faire toute ma vie avec la musique ! – c’est de jouer sur le clavier bleu.»

C’était très amusant, tu sais.

Et il est venu tout d’un coup un son ! pas physique, mais si complet ! si plein! que c’était comme... comme si quelque chose éclatait, comme un... je ne sais pas, beaucoup plus plein qu’un orchestre, quelque chose qui éclatait, et c’était tellement formidable!

J’ai tellement regretté. Parce que j’ai pensé (riant) : «Au moins, j’aurai entendu quelque chose de bien pour une fois!» Mais c’était... c’était un éclatement de son ! si extraordinaire et si puissant que... D’ailleurs il était l’heure de me réveiller. Il était quatre heures.

Mais c’était peut-être à cela que tu pensais. C’était peut-être que tu pensais à ça: c’est cela que tu veux exprimer dans ton livre. Parce que c’était un endroit (je t’ai dit que tous ces temps-ci j’allais dans le monde de l’expression), c’était un endroit de ce genre-là.

C’est très-très-très vaste, très ouvert ; cette fois-ci, il n’y avait pas de murs. Il n’y avait pas de plafond, pas de murs. Il n’y avait qu’une espèce de sol qui était très clair – très clair, lumineux, très vaste et... très vide – vide. Les gens étaient assis mais je ne voyais pas de chaises. Il n’y avait que les pianos qui étaient visibles, et ils étaient très curieux: l’un était comme ceci, l’un était comme cela, et l’un était comme cela; et celui qui était en face était un grand piano à queue (on ne voyait pas très bien le corps des pianos mais on voyait les claviers qui étaient comme imbriqués).

Et alors il y en avait un qui était un peu plus grand, qui était ici, et je jouais comme ça, en biais; et puis il y en avait un autre qui était tourné de l’autre côté, et puis ce grand piano (un grand piano à queue), mais il n’y avait pas de queue! il n’y avait que le clavier. Je me suis dit : «Mais tiens, pourquoi est-ce que je ne serais pas confortable !» Et je me suis assise. Alors tout est devenu bleu – des grandes notes bleues. J’ai dit : «Comment est-ce que je vais jouer?» J’ai essayé de jouer comme d’habitude, et puis j’ai dit: «Ça ne va pas. Ça ne va pas... Ah ! il faut jouer de là-haut ! Il faut jouer de là-haut !» Alors je pose mes mains, je me concentre, et puis brrff! oh ! c’était comme des... ce n’était pas violent, ça ne faisait pas beaucoup de bruit, mais oh! c’était formidable! trois, quatre – pas des notes: des sons, des harmonies, je ne sais pas.

Mais ce devait être cela. Ce devait être à ça que tu pensais, tu aimerais ça pour exprimer ton livre. [1]

Oui, j’aimerais bien...

Ça va venir. Ah! ça va venir. Voilà, je m’en vais maintenant, c’est l’heure. Voilà, petit, ça va venir.

[1] Étrangement, quelques années plus tôt, à l’époque où nous écrivions L’Orpailleur, une disciple proche de nous avait eu une vision où elle nous voyait assis en train de dactylographier, et de la machine à écrire sortait non pas des lignes mais de la musique.

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Agenda du 7 décembre 1966

Tu as quelque chose à me dire ?

Oui, c'est un problème qui m'a souvent tourmenté, que je me pose souvent Quand on écrit, est-ce que l'inspiration est simplement une chose globale comme une forme de lumière et on «tire» une certaine vibration générale, ou est-ce que tout existe déjà, et simplement ça vient – tout existe mot pour mot, exactement ?

Je ne pense pas. Je ne pense pas, parce qu'il n'y a pas de langage là-haut. Il n'y a pas de langage.

Oui, mais est-ce qu'il n'y a pas quelque chose qui corresponde exactement aux mots ?

«Exactement»... Tu sais comme il y a toujours un flottement. Je dis cela parce que, tous les jours, et très souvent plusieurs fois par jour, je reçois quelque chose en «direct» (geste d'en haut), eh bien, au moment où je le reçois, si je l'écris tout de suite, ça a une certaine forme, et puis si je reste très-très silencieuse, très tranquille, souvent il y a un mot ou une forme qui sont changés ; alors cela devient plus précis, plus exact, quelquefois plus harmonieux. Par conséquent, c'est quelque chose qui vient d'en haut et qui prend, dans le domaine mental, un vêtement.

Je n'entends pas de mots. Je reçois quelque chose et c'est direct et impératif toujours (et je sens bien que c'est là – geste en haut – quelque part par-là), mais par exemple, ça peut (presque simultanément, presque en même temps) s'exprimer en anglais et en français ; et je suis convaincue que si je savais d'autres langues, si j'étais familière avec d'autres langues, ça pourrait s'exprimer en plusieurs langues.

C'est la même chose que ce que l'on appelait dans le temps le «don des langues». Il y avait des prophètes qui parlaient, et chacun entendait dans la langue de son pays – lui, parlait une langue quelconque, mais chacun de ceux qui étaient là entendait dans la langue de son pays. J'ai eu cette expérience il y a très longtemps (je ne l'ai pas fait exprès, je n'en savais rien) : dans une réunion «Bahaï», j'ai parlé, et il y avait des gens de différents pays qui sont venus me féliciter parce que je savais leur langue (que je ne savais pas du tout !): ils avaient entendu dans leur langue.

N'est-ce pas, ce qui vient, c'est quelque chose qui suscite – qui suscite des mots ou qui se revêt de mots. Et alors, cela dépend : ça peut susciter différents mots. Et c'est dans un magasin universel, pas nécessairement individuel ; ce n'est pas nécessairement individuel puisque ça peut se revêtir de mots. Les langues sont des choses si étroites, et ça, c'est universel... Comment pourrait-on appeler cela ?... Ce n'est pas l'«âme», mais c'est l'esprit de la chose (mais c'est plus concret que cela) : c'est le POUVOIR de la chose ; et à cause de la qualité du pouvoir, c'est la meilleure qualité de mots qui est attirée. C'est l'inspiration qui suscite les mots; ce n'est pas l'inspiré qui les trouve ou qui les adapte, ce n'est pas du tout cela : c'est l'inspiration qui SUSCITE les mots.

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Agenda du 18 février 1967

C'est intéressant. Et au fond, nous voulons... nous savons qu'il faut une langue non pas artificiellement nouvelle mais quelque chose d'assez souple pour pouvoir s'adapter aux besoins d'une CONSCIENCE nouvelle; et cette langue sortira probablement comme cela, par élimination d'habitudes, d'un ensemble d'anciennes langues.

Ce qui est particulier dans les langues (en plus de quelques différences de mots), c'est l'ordre dans lequel on présente les idées : la construction des phrases. Les Japonais (surtout les Chinois) ont résolu le problème en mettant seulement le signe des idées. Maintenant, sous l'influence extérieure, ils ont ajouté des signes phonétiques pour construire une phrase; mais même maintenant, l'ordre de construction des idées est différent. Il est différent au Japon et il est différent en Chine. Et à moins qu'on ne SENTE ça, on ne peut jamais savoir vraiment bien une langue étrangère. Et alors, nous, nous parlons selon notre très vieille habitude (mais au fond, c'est plus commode pour nous simplement parce que cela vient automatiquement).

Mais par exemple, quand je «reçois», ce n'est même pas la pensée : c'est la conscience formulée de Sri Aurobindo ; puis il y a une sorte d'approximation progressive pour l'expression, et parfois ça vient très clair; mais très souvent, c'est un mélange spontané des formes françaises et des formes anglaises et j'ai l'impression que c'est autre chose qui essaye de s'exprimer. Quelquefois (je suis la notation), il me fait corriger quelque chose ; quelquefois, ça vient tout à fait bien; cela dépend... Oh ! cela dépend de la limpidité. Si on est très tranquille, ça vient très bien. Et alors là aussi, je vois que ce n'est pas vraiment français, ce n'est pas vraiment anglais.

Et ce ne sont pas tant les mots (les mots, ce n'est rien), c'est L'ORDRE dans lequel les choses se présentent. Et quand je vois cela objectivement après, je vois: c'est partiellement l'ordre dans lequel ça se présente en français, partiellement l'ordre dans lequel ça se présente en anglais, et ça fait un mélange qui n'est ni l'un ni l'autre et qui fait effort pour exprimer... ce que l'on pourrait appeler une «manière nouvelle de la conscience».

Ça me laisse penser que quelque chose s'élaborera comme cela, et que tout attachement trop strict, trop étroit aux vieilles règles, est une entrave à l'évolution de l'expression. Et le français, à ce point de vue, est beaucoup plus retardataire que l'anglais – l'anglais est beaucoup plus souple. Mais il semble que dans les pays comme la Chine et le Japon qui emploient des signes idéographiques, c'est infiniment plus souple que nos langues à nous.

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Agenda du 15 juillet 1967

Il y a tout un monde de choses que l'on sait simplement par habitude, automatiquement, qui ont été tout à fait effacées (parce que toutes les habitudes sont de plus en plus effacées), et alors c'est quelquefois embarrassant ! Et ça revient, toutes ces choses reviennent comme cela, comme sur un écran (mais l'écran de la conscience), et alors celles qui correspondent à une réalité, elles viennent en avant comme une image et la réalité est derrière, alors c'est très facile: on attrape la réalité et c'est fini. Mais il y en a beaucoup : il n'y a que l'image ! il n'y a rien derrière. Alors comment les remplacer?

C'est très intéressant au point de vue des langues... Ce sont des choses qui viennent, qui restent une heure, deux heures et qui s'en vont ; ce sont comme des leçons, des choses à apprendre ; et un jour comme cela, est venue la question des langues, les différentes langues.

Ces langues se sont formées petit à petit (probablement par l'usage, et puis, comme tu dis, un jour quelqu'un s'est avisé de fixer cela d'une façon logique et grammaticale), mais derrière ces langues, il y a des expériences identiques – identiques dans leur essence – et il y a des sons certainement qui correspondent à ces expériences ; et ces sons se retrouvent dans les langues, les différents sons avec de toutes petites déviations. Et un jour (pendant longtemps, pendant plus d'une heure), cela s'est déroulé avec toutes les preuves à l'appui et toutes les langues.

Malheureusement, je ne voyais pas clair, c'était la nuit, je ne pouvais pas noter, et alors c'est parti. Mais ça doit pouvoir revenir. C'était vraiment intéressant... (Mère cherche à se souvenir de l'expérience.)

Il y avait même des langues que je n'ai jamais entendues : beaucoup de langues européennes, j'ai entendu; dans l'Inde, plusieurs langues indiennes, mais principalement le sanskrit ; et puis le japonais; et il y avait des langues que je n'ai jamais entendues. Et tout cela était là.

Et il y avait des sons, certains sons qui viennent de tout en haut, des sons... (comment dire ?) des sons que Ton pourrait appeler essentiels, et je voyais comment ils prenaient forme et se déformaient dans les langues (Mère trace une ligne sinueuse qui descend et se ramifie en descendant). Des sons comme l'affirmative et la négation – ce qui pour nous est «oui» et «non» –, et puis l'expression de certaines relations... (Mère cherche à se rappeler). Mais ce qui était intéressant, c'est que c'était venu avec tous les mots, et des tas de mots que je ne connaissais pas ! et à ce moment-là je les connaissais (ça vient d'un subconscient quelque part), je connaissais tous ces mots.

Et en même temps, il y avait une sorte de capacité ou une possibilité, un état, dans lequel on pouvait comprendre tous les langages; n'est-ce pas, chaque langage se comprenait à cause de sa jonction avec cette région (geste en haut, à la source des sons). Il semblait n'y avoir aucune difficulté pour comprendre toutes les langues. Il y avait comme une explication presque graphique (même ligne sinueuse qui descend et se ramifie) montrant comment le son s'était déformé pour faire ceci, cela, cela...

C'est un champ d'observation qui fait partie de l'étude des vibrations : comment les vibrations essentielles, à mesure qu'elles se répandent, se déforment et produisent les différents états: au point de vue psychologique, au point de vue de la pensée, au point de vue de l'action, et alors au point de vue des langues, de l'expression.

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Il y aurait encore des dizaines d'autres passages de l'Agenda à partager sur les langues, leur origine, et de la nécessité d'une nouvelle langue. Et encore, je n'ai pas regardé dans les autres ouvrages ; manifestement, le sujet intéressait beaucoup Mère. Quelque chose est en sans doute en train de se préparer car Sraddhalu s'est lancé dans une série de vidéos sur le Sanskrit.

Nous y apprenons des choses stupéfiantes, à commencer par l'extraordinaire structure des lettres sanskrites. Par exemple, il cite un mantra qui dans un sens, est un mantra à Vishnou, et dans l'autre, un mantra à Shiva. 

Il nous apprend aussi que Sri Aurobindo a écrit 49 cahiers sur ces fameux sons primordiaux et, il est évident, qu'il n'a pas fait cet énorme travail pour rien !

Et puis, les personnes sensitives s'apercevront que les sons sanskrits ont un effet dans le cerveau, parfois assez fort.

Les nombreux liens dans les descriptifs des vidéos de Sraddhalu nous ouvrent un nouveau champ d'investigation  si considérable que désormais, nous n'avons plus le choix 😊 et devons trouver le moyen de prolonger notre vie à volonté, comme l'ont annoncé Sri Aurobindo-Mère.

Si nous voulons participer à cet aspect de la grande Aventure du Nouveau monde, le premier pas est de nous familiariser avec la prononciation des sons sanskrits, manifestement si importants. Voici deux petites vidéos très pédagogiques, en français, par une femme indienne. Un immense merci à elle. 💕 🙏 🌼

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